201405.03
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Séparation et bonne entente: doit-on obligatoirement passer devant le juge aux affaires familiales ?

Vous vous séparez d’avec votre compagne ou votre compagnon, vous n’êtes pas mariés, vous avez un ou des enfants et vous vous interrogez: dois-je passer par le juge pour « officialiser » cette séparation, pour que notre accord soit constaté ?

C’est une question que vous devez vous poser même lorsque tout se passe bien avec votre compagne, votre compagnon et votre ou vos enfants.

Heureusement toutes les séparations ne se passent pas mal et beaucoup de parents qui se sont unis librement, se désunissent intelligemment.

Toutefois, il est fréquent, qu’un des deux parents subis la séparation, et accepte de faire des sacrifices par peur du conflit, pour le bien être de l’enfant (enfin c’est ce que le parent qui se soumet à la volonté de l’autre croit)… et les mesures décidées d’un commun accord se mettent en place et changent au fil du temps selon les désirs de celui qui impose, qui décide… c’est alors que le conflit qui n’était pas présent, arrive lentement et inévitablement.

Le juge aux affaires familiales est alors saisi, la situation est tendue et une personne extérieure doit intervenir dans l’intérêt de ou des enfant(s).

Si le juge avait été saisi plus tôt peut-être que ce conflit n’aurait pas eu lieu.

C’est pour cette raison qu’il est conseillé de « passer » par le juge dans l’hypothèse d’une séparation et même si cette dernière s’effectue « en bonne entente » et « en bonne intelligence ».

Interrogez-vous lorsque vous vous séparez:

-Avez-vous pensé à tout vraiment à tout ? Par exemple vous avez décidé de mettre en place une résidence en alternance pour votre enfant, quand débute cette résidence en alternance, qui amènera l’enfant, où irez vous le chercher à la sortie de l’école, chez l’autre parent ? Vous ne souhaitez pas la mise en place d’une pension alimentaire mais avez-vous pensé à répartir les dépenses scolaires, extra-solaires, médicales ?

– Êtes-vous certain ou certaine que la « garde » alternée est adaptée à l’âge de votre enfant, à vos emplois respectifs , à la distance qui sépare vos deux domiciles ? Avez-vous « testé » cette garde alternée, n’est-elle pas trop éprouvante pour votre enfant ?

-Vous ne souhaitez pas que votre ancien compagnon vous verse une pension alimentaire alors que vous avez « la garde » (juridiquement on dit résidence habituelle) et que vos revenus sont moins importants que ceux de votre ancien compagnon… avez-vous bien réfléchi, votre enfant est petit et votre ancien compagnon prend en charge la nounou et quand l’enfant ira à l’école que ferez-vous, toujours des comptes d’apothicaire ?

Si après avoir répondu à ces quelques questions, vous avez des doutes, il apparaît que la bonne entente même si elle existe aujourd’hui pourra peut-être ne plus exister demain.

Pour éviter un passage devant le juge au moment d’un conflit, de tensions et de dégradations de vos relations…  Il est préférable à mon sens de saisir le juge après avoir bien fixé la résidence habituelle ou en alternance quitte à être trop précis, trop détaillé. Le juge entérinera votre accord et vous aurez un document officiel, un jugement qui s’il n’est pas respecté par l’une ou l’autre partie pourra être exécuté de « force ».

Si votre ancien compagnon ou votre ancienne compagne décidait un jour de ne plus vous remettre votre enfant, avec cette décision vous pourrez porter plainte à la gendarmerie pour non présentation d’enfant. Sans jugement, les deux parents sont les parents qui ont la « garde » de leur enfant et une telle plainte ne pourra pas être déposée !

Dernier conseil, quand vous vous séparez, venez consulter un avocat, il vous éclairera sur le mode de « garde », sur la pratique des juges en matière de pension alimentaire. Il descellera vos accords, vos désaccords et saisira le juge aux affaires familiales soit pour faire constater un accord, soit pour formuler vos demandes qui peuvent être différentes de celles du père ou de la mère, le juge tranchera alors.

Il faudra le plus souvent se faire assister chacun par son propre avocat, les avocats pourront se concerter,médiatiser et trouver une solution et laisser le juge trancher sur un point important qui reste en suspens.

Ils défendront au mieux vos intérêts en vous rappelant toujours que le juge tranchera en fonction de l’intérêt de votre ou vos enfant(s).

Vous vous poserez certainement la question de savoir si vous vous rendrez devant le juge aux affaires familiales avec ou sans avocat. Pour ma part et pas seulement car j’exerce le métier d’avocat, je vous conseille vivement de consulter un avocat après votre séparation et de vous faire assister par lui ou elle pour réussir cette séparation.

Tout prévoir, une sorte de contrat détaillé de rupture évitera le plus souvent les conflits ultérieurs !

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