Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, accompagne salariés et employeurs dans la négociation et la sécurisation des ruptures conventionnelles devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
Depuis 2003, elle aide les salariés à négocier leur départ dans les meilleures conditions et accompagne les employeurs pour sécuriser ces procédures.
Elle intervient pour les salariés et employeurs de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> Elle accepte l’aide juridictionnelle sous conditions de ressources et selon les dossiers.
La rupture conventionnelle séduit. Elle permet en effet au salarié et à l’employeur de se séparer d’un commun accord, sans passer par la case licenciement ni par la démission. Le salarié perçoit ainsi des indemnités et accède à l’allocation chômage. De son côté, l’employeur évite le risque prud’homal. Sur le papier, tout le monde y gagne.
Toutefois, dans la réalité, je rencontre régulièrement des salariés qui ont signé une rupture conventionnelle dans de mauvaises conditions : sous pression, sans connaître leurs droits, avec des indemnités bien en dessous de ce qu’ils auraient pu obtenir. Voici donc tout ce que vous devez savoir avant de signer.
Rupture conventionnelle à Bordeaux : tout ce que vous devez savoir
Qu’est-ce que la rupture conventionnelle ?
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Définition et avantages de la rupture conventionnelle |
La rupture conventionnelle constitue un mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée. Elle repose sur un accord entre le salarié et l’employeur, formalisé par un formulaire CERFA homologué par la DREETS.
Concrètement, elle présente trois avantages majeurs pour le salarié :
- Des indemnités — le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, au moins égale à l’indemnité légale de licenciement ;
- L’accès au chômage — contrairement à la démission, la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage versées par France Travail ;
- L’absence de contentieux — les deux parties mettent fin au contrat sans avoir à justifier d’une faute ou d’un motif économique.
Attention toutefois : ces avantages ne se matérialisent que si la procédure se déroule correctement et si vous négociez bien vos indemnités.
La procédure de rupture conventionnelle pas à pas
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Quelles sont les étapes obligatoires de la procédure ? |
1. Un ou plusieurs entretiens obligatoires
L’employeur et le salarié doivent d’abord tenir au moins un entretien pour négocier les conditions de la rupture. Vous pouvez par ailleurs vous faire assister lors de cet entretien par un représentant du personnel ou par un conseiller du salarié (liste disponible auprès de la DREETS ou de la mairie).
Mon conseil : ne signez rien lors du premier entretien. Prenez le temps de réfléchir, de calculer vos indemnités et, si nécessaire, de consulter un avocat.
2. La signature de la convention
Une fois les conditions négociées, les deux parties signent ensuite la convention de rupture sur le formulaire officiel. Ce document mentionne notamment la date de rupture envisagée et le montant de l’indemnité.
3. Le délai de rétractation de 15 jours calendaires
Après la signature, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter, sans avoir à justifier sa décision. Ce délai court à compter du lendemain de la signature. La rétractation s’effectue alors par lettre recommandée avec accusé de réception.
Ce délai constitue votre filet de sécurité. Si vous avez signé sous pression ou sans avoir bien mesuré les enjeux, vous pouvez ainsi encore reculer.
4. La demande d’homologation
À l’issue du délai de rétractation, l’une ou l’autre des parties transmet enfin la convention à la DREETS pour homologation. La DREETS dispose de 15 jours ouvrables pour instruire la demande. Sans réponse dans ce délai, l’homologation est réputée accordée. En revanche, la DREETS peut refuser l’homologation si la procédure n’a pas été respectée ou si le montant de l’indemnité est inférieur au minimum légal.
Quel montant pouvez-vous négocier ?
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Comment calculer et négocier votre indemnité de rupture conventionnelle ? |
La loi fixe un plancher, pas un plafond. C’est en effet un point essentiel que beaucoup de salariés ignorent.
L’indemnité minimale légale
L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle doit être au moins égale à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. Le calcul repose ainsi sur le salaire de référence (le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois ou des 3 derniers mois de salaire brut) et l’ancienneté :
- Moins de 10 ans d’ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté ;
- À partir de 10 ans d’ancienneté : 1/3 de mois de salaire par année au-delà de 10 ans.
Exemple concret : un salarié avec 8 ans d’ancienneté et un salaire mensuel brut de 2 500 € perçoit au minimum : 8 × (2 500 × 1/4) = 5 000 € bruts.
Au-delà du minimum : tout se négocie
L’employeur peut accepter de verser une indemnité supérieure au minimum légal. C’est précisément là que la négociation prend tout son sens. Plusieurs éléments peuvent en effet justifier une indemnité plus élevée :
- Une ancienneté importante ;
- Des heures supplémentaires jamais payées ;
- Des primes ou avantages non versés ;
- Une situation de harcèlement ou de pression au départ ;
- La valeur de votre poste sur le marché et la difficulté à retrouver un emploi équivalent.
Pièges n°1 à 3 : consentement, calcul et non-concurrence
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Quelles sont les trois premières erreurs à ne jamais commettre ? |
Piège n°1 : signer sous pression
La rupture conventionnelle repose sur le consentement libre et éclairé des deux parties. Si votre employeur vous pousse à signer en urgence ou vous fait miroiter des menaces, votre consentement peut être vicié. Par ailleurs, si vous traversez une période difficile (arrêt maladie, harcèlement, conflit ouvert), ce risque s’aggrave. En effet, un consentement vicié par dol, violence ou erreur permet d’obtenir l’annulation de la convention devant le Conseil de Prud’hommes. De plus, si la rupture intervient dans un contexte de harcèlement moral, elle peut produire les effets d’un licenciement nul.
Piège n°2 : négliger le calcul du salaire de référence
Votre indemnité se calcule sur votre salaire de référence. Assurez-vous donc que l’employeur intègre dans ce calcul tous vos éléments de rémunération : salaire fixe, primes régulières, avantages en nature, heures supplémentaires structurelles. Une erreur dans ce calcul peut en effet vous faire perdre plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros.
Piège n°3 : oublier la clause de non-concurrence
Si votre contrat contient une clause de non-concurrence, la rupture conventionnelle ne l’efface pas automatiquement. L’employeur doit par conséquent la lever explicitement si vous souhaitez vous en affranchir. Négociez ce point pendant les entretiens — pas après la signature.
Pièges n°4 et 5 : date de rupture et transaction
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Date de rupture et transaction : deux pièges souvent sous-estimés |
Piège n°4 : mal fixer la date de rupture
La date de fin du contrat détermine plusieurs choses essentielles : votre solde de tout compte, vos droits à congés payés, et le déclenchement de vos droits à l’assurance chômage. Ainsi, une date mal choisie peut retarder vos allocations ou vous faire perdre des jours de congés acquis.
Piège n°5 : confondre rupture conventionnelle et transaction
Une transaction est un accord global par lequel vous renoncez définitivement à tout recours contre votre employeur en échange d’une indemnité forfaitaire. Signer une transaction sans avocat vous fait donc perdre des droits considérables. Ces deux actes juridiques produisent des effets très différents — ne les confondez pas.
Rupture conventionnelle et chômage
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La rupture conventionnelle ouvre-t-elle bien droit aux allocations chômage ? |
Oui. La rupture conventionnelle ouvre bien droit aux allocations chômage versées par France Travail. Toutefois, France Travail impose un différé d’indemnisation lorsque l’indemnité perçue dépasse le minimum légal. Ce différé se calcule en divisant la part « supra-légale » de l’indemnité par le salaire journalier de référence.
Autrement dit : plus vous négociez une indemnité élevée, plus le délai avant de percevoir vos allocations s’allonge, jusqu’à un maximum de 150 jours.
Ce mécanisme n’est donc pas une raison pour éviter de négocier une bonne indemnité. En revanche, il faut l’anticiper pour ne pas vous retrouver sans ressources pendant plusieurs mois.
Actualité mars 2026 : la rupture conventionnelle pourrait devenir moins attractive
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Qu’est-ce qui va changer avec la réforme de l’assurance chômage en 2026 ? |
Le 25 février 2026, les partenaires sociaux ont conclu un accord sur l’assurance chômage. Trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) l’ont signé avec deux syndicats (CFDT et CFTC). En revanche, la CGT et la CFE-CGC ont refusé de signer. Par ailleurs, l’accord n’est pas encore définitif : les organisations signataires doivent le valider en interne, puis le Parlement devra l’adopter.
Ce qui changerait concrètement
Si l’accord entre en vigueur, les règles d’indemnisation après rupture conventionnelle deviendront donc moins favorables :
- Moins de 55 ans : la durée maximale d’indemnisation passe de 18 mois à 15 mois, soit trois mois de droits en moins ;
- 55 ans et plus : la durée se fixe à 20,5 mois, contre 22,5 à 27 mois actuellement selon l’âge.
En revanche, un salarié licencié conserve les durées d’indemnisation classiques, sans ce plafond spécifique.
Pourquoi cette réforme ?
Les ruptures conventionnelles représentaient en 2024 près de 9,4 milliards d’euros de dépenses, soit 26 % du total de l’assurance chômage. Ainsi, le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de dégager 400 millions d’euros d’économies par an, sous peine de reprendre lui-même la main sur l’assurance chômage.
Si votre employeur vous propose une rupture conventionnelle dans les prochaines semaines, le timing devient donc stratégique. Les ruptures homologuées avant l’entrée en vigueur de la réforme restent soumises aux anciennes règles. Mon conseil : ne prenez aucune décision sans avoir fait le calcul complet — indemnités, différé, durée des droits et impact de la réforme sur votre situation personnelle.
Employeurs : pourquoi bien cadrer votre rupture conventionnelle ?
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Quels risques l’employeur encourt-il avec une rupture conventionnelle mal préparée ? |
Une rupture conventionnelle mal préparée expose en effet l’entreprise à plusieurs risques : refus d’homologation par la DREETS, annulation par le Conseil de Prud’hommes, requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Un accompagnement juridique en amont permet donc d’éviter ces écueils et de sécuriser définitivement la séparation.
Vous envisagez une rupture conventionnelle à Bordeaux ou en Gironde ?
Salarié ou employeur , contactez un avocat si vous souhaitez être accompagné et conseillé dans les négociations de rupture conventionnelle.
Me Michèle BAUER intervient à chaque étape : évaluation de votre situation, calcul précis de vos droits, négociation, assistance aux entretiens et, si nécessaire, contestation devant le Conseil de prud’hommes. Elle intervient à Bordeaux et devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous uniquement le samedi
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Urgence 120 € · Visioconférence et téléphone disponibles
Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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