Me Michèle BAUER est avocate au Barreau de Bordeaux depuis 2003. Elle assiste les victimes de cyberharcèlement et de harcèlement en ligne, du dépôt de plainte jusqu’à l’audience d’indemnisation devant le Tribunal correctionnel de Bordeaux.
📍 33 cours Pasteur, Bordeaux — 📞 06 50 30 34 69 — Consultation : à partir de 40 € TTC
Elle intervient pour les particuliers de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon. L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources.
Insultes répétées sur les réseaux sociaux, usurpation d’identité en ligne, publications humiliantes, montages à caractère sexuel : le cyberharcèlement est une infraction pénale à part entière. Pourtant, beaucoup de victimes ignorent qu’elles disposent de recours concrets. En réalité, le droit pénal vous donne les moyens d’agir, et plusieurs procédures permettent d’obtenir rapidement la suppression des contenus illicites.
Pour aller plus loin, consultez également la fiche officielle Service-Public sur le cyberharcèlement, régulièrement mise à jour.
Cyberharcèlement à Bordeaux : infractions, démarches et défense pénale
Qu’est-ce que le cyberharcèlement au sens de la loi pénale ?
| 1 | Définition légale et conditions de l’infraction |
Le cyberharcèlement se pratique sur internet : réseau social, forum, jeu vidéo multijoueurs, messagerie privée, blog. Juridiquement, l’infraction de harcèlement moral en ligne (art. 222-33-2-2 du Code pénal) exige d’abord une répétition des faits. Un message unique, aussi grave soit-il, ne suffit pas à caractériser cette infraction spécifique, même si d’autres qualifications peuvent alors s’appliquer.
Ensuite, les agissements répétés doivent avoir produit l’un de ces trois effets : entraîner une dégradation des conditions de vie de la victime, porter atteinte à sa dignité, ou créer une situation intimidante, hostile ou offensante. Dès lors que l’une de ces conditions est réunie, l’infraction est constituée.
Par ailleurs, le cyberharcèlement peut émaner d’une seule personne agissant de façon répétée, mais aussi d’un groupe de personnes, ce que la loi appelle le harcèlement en meute. Dans ce cas, chaque participant engage sa responsabilité pénale, même si ses actes pris isolément ne constituent pas une répétition. C’est pourquoi les raids numériques coordonnés sur les réseaux sociaux tombent pleinement sous le coup de la loi.
Quelles infractions pénales s’appliquent au cyberharcèlement ?
| 2 | Les qualifications pénales selon la nature des faits |
- Harcèlement moral en ligne (art. 222-33-2-2 C. pén.) : propos ou comportements répétés dégradant les conditions de vie. La peine s’élève à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, portée à 3 ans et 45 000 € lorsque la victime est mineure.
- Revenge porn (art. 226-2-1 C. pén.) : diffusion sans consentement d’images à caractère sexuel, y compris des montages. La loi prévoit 2 ans et 60 000 €, portés à 3 ans et 75 000 € si l’auteur est un ex-conjoint ou ex-partenaire.
- Usurpation d’identité numérique (art. 226-4-1 C. pén.) : utilisation de l’identité d’un tiers en ligne pour troubler sa tranquillité ou nuire à son honneur. Cette infraction expose son auteur à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
- Injure et diffamation publiques : propos insultants ou allégations fausses publiés en ligne, relevant de la loi du 29 juillet 1881. Attention : le délai de prescription est de seulement 3 mois — il faut agir vite.
- Bannissement d’un service en ligne : depuis la loi du 21 mai 2024, le tribunal peut prononcer, à titre de peine complémentaire, l’interdiction pour l’auteur d’utiliser les plateformes sur lesquelles il a commis les faits.
Comment collecter les preuves avant d’agir ?
| 3 | Sécuriser les preuves : la priorité absolue |
Avant toute démarche, constituez un dossier de preuves solide. Réalisez ainsi des captures d’écran datées de chaque message, publication ou commentaire harcelant. Conservez également les copies de mails, enregistrements audio ou vidéo, et recueillez si possible des attestations de témoins. Pensez à noter précisément les noms de compte, les URL des publications et les dates , ces informations seront déterminantes pour l’enquête.
Pour renforcer davantage la valeur probante de ces éléments, un commissaire de justice (anciennement huissier) peut dresser un constat officiel des contenus en ligne. Ce constat payant constitue une preuve particulièrement solide devant le tribunal.
Comment signaler les contenus et obtenir leur suppression ?
| 4 | Trois voies pour faire retirer les contenus illicites |
1. Signaler via PHAROS. La plateforme officielle PHAROS (Plateforme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements) permet à toute personne, victime ou simple témoin, majeure ou mineure — de signaler un contenu illégal en ligne. Lorsque les équipes de PHAROS estiment le contenu illicite, elles transmettent le signalement aux services d’enquête compétents, qui peuvent à leur tour contacter les hébergeurs pour exiger la suppression.
2. Signaler directement à l’hébergeur. Tous les réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Facebook, X, Snapchat…) disposent de systèmes de signalement intégrés. Pour les sites indépendants, les coordonnées de l’hébergeur figurent généralement dans les mentions légales. Dans tous les cas, le signalement doit préciser votre identité, la période des faits, une description précise des contenus illicites, les éléments permettant d’identifier l’auteur et les motifs du retrait.
3. Demander le déréférencement à la CNIL. Même si la publication reste en ligne, son déréférencement empêche qu’elle apparaisse dans les résultats d’une recherche à partir de vos noms et prénoms. Pour cela, remplissez un formulaire en ligne auprès du moteur de recherche concerné. Si celui-ci ne répond pas dans le délai d’un mois, ou si sa réponse est insatisfaisante, vous pouvez alors saisir la CNIL par courrier ou en ligne.
Comment porter plainte et constituer un dossier solide ?
| 5 | Du dépôt de plainte à la constitution de partie civile |
La plainte peut être déposée au commissariat, à la gendarmerie ou adressée directement au procureur de la République par courrier recommandé. À Bordeaux, le commissariat central est compétent. Par ailleurs, pour les harcèlements en ligne, la plateforme de signalement en ligne dédiée au cyberharcèlement permet de saisir les services compétents directement depuis chez vous, sans déplacement.
Pour obtenir une réparation financière du préjudice, moral, psychologique, professionnel, atteinte à la réputation, la constitution de partie civile est indispensable. Elle vous permet de participer activement à la procédure pénale et de demander des dommages-intérêts devant le tribunal correctionnel. L’avocat vous assiste pour rédiger cette constitution, chiffrer précisément vos préjudices et suivre la procédure jusqu’au jugement.
L’intelligence artificielle, nouveau vecteur du cyberharcèlement
| 6 | Deepfakes, faux profils IA et harcèlement augmenté |
Les outils d’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles formes de harcèlement particulièrement graves. Ainsi, les deepfakes, vidéos ou images trafiquées intégrant le visage de la victime dans des contenus sexuels, constituent une forme aggravée de revenge porn, punissable même si les images sont entièrement artificielles. De même, les faux profils automatisés ou les raids coordonnés assistés par IA engagent la responsabilité pénale de leurs initiateurs au titre du harcèlement en meute.
Questions fréquentes sur le cyberharcèlement
Infraction
| ? | Un seul message peut-il constituer du cyberharcèlement ? Non : la qualification de harcèlement moral en ligne exige une répétition des faits. En revanche, un message unique peut relever d’autres infractions selon son contenu — injure publique, menace, usurpation d’identité ou revenge porn. C’est pourquoi l’analyse précise des faits par un avocat est indispensable avant toute démarche. |
| ? | Un deepfake à caractère sexuel est-il punissable ? Oui, pleinement. La diffusion d’une image trafiquée à caractère sexuel sans le consentement de la personne représentée tombe sous le coup de l’article 226-2-1 du Code pénal. Concrètement, la réalité ou la fausseté de l’image ne change rien : c’est l’absence de consentement qui fonde l’infraction. |
Sur les délais et les recours
| ? | Quel est le délai de prescription pour agir ? Tout dépend de la qualification retenue. Pour le harcèlement moral en ligne, vous disposez de 6 ans à compter du dernier acte. En revanche, pour l’injure et la diffamation publiques (loi de 1881), le délai tombe à seulement 3 mois, il faut donc agir sans attendre. Un avocat vous aide à identifier la bonne qualification et à ne pas laisser passer les délais. |
| ? | Peut-on identifier un harceleur anonyme en ligne ? Oui, dans de nombreux cas. Les plateformes conservent en effet les adresses IP de leurs utilisateurs. Dans le cadre d’une procédure pénale, le parquet peut requérir la communication de ces données auprès des hébergeurs et des opérateurs téléphoniques. En pratique, l’anonymat en ligne résiste rarement à une enquête judiciaire sérieuse. |
Sur l’aide aux victimes
| ? | Existe-t-il un numéro d’écoute pour les victimes de cyberharcèlement ? Oui. Le 3018 est le numéro national dédié aux victimes de harcèlement et de violences numériques. Accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h, il fonctionne gratuitement et de façon anonyme. Par ailleurs, une application est disponible sur App Store et Google Play. Ce service ne remplace pas le dépôt de plainte, mais il constitue un premier soutien précieux, notamment pour les mineurs. |
Vous êtes victime de cyberharcèlement à Bordeaux ou prévenu de ces faits devant le Tribunal correctionnel?
Sécurisez vos preuves et consultez Me Michèle BAUER sans attendre. Elle vous accompagne du signalement et du dépôt de plainte jusqu’à l’indemnisation devant le Tribunal correctionnel de Bordeaux.
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