“Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.” Bertolt Brecht
18 mai 2022
Prouver ses heures supplémentaires devant le Conseil de Prud’hommes.
Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, accompagne régulièrement des salariés dans leurs demandes de rappel d’heures supplémentaires devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023), son cabinet traite les dossiers d’heures supplémentaires non payées, de forfait jours nul et de requalification de cadres dirigeants.
Elle intervient pour les salariés de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.
Certains salariés travaillent plus que de raison, ne comptent pas leurs heures et effectuent régulièrement des heures supplémentaires sans les voir réglées par leur employeur. Parfois, ils rattrapent quelques heures en partant plus tôt le lendemain. Mais souvent, ils laissent passer, jusqu’à ce que la relation avec l’employeur se dégrade et qu’ils décident enfin de réclamer ce qui leur est dû.
Si un règlement amiable n’aboutit pas, il faudra saisir le Conseil de prud’hommes. Le juge ne vous croira pas sur parole. Toutefois, la preuve des heures supplémentaires est moins difficile à apporter que beaucoup de salariés ne le croient. Voici tout ce que vous devez savoir.
Prouver ses heures supplémentaires devant le Conseil de prud’hommes
Quelles sont les règles de preuve en matière d’heures supplémentaires ?
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Un régime de preuve partagée — favorable au salarié
L’article L. 3171-4 du Code du travail organise le régime de la preuve des heures supplémentaires. La preuve ne pèse pas spécialement sur l’une ou l’autre des parties.
Concrètement, le salarié doit d’abord présenter des éléments suffisamment précis sur les heures non rémunérées qu’il prétend avoir accomplies. Ensuite, l’employeur doit répondre en produisant ses propres éléments — relevés de badgeuse fiables, contrôle des horaires, etc. (Cass. soc., 8 sept. 2021, n° 18-10.919).
La Cour de cassation le confirme : la précision des éléments fournis par le salarié n’est pas de même nature ni de même intensité que celle qui pèse sur l’employeur. Autrement dit, la preuve des heures supplémentaires ne peut pas reposer sur le seul salarié (Cass. soc., 27 janv. 2021, n° 17-31.046).
Quelles preuves peut apporter le salarié ?
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Les preuves admises par la jurisprudence
La Cour de cassation a construit, au fil du temps, une jurisprudence de plus en plus favorable au salarié. Elle admet aujourd’hui des preuves très variées, y compris les preuves numériques. Voici les éléments que vous pouvez produire :
Des calendriers indiquant pour chaque jour le nombre global d’heures, accompagnés d’un tableau de décompte du total d’heures travaillées — même sans préciser les horaires de début et de fin (Cass. soc., 17 nov. 2021, n° 19-23.442) ;
Un relevé d’heures hebdomadaires accompagné des agendas correspondants, avec mentions manuscrites des amplitudes horaires (Cass. soc., 2 mars 2022, n° 18-17.844) ;
Des tableaux informatisés récapitulant les heures réclamées, établis par le salarié dans le cadre de l’instance (Cass. soc., 4 déc. 2013, n° 12-22.344) ;
La liste est longue et c’est voulu. Plus vous accumulez d’éléments concordants, plus le juge sera convaincu. Un seul type de preuve peut suffire si l’employeur ne répond pas.
Peut-on réclamer toutes les heures supplémentaires depuis son embauche ?
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Le délai de prescription : 3 ans en arrière
Non. Un délai de prescription s’applique aux rappels de salaires. Il est de 3 ans à compter du jour où vous agissez.
Par exemple, si vous saisissez le Conseil de prud’hommes le 10 mai 2025, vous pouvez réclamer les heures supplémentaires effectuées entre le 10 mai 2022 et le 10 mai 2025 , pas avant.
Ce délai court même si vous êtes encore en poste. Attendre aggrave donc la situation : plus vous tardez, plus les heures les plus anciennes deviennent définitivement perdues.
Comment calculer le montant de ses heures supplémentaires ?
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Outils de calcul et recours à un expert-comptable
Plusieurs solutions existent pour calculer le montant des heures supplémentaires dues :
Des logiciels gratuits en ligne permettent d’effectuer un calcul rapide pour des situations simples ;
Des modèles de tableaux Excel existent pour établir un décompte semaine par semaine ;
Un expert-comptable ou un comptable peut effectuer les calculs de façon fiable et détaillée — c’est ce que je conseille généralement à mes clients qui ont effectué de nombreuses heures sur plusieurs années.
Bon à savoir : vous pouvez solliciter devant le Conseil de prud’hommes le remboursement des frais engagés auprès de l’expert-comptable pour effectuer ces calculs. Ces frais entrent dans la demande au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
Conseil final : rassemblez vos preuves avant qu’il ne soit trop tard
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Agir avant la mise à pied conservatoire
Dès que la relation de travail se dégrade, il faut agir rapidement. En effet, si votre employeur prononce une mise à pied conservatoire, vous perdez immédiatement l’accès à votre lieu de travail — et donc à vos preuves.
Avant que cela n’arrive, pensez donc à rassembler tous les documents utiles :
Captures d’écran de vos emails avec date et heure ;
Photocopies ou enregistrement sur clef USB de tous les documents susceptibles de prouver vos horaires réels ;
Agendas, plannings, relevés de badgeuse, bordereaux de livraison, etc.
Ne remettez pas à demain ce que vous pouvez sauvegarder aujourd’hui. Une fois la mise à pied prononcée, il sera trop tard pour récupérer ces éléments.
FAQ — Heures supplémentaires aux prud’hommes
?
Dois-je prouver exactement toutes mes heures pour que le juge me donne raison ?
Non. La Cour de cassation précise que le salarié n’a pas à prouver ses heures avec la même précision que celle qui pèse sur l’employeur. Il suffit de présenter des éléments suffisamment précis pour permettre à l’employeur d’y répondre. Si l’employeur ne produit aucun élément en retour, le juge peut retenir la demande du salarié.
?
Un tableau que j’ai moi-même établi peut-il être accepté comme preuve ?
Oui. La Cour de cassation l’admet expressément : un tableau informatisé récapitulant les heures, établi par le salarié lui-même dans le cadre de l’instance prud’homale, constitue un élément de preuve recevable. L’important est que ce tableau soit précis, cohérent et que l’employeur soit en mesure d’y répondre.
?
Mon employeur peut-il prouver que je n’ai pas fait d’heures supplémentaires ?
Oui — et c’est son rôle dans la procédure. Si le salarié produit des éléments précis, l’employeur doit répondre avec ses propres pièces : relevés de badgeuse, planning, contrats de mission, etc. Toutefois, si les preuves de l’employeur sont incohérentes ou inexistantes, le juge privilégie les éléments du salarié.
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Puis-je réclamer des heures supplémentaires si je suis encore en poste ?
Oui. Le délai de prescription de 3 ans court même si vous êtes toujours salarié dans l’entreprise. En revanche, agir pendant la relation de travail demande une stratégie adaptée. Une consultation préalable avec un avocat permet d’évaluer les risques et de définir la meilleure approche.
Vous avez effectué des heures supplémentaires non payées à Bordeaux ou en Gironde ?
Heures supplémentaires non réglées, employeur qui ne répond pas, délai de 3 ans qui court : consultez Me Michèle BAUER.
Me Michèle BAUER analyse votre dossier, identifie les preuves disponibles, calcule le montant réclamable et vous représente devant le Conseil de prud’hommes. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux — à proximité immédiate du Conseil de prud’hommes
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous uniquement le samedi
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
Je confirme le petit conseil final car c’est la première chose que mon « employeur » a faite : couper mes accès à tous les mails, dossiers et outils de l’entreprise.
Merci pour cet article qui est très bien. Il pourrait être complété par un paragraphe sur le solde de tout compte suite à un licenciement, et notamment de sa signature ou non par le salarié, et des conséquences sur le délai de départ des « 3 ans ».
Avocat Bordeaux- Avocat Gujan-Mestras-Avocat Arcachon- Spécialisée en droit du travail- Avocat Bordeaux en droit de la famille- Avocat Bordeaux divorce -Avocat Bordeaux droit pénal- Avocat Bordeaux Tribunal correctionnel- Avocat Bordeaux Cour d’Assises.
Je vous assiste et vous défend devant les Conseils de Prud’hommes de Bordeaux et Libourne, les juges aux affaires familiales de Bordeaux, Arcachon et Libourne, le Tribunal Correctionnel de Bordeaux, la Cour d’Assises de la Gironde. Je vous reçois à Bordeaux et à mon Cabinet secondaire sur le Bassin d’Aracachon, à Gujan-Mestras.
Consultation rapide de 20 minutes à mon cabinet, au téléphone ou en visio:
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Doom
29 novembre 2024 — 14:38
Je confirme le petit conseil final car c’est la première chose que mon « employeur » a faite : couper mes accès à tous les mails, dossiers et outils de l’entreprise.
Merci pour cet article qui est très bien. Il pourrait être complété par un paragraphe sur le solde de tout compte suite à un licenciement, et notamment de sa signature ou non par le salarié, et des conséquences sur le délai de départ des « 3 ans ».