La conciliation aux prud’hommes soulève une question que beaucoup ignorent : l’avocat doit-il produire un mandat pour représenter son client lors de cette audience ? La réponse est non et la Cour de cassation l’a dit clairement dès 2014. Depuis les ordonnances Macron de 2017, la procédure prud’homale a en outre profondément évolué. Voici tout ce que vous devez savoir en 2026.
Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux depuis 2003, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, plaide régulièrement devant le Conseil de prud’hommes de Bordeaux ainsi que devant ceux de Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023).
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Mis à jour le 2 mai 2026
Conciliation aux prud’hommes : l’avocat n’a pas besoin de mandat
Le mandat aux prud’hommes : rappel de la pratique avant 2014
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Ce que demandaient les conseillers prud’homaux avant 2014 |
Avant que la Cour de cassation ne tranche la question en 2014, une pratique contestable s’était installée dans de nombreux Conseils de prud’hommes, dont celui de Bordeaux. Lors de l’audience de conciliation aux prud’hommes, le conseiller demandait à l’avocat représentant le défendeur absent — le plus souvent l’employeur — de produire un mandat spécial l’autorisant à concilier.
Le texte en cause : l’article R.1454-13 du Code du travail
L’article R.1454-13 alinéa 2 du Code du travail imposait au mandataire représentant le défendeur de produire un mandat spécial l’autorisant à concilier en l’absence de son client. En pratique, les avocats demandaient alors à leur client de signer un document appelé « pouvoir » avant chaque audience. Or, cette exigence générait des complications inutiles et soulevait une vraie question : cette obligation s’appliquait-elle aussi aux avocats ?
La réponse de la Cour de cassation est venue mettre fin à cette pratique discutable, en rappelant le statut particulier de l’avocat dans la procédure civile et prud’homale.
Conciliation prud’hommes et mandat : l’avis Cour de cassation 2014
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Cass. avis, 8 sept. 2014, n° 15009 — la dispense générale de l’avocat |
Le 8 septembre 2014, la Cour de cassation rend un avis n° 15009 sur l’application de l’article R.1454-13 alinéa 2 du Code du travail. Sa position est claire : l’avocat n’a pas besoin de mandat lors de la conciliation aux prud’hommes.
La dispense de l’avocat : articles 416 et 417 du Code de procédure civile
La Cour de cassation juge que l’obligation de produire un mandat spécial ne s’applique pas à l’avocat. En effet, l’avocat tient des articles 416 et 417 du Code de procédure civile une dispense générale de justifier, à l’égard du juge et de la partie adverse, qu’il a reçu un mandat. Cette dispense inclut le pouvoir d’accepter ou de formuler des offres lors d’une conciliation.
Ce que cela change pour l’avocat aux prud’hommes
Concrètement, l’avocat qui représente un employeur ou un salarié en conciliation aux prud’hommes n’a donc pas à produire de document écrit. Sa qualité d’avocat lui donne de plein droit le pouvoir de représenter son client — y compris pour concilier, accepter ou formuler des offres. Par ailleurs, cet avis s’impose à toutes les juridictions prud’homales françaises, dont le Conseil de prud’hommes de Bordeaux.
Ce que dit la Cour de cassation en substance : l’avocat est par nature mandataire de son client. Exiger de lui un mandat spécial supplémentaire revient à ignorer les règles fondamentales de la représentation en justice, codifiées aux articles 416 et 417 du Code de procédure civile.
La conciliation aux prud’hommes en 2026 — les réformes à connaître
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Les ordonnances Macron de 2017 et les réformes ultérieures |
Les ordonnances du 22 septembre 2017 ont profondément réformé la procédure prud’homale. En conséquence, plusieurs changements majeurs s’appliquent aujourd’hui devant le Conseil de prud’hommes de Bordeaux.
La requête motivée obligatoire depuis 2016
Depuis le 1er août 2016, la saisine du Conseil de prud’hommes exige une requête motivée déposée au greffe. La simple déclaration orale ne suffit plus. Ainsi, cette requête doit mentionner les parties, l’objet des demandes, les faits et les bases légales. Toutes les demandes doivent y figurer dès le départ — les oublis sont très difficiles à corriger ensuite. Télécharger mon modèle de requête prud’homale →
Le bureau de conciliation et d’orientation (BCO)
Les ordonnances de 2017 ont renforcé le rôle du bureau de conciliation, désormais appelé bureau de conciliation et d’orientation (BCO). En cas d’échec de la conciliation, il oriente l’affaire directement vers le bureau de jugement — en formation restreinte, normale ou de départage. Cette orientation évite souvent une audience de plus et accélère donc la procédure.
Le timbre fiscal de 50 € depuis mars 2026
Depuis le 1er mars 2026, tout demandeur doit joindre un timbre fiscal de 50 € à sa requête (loi n°2026-103). Ce timbre s’achète sur timbres.impots.gouv.fr avant le dépôt. En revanche, les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont dispensés. Sans ce timbre, le greffe demande une correction dans le mois — et sans réponse, la requête devient irrecevable. Tout sur le timbre fiscal de 50 € →
Le barème Macron — plus aucune résistance depuis 2022
L’autre grande réforme des ordonnances de 2017 concerne le barème d’indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse (art. L.1235-3 du Code du travail). Après des années de résistance, la Cour de cassation a définitivement validé ce barème dans ses arrêts du 11 mai 2022. Désormais, aucune juridiction française ne peut l’écarter. Synthèse complète sur le barème Macron →
Ces réformes renforcent l’intérêt de consulter un avocat spécialiste en droit du travail
avant de saisir le Conseil de prud’hommes — et non après. Une requête mal préparée ou une demande oubliée peut coûter plusieurs mois de salaire.
Compétence et procédure devant le CPH de Bordeaux →
FAQ — Conciliation et procédure aux prud’hommes à Bordeaux
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L’avocat doit-il produire un mandat à l’audience de conciliation ? |
Non. Depuis l’avis de la Cour de cassation du 8 septembre 2014 (n° 15009), l’avocat bénéficie d’une dispense générale de produire un mandat spécial. Sa qualité d’avocat lui confère de plein droit le pouvoir de représenter son client et de concilier en son nom, en application des articles 416 et 417 du Code de procédure civile.
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Que se passe-t-il si la conciliation échoue aux prud’hommes ? |
En cas d’échec de la conciliation, le bureau de conciliation et d’orientation (BCO) oriente l’affaire vers le bureau de jugement. Selon la complexité du dossier, l’affaire passe en formation restreinte (2 conseillers), en formation normale (4 conseillers) ou en formation de départage (présidée par un magistrat professionnel). En pratique, le délai entre la saisine et le jugement au fond est de 18 à 24 mois à Bordeaux.
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Faut-il être présent à l’audience de conciliation ? |
Non, votre présence n’est pas obligatoire à l’audience de conciliation si vous avez un avocat. Celui-ci vous représente de plein droit sans avoir besoin de justifier d’un mandat spécial. Toutefois, votre présence peut être utile si une transaction est envisageable — vous restez le seul à décider d’accepter ou non une offre de l’employeur.
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Quel est le délai pour saisir le CPH de Bordeaux ? |
12 mois à compter de la notification du licenciement pour contester celui-ci (art. L.1471-1 du Code du travail). 3 ans pour les rappels de salaire — heures supplémentaires, primes, minima conventionnels. 5 ans pour un harcèlement moral ou une discrimination. Ces délais sont stricts — au-delà, les droits sont perdus définitivement. Calculez vos indemnités avec mon simulateur barème Macron →
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Le timbre fiscal de 50 € est-il obligatoire pour saisir les prud’hommes ? |
Oui, depuis le 1er mars 2026. Tout demandeur doit joindre un timbre fiscal dématérialisé de 50 € à sa requête. Il s’achète sur timbres.impots.gouv.fr. Les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont exonérés. Sans ce timbre, le greffe demande une régularisation sous un mois , sans réponse, la requête est irrecevable.
Vous avez un litige prud’homal à Bordeaux ou en Gironde ?
Licenciement, harcèlement, heures supplémentaires, rupture conventionnelle : Me Michèle BAUER prépare votre requête et vous représente aux prud’hommes de Bordeaux.
Elle intervient devant les CPH de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris et devant la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux. Cabinet secondaire à Gujan-Mestras le samedi sur RDV.
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