Les mains du miracle de Kessel.

Un roman historique qui se déroule dans les années trente, quarante en Allemagne Nazie, en Finlande, en Suède, en Hollande.

Le Docteur Kersten est le héros de ce roman, il est aussi le médecin personnel de Himmler.

Kessel nous décrit avec soins (en médecine c’est la moindre chose) et talent comment ce médecin personnel du Reichsfürhrer a réussi à sauver des milliers de victimes de l’enfer grâce à ses mains, celles du miracle, mais aussi à une certaine psychologie et intelligence.

L’histoire d’un homme bon.

« Et des pensées, comme en rêve, glissaient: « Dans cette maison, se disait Kersten, sans que je l’aie prévu, sans que je l’aie voulu, s’est écrit un fragment de l’histoire des hommes. Quoi qu’il arrive, je ne puis qu’être reconnaissant au sort d’avoir fait de mes mains la chance de tant de malheureux. » 

 




L’année de la pensée magique.

Poignant et émouvant ce roman de Joan Didion: « L’année de la pensée magique ».

« La vie change vite.

La vie change dans l’instant.

on s’apprête à dîner et la vie telle qu’on la connaît s’arrête »

La vie s’arrête durant un an pour Joan Didion qui perd son époux un soir, un 30 décembre d’une crise cardiaque.

Avec ce livre, elle décortique, décrit avec précision son chemin vers le deuil. Les souvenirs remontent à la surface et les sentiments aussi car malgré l’écriture chirurgicale parfois, des sentiments il y en a dans ce livre…

La mort ne peut être évitée, tout ne peut être contrôlé.

Lire Joan Didion sur ce thème grave est bizarrement un plaisir. L’écriture est parfaite et rend le deuil presque beau.

« Je ne sais pourquoi nous essayons de garder les morts en vie: nous essayons de les garder en vie afin de les garder auprès de nous.

Je sais aussi que, si nous voulons vivre nous-mêmes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts.

Les laisser devenir une photo sur la table de chevet. (…) »

 




Mon Age.

mon âge

 

Non, je ne vous dirai pas mon âge mais je souhaitais en cette fin d’année vous parler du roman de Fabienne JACOB qui a pour titre « Mon Age ».

Ce roman ne peut se décrire, il n’y a pas vraiment d’histoire, mais plutôt de petites histoires, l’auteure décrit des tranches de vie, du ressenti, des émotions, des déceptions…

C’est un livre touchant qui ne parle pas que de l’âge, mais de la vie tout simplement et du temps qui passe.

Petits extraits:

 »  (..)Mon père avait rarement honte et se faisait rarement du mouron pour rien. Sa façon frontale de se planter dans le réel, la carrure, l’écartement de ses pieds, rien ne fuyait chez lui, tout était dans l’axe, prêt à l’affrontement avec le réel, un taureau dans le réel, mon père. Il se postait devant la glace, en tricot de peau blanc, le visage blanc de savon à barbe, d’une main il touillait avec énergie le savon avec son blaireau, ça moussait il fallait voir comment, et moi accroupie à ses pieds. Qu’Est-ce que t’as à me regarder comme ça ? Tu veux ma photo ou quoi ? Parfois, il m’éclaboussait la figure de l’eau pour me faire déguerpir, mais en vrai il était content que je sois là comme un petit chien à le regarder par dessous, la contemplation religieuse de la séance de rasage, la contreplongée sur corps massif (…) »

« (…) Un ami m’a dit que la courbe du mépris pour les femmes selon l’âge suit exactement celle du taux de fécondité. Une raison proprement psychologique serait donc à l’origine de cet état de fait chez les femmes. (…) Le même ami qui m’a parlé de la courbe du taux de fécondité des femmes m’a également parlé de la température ressentie. Actuellement à la météo ils indiquent la température relevée sur le thermomètre, m’a-t-il expliqué, mais ils en donnent aussi une autre, la température ressentie qui peut être sensiblement différente. De même que pour la température, il faudrait inventer le concept de l’âge ressenti, a-t-il ajouté. » 




Le temps perdu.

Devant la porte de l’usine

le travailleur soudain s’arrête

le beau temps l’a tiré par la veste

et comme il se retourne

et regarde le soleil

tout rouge tout rond

souriant dans son ciel de plomb

il cligne de l’oeil

familièrement

Dis donc camarade Soleil

tu ne trouves pas

que c’est plutôt con

de donner une journée pareille

à un patron ?

Jacques Prévert, Paroles





Rien ne s’oppose à la nuit.

Paroles d’Alain Bashung (osez, osez joséphine) mais aussi livre émouvant, tendre de Delphine de Vigan.

Livre qui raconte sa mère, sa famille, livre boulversant.

A emporter dans ses valises pour les vacances et dont certains passages hanteront certainement votre retour de vacances.

Extrait: « Alors j’ai demandé à ses frères et soeurs de me parler d’elle, de me raconter. Je les ai enregistrés, eux et d’autres qui avaient connu Lucile et la famille dévastée qui était la nôtre. J’ai stocké des heures de paroles numériques sur mon ordinateur, des heures chargées de souvenirs, de silences, de larmes et de soupirs, de rires et de confidences.

(…)

Et puis, comme des dizaines d’auteurs avant moi, j’ai essayé d’écrire ma mère. »

Pour une critique: ICI

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50

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Tous les clichés du cinéma dont certains sur les avocats…

Un livre drôle, un classement par thèmes: films de guerre, westerns, polars..

Et au cinéma, des clichés sur les avocats:

Le héros avocat ne défendra, au mépris de toute logique commerciale, que de justes causes et des clients insolvables.

Le héros avocat gagnera à la loyale grâce à un plaidoyer poignant qui fera pleurer même le Président et l’accusation…

et d’autres clichés:

l’heure des aveux: A la fin, il suffit que le flic héros énonce le déroulement des faits qu’il a brillamment reconstitué pour que les criminels avouent, tant la vérité est irrésistible.

Jamais prises en défaut: au réveil, toute femme sera coiffée, maquillée et n’aura jamais bavé sur l’oreiller.

Même si le film se passe au temps des cavernes, les femmes auront les jambes et aiselles épilées.

Tous les clichés du Cinéma- Philippe Mignaval- éditions Fetjaine

et aussi écoutez le Grand Bain France Inter ICI

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Les beaux jours.

Un film, une actrice Fanny Ardant qui porte ce film, qui le porte bien. (les autres acteurs sont formidables aussi, Fanny Ardant rayonne dans ce film…)

Une réalisatrice Marion Vernoux qui a réussit ce film ( la BO est parfaitement adaptée)

Un thème qui a priori peut faire fuir: une femme de 60 ans qui tombe amoureuse d’un jeune de presque 40 ans, une « cougar » comme on dit aujourd’hui.

Une heureuse surprise, le thème ne se limite pas à cet amour, le film parle de vieillesse avec joie, de relations humaines, du couple…

On en sort légère, on aurait presque envie de vieillir, j’ai dit presque…

Pour une critique: Rue 89 avec bande annonce ICI

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Partir.

Partir: c’est le titre d’un film de Catherine Corsini que j’ai vu hier soir sur france 2.

Film tragique, dramatique d’une femme bourgeoise interprétée par Kristin SCOTT THOMAS qui tombe follement amoureuse d’un ouvrier, un prolétaire comme dit son époux car elle est mariée… Film tragique car il décrit le désespoir de cette épouse qui souhaite partir, qui va partir, quitter son mari qui fera en sorte de l’affamer, de lui couper les vivres.

Partir est aussi un film très simpliste qui m’a agacé sur la vision très manichéenne de la justice, il y a le fort et le faible et le fort l’emporterait, il y a les gens qui ont de l’argent et ceux qui n’en ont pas… l’importance qui est donné à l’argent dans ce film m’a troublée et interrogée, je pense que tout n’est pas si simple, tout n’est pas blanc ou noir.

En outre, mon regard de juriste et d’avocate est très sévère, le film laisse une frustration à l’avocat, frustration quant aux erreurs juridiques qui se sont glissées dans ce film… Quand on entend le mari de Kristin SCOTT THOMAS dire qu’elle n’aura pas de prestation compensatoire car elle a abandonné le domicile conjugal: C’est FAUX, la faute n’a plus d’influence sur la prestation compensatoire depuis 2004 (le film date de 2009). Quand il dit que son avocat va être content d’apprendre qu’elle est tombé en panne d’essence au bord de l’autoroute avec son fils car elle n’avait pas d’argent… je n’en suis pas convaincue, laisser sa femme sans argent et sans lui donner secours est certainement plus grave !

De même, lorsque l’on voit Kristin SCOTT THOMAS vendre sa montre Cartier car son époux ne lui donne pas un sou, en qualité d’avocat on bondit et on se demande quel est l’avocat de Kristin SCOTT THOMAS pour lui dire d’en changer tout de suite et rapidemment car il est possible de solliciter une pension alimentaire au titre du devoir de secours au titre des mesures provisoires et même en urgence, comment cet avocat a-t-il pu passer à côté ?

Si Kristin SCOTT THOMAS avait perçu une pension alimentaire malheureusement le film n’aurait plus eu grand intérêt… évidemment il n’ y aurait plus eu d’histoire !

Je sais bien et je regrette que mon regard d’avocate ait pris le dessus sur celui de spectatrice, j’aimerais être encore innocente juridiquement.

Très certainement que le policier qui regarde un film dans lequel les balles tirent de partout, le regarde avec son regard de policier en se disant:  » c’est pas possible, Bruce Willis n’avait plus de balle dans son chargeur pourquoi tire-t-il encore ? ».

Pour finir, je voulais rassurer par ce billet toutes les épouses et même les époux qui souhaitent partir: si votre mari ou votre épouse vous laisse sans rien et qu’il ou elle a des revenus plus important que vous, vous pourrez demander une pension alimentaire au titre du devoir de secours… Certes, cette pension alimentaire ne vous permettra pas de vivre le même train de vie, mais elle vous permettra de vivre… toutes les ruptures ne se déroulent pas comme dans ce film !

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50

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La couleur des sentiments.

Un livre que je viens de terminer, une histoire à trois voix: Sketter la blanche bourgeoise et les deux bonnes Aibileen et Minny.

Chacune raconte l’histoire avec sa personnalité.

Le lieu: la ville de Jackson dans le Mississipi. Le moment: dans les années 60 à l’époque de Kennedy et de Martin Luther King.

L’histoire: celle des bonnes noires dans les années 60 et de bonnes qui « veulent changer les choses » avec une blanche.

J’ai dévoré ce livre émouvant, drôle et plein de « bons sentiments ».

Mais, la critique de la ségrégation, du racisme est réussie.

A lire d’urgence. Un film existe mais il ne serait pas à la hauteur du livre.

 

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Nos séparations.

Un livre drôle, poétique et magique.

Roman de David Foenkinos.

Extrait:

 » (…) Elle me laissait seul dans le lit, et j’étais heureux de trouver parfois quelques cheveux, preuves de son passage. Je fis un jour une remarque à propos des traces qu’elle laissait. Elle me répondit:

 » Je serais une bien mauvaise maîtresse, alors. »

Voilà exactement le genre de réponse qui fait battre mon coeur, allez savoir pourquoi. En logique amoureuse, nous sommes l’Albert Einstein de l’autre. Il y a ainsi d’autres phrases d’Alice que j’ai trouvées formidables et qui sont sans valeur pour le reste des hommes:

 » J’ai froid, mais je préfère dormir nue »

« On pourrait peut-être aller au cinéma un jour. »

(…)

Et ainsi de suite. Si ces phrases ne vous font rien, c’est que vous n’êtes pas amoureux d’Alice »

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