Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, conseille salariés et employeurs sur le télétravail, les frais professionnels et le droit à la déconnexion. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023), son cabinet accompagne les salariés et employeurs dans la mise en place du télétravail et dans la résolution des litiges qui en découlent.
Elle intervient pour les salariés de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.
Le télétravail fait aujourd’hui partie du quotidien de nombreuses entreprises. D’un côté, il offre souplesse et autonomie. De l’autre, il soulève de nombreuses questions juridiques : frais professionnels, droit à la déconnexion, égalité de traitement, tickets restaurant. En tout état de cause, le télétravail ne constitue pas une zone de non-droit. En effet, le Code du travail et la jurisprudence l’encadrent strictement.
Télétravail, frais professionnels et droit à la déconnexion : ce que dit la loi
Définition juridique du télétravail
L’article L. 1222-9 du Code du travail définit le télétravail comme toute forme d’organisation dans laquelle un travail — exécutable dans les locaux de l’employeur — se déroule hors de ces locaux, de façon volontaire, grâce aux outils numériques. Cette définition repose sur trois conditions cumulatives.
- D’abord, le poste doit être télétravaillable, c’est-à-dire compatible avec une exécution à distance ;
- Ensuite, le salarié et l’employeur doivent en principe tous deux donner leur accord ;
- Enfin, l’activité doit reposer sur des outils numériques qui maintiennent le lien professionnel.
En principe, un salarié peut refuser un poste en télétravail sans que cela justifie un licenciement. Toutefois, en cas de circonstances exceptionnelles ou de force majeure — comme une crise sanitaire — l’employeur peut imposer le télétravail pour assurer la continuité de l’activité.
Le refus du salarié ne constitue donc pas un motif de licenciement. En revanche, un employeur peut imposer le télétravail en cas de force majeure — ce fut notamment le cas pendant la crise Covid.
Comment mettre en place le télétravail en entreprise ?
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Accord collectif, charte ou accord individuel : trois voies possibles |
La mise en place du télétravail suit des règles juridiques précises. D’abord, un accord collectif constitue la voie prioritaire. À défaut d’accord, l’employeur peut rédiger une charte après consultation du comité social et économique. Enfin, en l’absence de ces deux dispositifs, un simple accord entre le salarié et l’employeur suffit — à condition de le formaliser par tout moyen.
Dans tous les cas, il vaut mieux sécuriser les modalités par écrit : conditions d’éligibilité, plages horaires, contrôle du temps de travail, équipements et frais professionnels. En effet, une rédaction imprécise expose l’employeur à un risque de contentieux devant les prud’hommes.
Un accord collectif bien rédigé protège à la fois l’employeur et le salarié. Ainsi, il prévient les litiges sur les frais, les horaires et les équipements — autant de sujets qui génèrent aujourd’hui un contentieux croissant devant les prud’hommes.
Les obligations de l’employeur en télétravail
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Matériel, frais et indemnité d’occupation du domicile |
Le télétravail ne réduit pas les obligations de l’employeur. Au contraire, certaines d’entre elles deviennent plus sensibles — notamment en matière de frais professionnels et de santé au travail.
Le matériel et les équipements
L’employeur doit fournir les outils indispensables à l’exercice des fonctions : matériel informatique, logiciels professionnels et équipements liés au travail sur écran. Il doit aussi assurer leur entretien et leur maintenance. Lorsque le salarié utilise son propre matériel, l’employeur doit adapter les outils aux exigences professionnelles et prendre en charge les coûts. À défaut, le salarié peut demander un remboursement ou saisir les prud’hommes.
L’indemnité d’occupation du domicile
Le télétravail entraîne souvent l’utilisation d’une partie du domicile à des fins professionnelles. Or, cela génère des frais supplémentaires : électricité, chauffage, connexion internet, voire aménagement d’un espace dédié.
L’arrêté du 4 septembre 2025 relatif aux frais professionnels déductibles précise les catégories de frais remboursables et fixe les plafonds d’exonération sociale. Ainsi, pour 2026, l’indemnité forfaitaire s’élève à 2,70 € par jour sans accord collectif et à 3,25 € par jour avec accord collectif. Par ailleurs, l’employeur peut verser une allocation mensuelle pour les outils numériques.
Deux arrêts récents confirment ce droit. D’une part, la Cour d’appel de Reims, le 6 février 2025, a accordé une indemnité compensatrice pour l’utilisation du logement à des fins professionnelles. D’autre part, la Cour d’appel de Lyon, le 7 février 2025, a rappelé que l’employeur doit supporter les frais exposés pour l’activité.
Le principe est simple : le télétravail ne peut pas transférer des charges vers le salarié. Ainsi, tout frais engagé pour les besoins de l’activité professionnelle reste à la charge de l’employeur.
Le droit à la déconnexion : un enjeu majeur en télétravail
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Loi du 8 août 2016 : l’employeur doit agir concrètement |
Le télétravail accentue les risques liés à l’hyperconnexion. C’est pourquoi la loi du 8 août 2016 a introduit le droit à la déconnexion pour garantir le respect des temps de repos et de la vie personnelle. Concrètement, l’employeur doit négocier chaque année les modalités d’exercice de ce droit. À défaut d’accord, il doit établir une charte précisant les règles d’utilisation des outils numériques, les plages horaires de contact et les actions de sensibilisation.
La jurisprudence reste vigilante sur ce point. Ainsi, la Cour d’appel de Paris, le 27 mars 2025, a jugé qu’une convention de forfait en jours pouvait devenir inopposable lorsque l’employeur ne met pas en place de dispositifs effectifs garantissant la déconnexion. En conséquence, l’absence de mesures concrètes fragilise l’organisation du temps de travail et engage la responsabilité de l’employeur.
Un cadre au forfait jours dont l’employeur n’a mis en place aucun dispositif de déconnexion peut donc contester la validité de sa convention de forfait — et réclamer le paiement de ses heures supplémentaires.
Télétravail et tickets restaurant : le principe d’égalité de traitement
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Le télétravail ne justifie pas de supprimer les titres-restaurant |
La question des titres-restaurant revient régulièrement dans les litiges liés au télétravail. Or, la réponse repose sur un principe fondamental : l’égalité de traitement. En effet, la Cour de cassation, le 8 octobre 2025, a affirmé qu’un employeur ne peut pas exclure un salarié des titres-restaurant au seul motif qu’il travaille à distance. Dès lors que le repas entre dans l’horaire journalier, le télétravailleur a les mêmes droits que ses collègues présents dans les locaux.
Toutefois, la Cour de cassation, le 24 avril 2024, a également précisé que l’égalité de traitement suppose des situations comparables. Ainsi, un télétravailleur ne peut pas réclamer une indemnité liée à la fermeture d’une cantine d’entreprise s’il n’a jamais fréquenté ce service.
Par ailleurs, la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 autorise, jusqu’au 31 décembre 2026, l’utilisation des titres-restaurant pour acheter tout produit alimentaire — qu’il soit ou non immédiatement consommable.
En conséquence, un employeur qui supprime les tickets restaurant des télétravailleurs s’expose à un contentieux. Le principe d’égalité de traitement s’applique pleinement — sauf à justifier d’une différence de situation objective.
FAQ — Télétravail et droit du travail à Bordeaux
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L’employeur peut-il imposer le télétravail au salarié ? |
En principe non. Le télétravail repose sur le volontariat des deux parties. Toutefois, en cas de circonstances exceptionnelles ou de force majeure, l’employeur peut l’imposer pour assurer la continuité de l’activité et protéger la santé des salariés.
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L’employeur doit-il verser une indemnité de télétravail ? |
Oui, dès lors que le salarié engage des frais pour les besoins de son activité. En 2026, l’indemnité forfaitaire s’élève à 2,70 € par jour sans accord collectif, et à 3,25 € par jour avec accord collectif. L’employeur peut aussi rembourser au réel sur justificatifs.
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Le salarié en télétravail a-t-il droit aux tickets restaurant ? |
Oui, si le repas entre dans son horaire de travail journalier. L’employeur ne peut pas invoquer le télétravail pour refuser leur attribution. La Cour de cassation l’a rappelé le 8 octobre 2025.
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Le droit à la déconnexion s’applique-t-il en télétravail ? |
Oui, pleinement. L’employeur doit mettre en place des dispositifs concrets qui garantissent le respect des temps de repos. Sans ces mesures, il s’expose à voir ses conventions de forfait jours déclarées inopposables — et à payer les heures supplémentaires qui en découlent.
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Que faire en cas de litige lié au télétravail ? |
Le salarié ou l’employeur peut saisir le Conseil de prud’hommes. Une analyse personnalisée par un avocat spécialisé en droit du travail permet d’évaluer les risques et les chances de succès avant d’engager une procédure.
Vous avez un litige lié au télétravail à Bordeaux ou en Gironde ?
Frais de télétravail, tickets restaurant, droit à la déconnexion, contestation de forfait jours : consultez Me Michèle BAUER.
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Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris et devant la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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