Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, accompagne salariés et employeurs dans la rédaction, la négociation et la contestation des clauses du contrat de travail. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
Son cabinet intervient en amont, avant la signature, pour sécuriser la rédaction, et en aval, devant les prud’hommes, lorsqu’une clause pose problème.
Salariés et employeurs de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon peuvent la consulter.
>> L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.
mis à jour 19 mars 2026.
Un contrat de travail à durée indéterminée n’a pas toujours besoin d’un écrit pour exister. Les vieux contrats des années 1970-1980 tenaient parfois sur une seule page ou n’existaient tout simplement pas. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Employeurs comme salariés ont besoin de sécurité juridique, et les contrats sont devenus bien plus détaillés.
Toutefois, certaines clauses restent particulièrement sensibles : mal rédigées, elles engendrent des contentieux coûteux. Bien rédigées, elles protègent efficacement les deux parties. Voici les principales clauses à connaître et les pièges à éviter.
Clauses du contrat de travail CDI : ce qu’il faut savoir avant de signer
La clause d’essai
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Période d’essai : durée, renouvellement et délai de prévenance |
La clause d’essai doit figurer expressément dans le contrat de travail. Sans elle, l’employeur ne peut pas rompre le contrat pendant la période d’essai sans motif. En d’autres termes, son absence prive l’employeur de cette souplesse essentielle en début de relation.
Avant de rédiger cette clause, il faut impérativement consulter la convention collective applicable dans l’entreprise. C’est elle qui fixe la durée maximale de la période d’essai, les conditions de son renouvellement et le délai de prévenance à respecter en cas de rupture.
Conseil pratique : lorsqu’un salarié a déjà travaillé pour l’entreprise au même poste pendant plusieurs mois dans le cadre d’un CDD, insérer une clause d’essai dans le CDI qui suit pose question. Le juge peut considérer que l’employeur connaissait déjà les compétences du salarié — et annuler la rupture de la période d’essai.
La clause de mobilité
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Mobilité géographique : ce que l’employeur peut et ne peut pas imposer |
La clause de mobilité permet à l’employeur de changer le lieu de travail du salarié sans recueillir son accord et sans modifier son contrat. C’est un outil utile pour les entreprises multi-sites — mais son application connaît des limites importantes.
En premier lieu, la clause doit impérativement être limitée géographiquement. Une clause de mobilité illimitée reste inopposable au salarié. En second lieu, même si la clause est valide, l’employeur ne peut pas modifier un élément essentiel du contrat en parallèle — comme une baisse de rémunération ou une réduction des responsabilités.
Par ailleurs, l’employeur doit prévenir le salarié dans un délai raisonnable avant d’appliquer la clause. Il est donc judicieux de préciser ce délai directement dans le contrat.
Enfin, le salarié peut refuser la mise en œuvre de la clause si elle porte une atteinte excessive à sa vie personnelle et familiale (art. L. 1121-1 C. trav.). Les tribunaux ont ainsi considéré que la mise en œuvre d’une clause de mobilité était disproportionnée lorsqu’elle touchait une veuve élevant seule ses deux enfants (Cass. soc., 13 janv. 2009, n° 06-45.562), ou lorsqu’une mère d’un enfant handicapé de 4 mois devait tripler son temps de transport (Cass. soc., 6 févr. 2001, n° 98-44.190).
La vie personnelle et familiale du salarié prime sur l’intérêt de l’entreprise lorsque la disproportion est manifeste. Un refus du salarié, dans ces conditions, ne constitue pas une faute.
La clause de non-concurrence
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Non-concurrence : conditions de validité et contrepartie financière obligatoire |
La clause de non-concurrence vise à protéger les intérêts légitimes de l’entreprise après la rupture du contrat. Elle s’applique principalement aux cadres et aux postes clefs — il serait en revanche difficile de justifier une telle clause pour un agent d’entretien ou un agent de sécurité.
Pour être valide, la clause doit réunir plusieurs conditions cumulatives. Elle doit d’abord être limitée dans le temps, dans l’espace et à une activité précisément définie. Ensuite, et surtout, elle doit prévoir une contrepartie financière versée pendant toute la durée de la non-concurrence. Cette contrepartie ne doit pas être dérisoire — le juge l’annule lorsqu’elle est symbolique.
Par ailleurs, l’employeur peut prévoir contractuellement la possibilité de renoncer à la clause. Cette renonciation doit être claire, non équivoque et notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception. En pratique, il est judicieux de conditionner la contrepartie : par exemple, en précisant qu’elle n’est pas due en cas de licenciement pour faute grave ou lourde.
Une clause de non concurrence sans contrepartie financière est nulle et le salarié peut l’ignorer sans risque. C’est l’un des contentieux les plus fréquents après une rupture de contrat.
La clause de dédit-formation
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Dédit-formation : quand le salarié doit rembourser sa formation |
Lorsqu’un employeur engage des frais importants pour former un salarié, il peut insérer une clause de dédit-formation dans le contrat. Concrètement, si le salarié démissionne avant un certain délai, il doit rembourser tout ou partie des frais de formation.
Pour être valide, cette clause doit respecter plusieurs conditions. D’abord, le financement de la formation doit rester à la charge exclusive de l’employeur — sans participation d’un organisme extérieur. Ensuite, la clause doit figurer dans le contrat ou dans un avenant signé par le salarié. Enfin, le montant du remboursement doit être proportionnel aux frais réellement engagés.
En pratique, la durée d’engagement varie généralement entre 3 et 5 ans selon le coût et la durée de la formation. Attention toutefois : cette clause ne s’applique qu’en cas de rupture à l’initiative du salarié. En cas de licenciement, l’employeur ne peut pas la mettre en œuvre.
Si votre employeur tente de vous imposer un remboursement de formation après un licenciement, cette demande est infondée. Le remboursement se fait en cas de démission.
La clause d’objectifs et la clause d’exclusivité
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Objectifs et exclusivité : deux clauses à manier avec précaution |
La clause d’objectif
Les postes commerciaux intègrent souvent une clause d’objectifs de chiffre d’affaires. Pour être licites, ces objectifs doivent être négociés chaque année avec le salarié, réalistes, réalisables — et l’employeur doit donner au salarié les moyens de les atteindre. Des objectifs manifestement inatteignables ou imposés unilatéralement peuvent constituer un manquement de l’employeur, voire une forme de harcèlement moral.
La clause d’exclusivité
Cette clause interdit au salarié d’exercer toute activité professionnelle — pour son propre compte ou pour un autre employeur — pendant la durée du contrat. Elle peut toutefois être atténuée : l’employeur peut prévoir que le salarié peut exercer une activité extérieure à condition d’en obtenir l’autorisation préalable.
Pour être valide, la clause d’exclusivité doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché. Elle doit toujours figurer par écrit dans le contrat — une exclusivité implicite n’existe pas.
Les clauses illicites : ce que l’employeur ne peut pas insérer
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Trois clauses nulles de plein droit |
Certaines clauses sont illicites et ne produisent aucun effet, même si le salarié les a signées :
- La clause résolutoire — elle permettrait à l’employeur de se constituer à l’avance un motif de licenciement automatique. Les tribunaux l’écartent systématiquement ;
- La clause attributive de juridiction — elle viserait à écarter la compétence du Conseil de prud’hommes au profit d’une autre juridiction. Elle est nulle car les règles de compétence prud’homale sont d’ordre public ;
- La clause de sanction pécuniaire — il est interdit de prévoir le prélèvement d’une partie du salaire à titre de sanction (par exemple en cas de « casse » de matériel). Le salaire est intangible.
Si votre contrat contient l’une de ces clauses, elle ne s’applique pas — même si vous l’avez signée. La nullité est automatique et ne nécessite pas de décision de justice préalable pour s’en prévaloir.
FAQ — Clauses du contrat de travail
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L’employeur peut-il modifier unilatéralement une clause du contrat de travail ? |
Non. Tout ce que les parties ont intégré dans le contrat de travail ne peut être modifié qu’avec l’accord des deux parties. C’est pourquoi il faut éviter de trop détailler le contrat — notamment les horaires pour un salarié à temps plein — car cela figera des éléments que l’employeur ne pourra plus ajuster sans accord du salarié. En cas de modification imposée unilatéralement, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes.
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Une clause de non concurrence sans contrepartie financière est-elle valable ? |
Non. La contrepartie financière est une condition de validité absolue de la clause de non-concurrence. Sans elle, la clause est nulle et le salarié peut exercer librement toute activité concurrente après la rupture du contrat — sans risque de poursuites. Si l’employeur a néanmoins versé une contrepartie nulle ou symbolique, le juge peut annuler la clause et condamner l’employeur à des dommages-intérêts.
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Puis-je refuser la mise en œuvre d’une clause de mobilité ? |
Oui, sous certaines conditions. Si la mise en œuvre de la clause de mobilité porte une atteinte excessive à votre vie personnelle et familiale, vous pouvez la refuser sans que ce refus constitue une faute. Les tribunaux prennent en compte la situation personnelle du salarié : enfants en bas âge, garde alternée, proche dépendant, handicap, etc. Toutefois, si la clause est valide et sa mise en œuvre proportionnée, un refus injustifié peut entraîner un licenciement pour faute.
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Faut-il faire relire son contrat de travail par un avocat avant de signer ? |
Oui — c’est même vivement recommandé, notamment pour les cadres et les postes à responsabilités. La rédaction d’un contrat de travail est semée d’embûches. Une clause mal rédigée, trop large ou illicite peut générer des contentieux longs et coûteux des années plus tard. Une consultation préventive avec un avocat spécialiste en droit du travail coûte infiniment moins qu’un procès prud’homal.
Vous souhaitez faire relire votre contrat ou contester une clause à Bordeaux ?
Clause de non-concurrence abusive, mobilité imposée, objectifs inatteignables : consultez Me Michèle BAUER avant de signer ou d’accepter une modification de cotre contrat.
Me Michèle BAUER intervient en amont pour sécuriser la rédaction de votre contrat, et en aval pour contester une clause abusive devant le Conseil de prud’hommes. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux — à proximité immédiate du Conseil de prud’hommes
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous uniquement le samedi
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Urgence 120 € · Consultations par téléphone et visioconférence disponibles
Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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