Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, représente salariés et employeurs à toutes les étapes de la procédure prud’homale — y compris l’audience de conciliation et d’orientation. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.

Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023), son cabinet accompagne ses clients dès la première audience pour préparer leur stratégie et éviter les erreurs qui se paient plus tard.

Elle intervient pour les salariés et employeurs de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.

Mis à jour le 22 mars 2026.

L’audience de conciliation devant le Conseil de prud’hommes génère souvent de l’inquiétude, que vous soyez salarié ou employeur. Va-t-on me poser des questions ? Est-ce que je peux parler ? Suis-je obligé de venir ? Ce sont des questions fréquentes dans mon cabinet. Voici tout ce que vous devez savoir pour aborder cette audience sereinement.

Cet article tient compte des modifications introduites par la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 et le décret du 20 mai 2016, ainsi que des dernières modifications issues du décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 (en vigueur depuis le 1er septembre 2025) et du décret n° 2025-1356 du 26 décembre 2025 (en vigueur depuis le 1er janvier 2026). Voir aussi : La nouvelle procédure devant le Conseil de prud’hommes.

Audience de conciliation au Conseil de prud’hommes : ce qu’il faut savoir à Bordeaux

Qu’est-ce que le bureau de conciliation et d’orientation (BCO) ?

1 Composition, rôle et déroulement de la séance

Depuis la loi du 6 août 2015, le bureau de conciliation porte désormais le nom de bureau de conciliation et d’orientation (BCO). Son rôle va donc plus loin que la simple tentative de conciliation : il oriente aussi l’affaire vers la formation de jugement la plus adaptée si la conciliation échoue.

Le BCO se compose toujours de deux conseillers prud’homaux — un conseiller salarié et un conseiller employeur (art. L. 1423-13 C. trav.). Ces conseillers ne sont pas des magistrats professionnels. Ils exercent leur activité professionnelle par ailleurs. Les séances ont lieu au moins une fois par semaine et ne sont pas publiques (art. R. 1454-8 C. trav.).

Concrètement, le BCO remplit trois missions :

  • Concilier les parties — tenter de trouver un accord amiable pour éviter le jugement ;
  • Assurer la mise en état du dossier — fixer les délais d’échange des conclusions et pièces entre les parties ;
  • Orienter l’affaire — renvoyer le dossier vers la formation de jugement la plus adaptée en cas d’échec de la conciliation.
Avant l’audience, les conseillers prud’homaux peuvent consulter les pièces déposées par les parties. Ils arrivent donc à la séance avec une connaissance préalable du dossier — ce qui change l’ambiance de l’audience par rapport à une comparution à l’improviste.

Comment se déroule l’audience pour le salarié ?

2 Ce que vous devez savoir avant de vous présenter

Les conseillers peuvent vous poser des questions — c’est même leur rôle, puisqu’ils cherchent à comprendre le litige et à identifier si une conciliation est possible. En pratique, votre avocat prend la parole en premier pour exposer les faits et la demande. Vous n’intervenez que si le bureau vous interroge directement, ou si vous souhaitez ajouter quelque chose à ce que votre avocat a dit.

L’employeur peut être présent en personne ou représenté. Vous n’êtes pas obligé de lui adresser la parole. Si l’employeur tient des propos inexacts, inutile de réagir à chaud — laissez votre avocat y répondre. Une réaction impulsive peut nuire à votre dossier.

Les conseillers peuvent par ailleurs vous entendre séparément, dans la confidentialité (art. L. 1454-1 C. trav.). Cette faculté reste peu utilisée en pratique, mais elle existe.

L’audience de conciliation n’est pas publique. Elle a lieu dans une salle du tribunal, en présence des deux conseillers, des parties et de leurs représentants. L’ambiance est généralement moins formelle qu’une audience de jugement.

L’employeur doit-il venir même s’il ne veut pas concilier ?

3 Représentation, pouvoir spécial et risque de jugement immédiat

Oui — la présence ou la représentation à l’audience de conciliation reste obligatoire. L’employeur peut toutefois se faire représenter sans venir en personne, par deux voies :

  • Par un salarié de l’entreprise muni d’un pouvoir spécial de concilier, ce document écrit est indispensable. Sans lui, la représentation est irrégulière ;
  • Par un avocat, depuis la réforme, un avocat n’a pas besoin de pouvoir spécial pour représenter l’employeur devant le BCO.

Attention : si l’employeur ne comparaît pas sans motif légitime, le BCO peut juger l’affaire immédiatement, en statuant comme bureau de jugement en composition restreinte (art. L. 1454-1-3 C. trav.). En pratique, le Conseil de prud’hommes de Bordeaux apprécie peu l’absence de l’employeur,  surtout lorsque la taille de l’entreprise aurait permis une représentation. Les conseillers présents au BCO peuvent siéger à nouveau à l’audience de jugement, et s’en souviendront.

Ne pas vouloir concilier ne dispense pas de comparaître. Mieux vaut se faire représenter que de s’absenter.

Que se passe-t-il si la conciliation réussit — ou échoue ?

4 Procès-verbal, orientation et suite de la procédure

En cas de conciliation totale

Les conseillers rédigent un procès-verbal de conciliation qui consigne les termes de l’accord (art. R. 1454-10 C. trav.). Ce document met fin au litige. En matière de licenciement, l’accord peut prévoir le versement d’une indemnité forfaitaire calculée selon le barème fixé à l’article D. 1235-21 C. trav., en référence à l’ancienneté du salarié. La signature du procès-verbal vaut renonciation à toutes réclamations liées à la rupture du contrat.

En cas de conciliation partielle

Un procès-verbal consigne les points d’accord. Les points restés litigieux passent ensuite devant le bureau de jugement.

En cas d’échec total

Le BCO oriente alors l’affaire vers l’une des trois formations de jugement possibles :

  • Le bureau de jugement en composition restreinte (1 conseiller salarié + 1 conseiller employeur) — possible uniquement si les deux parties l’acceptent et si le litige porte sur un licenciement ou une résiliation judiciaire. Cette formation statue dans les 3 mois ;
  • Le bureau de jugement présidé par un juge du tribunal judiciaire — sur accord des parties ou si la nature du litige l’exige (dossier complexe, question de principe, etc.) ;
  • Le bureau de jugement en formation classique (4 conseillers) — dans tous les autres cas.
En cas d’échec, le BCO assure également la mise en état du dossier : il fixe les délais d’échange des conclusions et des pièces, et peut sanctionner les parties qui ne respectent pas ces délais par une radiation ou un renvoi immédiat en jugement.

Cas particuliers : quand la conciliation n’a pas lieu

5 Prise d’acte, requalification de CDD, abandon de poste : passage direct au jugement

Certains litiges passent directement devant le bureau de jugement, sans phase de conciliation préalable. C’est notamment le cas pour :

  • La prise d’acte de la rupture du contrat — l’affaire arrive en jugement dans le mois qui suit la saisine ;
  • La demande de requalification d’un CDD en CDI ou d’un contrat de mission en CDI — même délai d’un mois ;
  • La contestation de la présomption de démission en cas d’abandon de poste ;
  • Les contestations portant sur les avis du médecin du travail ou la prise de certains congés — procédure accélérée au fond ;
  • Les litiges de licenciement économique — la séance a lieu dans le mois qui suit la requête.
Dans ces cas, l’absence de phase de conciliation rend d’autant plus importante la préparation du dossier dès la saisine. Votre avocat doit anticiper la stratégie de jugement dès le dépôt de la requête.

FAQ — Audience de conciliation au Conseil de prud’hommes

? Est-ce que je dois parler à l’audience de conciliation ?

Si vous avez un avocat, c’est lui qui prend la parole en premier pour exposer les faits et la demande. Vous n’intervenez que si les conseillers vous posent une question directe, ou si vous souhaitez préciser un point. En revanche, si l’employeur dit quelque chose d’inexact, laissez votre avocat répondre,  évitez de réagir à chaud.

? L’employeur peut-il envoyer quelqu’un à sa place ?

Oui. L’employeur peut se faire représenter par un salarié de l’entreprise muni d’un pouvoir spécial de concilier, ou par un avocat. Dans ce dernier cas, aucun pouvoir spécial n’est nécessaire. En revanche, s’absenter sans motif légitime expose l’employeur à un jugement immédiat rendu par le BCO statuant en composition restreinte.

? Que se passe-t-il si je ne me présente pas à la conciliation sans motif ?

Si c’est le salarié (demandeur) qui ne se présente pas et qui n’est pas représenté, le BCO peut déclarer la requête caduque, renvoyer l’affaire à une audience ultérieure, ou juger l’affaire si le défendeur le demande. Si c’est l’employeur (défendeur) qui est absent, le BCO peut juger l’affaire immédiatement sur la base des pièces communiquées par le salarié.

? Un accord de conciliation est-il définitif ?

Oui. Le procès-verbal de conciliation a force exécutoire. En matière de licenciement, il implique la renonciation à toutes les réclamations liées à la rupture du contrat. Avant de signer, vérifiez avec votre avocat que les montants proposés couvrent l’ensemble de vos droits — notamment les indemnités légales, conventionnelles et les dommages-intérêts éventuels.


Vous êtes convoqué(e) à une audience de conciliation au Conseil de prud’hommes de Bordeaux ?

Préparer l’audience de conciliation avec un avocat change le déroulement de toute la procédure — ne vous y présentez pas sans y être préparé.

Me Michèle BAUER vous prépare à l’audience, vous représente devant le BCO et définit dès ce stade la stratégie pour la suite de la procédure. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.

📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux — à proximité immédiate du Conseil de prud’hommes
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous uniquement le samedi

📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Urgence 120 € · Consultations par téléphone et visioconférence disponibles


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Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux

Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)

Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.

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