Me Michèle BAUER, avocate en droit de la famille à Bordeaux depuis 2003, intervient devant le Juge aux affaires familiales du Tribunal judiciaire de Bordeaux, ainsi que devant les JAF d’Arcachon et de Libourne.

Son cabinet accompagne les époux engagés dans une procédure de divorce pour faute : obtenir les torts exclusifs du conjoint, se défendre face à une demande injustifiée, ou comprendre les conséquences financières , prestation compensatoire, dommages intérêts, partage du patrimoine.

Le cabinet reçoit les familles de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon. L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.

 

Mis à jour le 29 mars 2026

Le divorce aux torts partagés est souvent comparé à un match nul juridique : personne ne gagne, personne ne perd. Cette vision est trop simple et souvent coûteuse pour celui qui l’adopte sans réfléchir.

Derrière cette décision du juge se cachent des enjeux financiers bien réels : prestation compensatoire, dommages et intérêts, partage des biens. La façon dont vous construisez votre dossier dès le début peut tout changer.

Voici ce que dit la loi, ce que font les juges, et ce que vous devez savoir avant d’engager ou de subir un divorce pour faute.

Foire aux questions – Divorce aux torts partagés à Bordeaux

Définition : qu’est-ce que le divorce aux torts partagés ?

1 Qu’est-ce que le divorce aux torts partagés, exactement ?

Le divorce pour faute est encadré par l’article 242 du Code civil. Un juge peut le prononcer quand un époux a manqué de façon grave ou répétée à ses devoirs conjugaux, rendant la vie commune impossible à poursuivre.

Mais que se passe-t-il quand les deux époux ont commis des fautes ? C’est ce que règle l’article 245 du Code civil :

« Même en l’absence de demande reconventionnelle, le divorce peut être prononcé aux torts partagés des deux époux si les débats font apparaître des torts à la charge de l’un et de l’autre. »

En pratique, cela signifie que le juge constate que les deux époux ont contribué à la rupture du lien conjugal. Aucun n’en est le seul responsable. Les fautes n’ont pas à être du même type : des violences d’un côté peuvent s’ajouter à un adultère de l’autre, à des problèmes d’argent, ou à un départ du domicile.

Dans son jugement, le juge n’est pas obligé de détailler les torts de chacun. Il peut se limiter à constater qu’il existe des faits justifiant le divorce de part et d’autre (art. 245-1 C. civ.).

Torts partagés vs torts exclusifs : quelles différences concrètes ?

2 Quelle différence entre torts partagés et torts exclusifs ?

Un divorce pour faute peut aboutir à deux résultats très différents, avec des conséquences financières importantes :

Les torts exclusifs sont retenus quand un seul époux est fautif. Sa faute doit être grave ou répétée, et rendre la vie commune impossible. C’est le cas d’un adultère avéré, de violences répétées ou d’un abandon du domicile conjugal.

Les torts partagés s’appliquent quand des fautes sont prouvées des deux côtés. Elles n’ont pas à être comparables ou équivalentes : chacune doit seulement remplir, prise à part, les conditions de l’article 242.

La grande différence se joue sur le plan financier :

  • Avec des torts exclusifs, le juge peut refuser la prestation compensatoire à l’époux fautif si c’est juste (art. 270 C. civ.) ;
  • Avec des torts exclusifs, l’époux victime peut demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi (art. 266 C. civ.) ;
  • Avec des torts partagés, ces deux recours sont réduits ou impossibles : partager la responsabilité affaiblit les demandes d’indemnisation.
Torts partagés ne veut pas dire zéro prestation compensatoire. Cette prestation reste possible si vos niveaux de vie sont très différents. Ce que cela change, c’est que le juge peut ne pas en accorder une ou tenir compte des fautes pour la réduire, en sachant qu’en pratique c’est rare.

Les quatre conditions pour que le juge prononce les torts partagés

3 Quelles conditions faut-il réunir pour que le juge prononce les torts partagés ?

Quatre éléments sont nécessaires :

  • Des fautes des deux côtés. Chaque époux doit avoir commis au moins un manquement précis et démontré. Une dispute passagère ou un désaccord de vie ne suffit pas.
  • Une faute grave ou répétée. Le manquement doit être sérieux — adultère, violence physique — ou survenir plusieurs fois dans le temps.
  • Une vie commune devenue impossible. Le juge apprécie librement si la situation rendait vraiment le quotidien insupportable pour les deux.
  • Un lien entre les fautes et la séparation. Les manquements retenus doivent avoir réellement brisé le couple, pas seulement coïncidé dans le temps avec la crise.
Les fautes n’ont pas à être du même type. Des violences d’un côté et un adultère de l’autre remplissent chacune ces conditions sans avoir à se comparer.

Le juge peut-il retenir vos torts sans que vous l’ayez demandé ?

4 Je n’ai pas demandé le divorce pour faute. Le juge peut-il quand même retenir des torts à ma charge ?

Oui. C’est l’une des règles les moins connues de l’article 245 du Code civil. Le juge peut prononcer les torts partagés même sans demande de votre part, si les échanges à l’audience révèlent des fautes des deux côtés.

Un exemple concret : votre conjoint vous assigne pour faute. Vous ne demandez rien en retour. Mais si, au fil des débats, des éléments mettent en cause votre propre comportement, une relation extra-conjugale, une violence, un départ du domicile, le juge peut d’office décider des torts partagés.

Préparer votre défense dès le début est donc essentiel, même si vous ne souhaitez pas vous retourner contre votre conjoint.

Mon conjoint est violent. Puis-je obtenir les torts exclusifs ?

5 Mon conjoint a été violent. Puis-je obtenir les torts exclusifs malgré mes propres fautes ?

Tout dépend de la gravité de chaque faute et des preuves disponibles. Les violences sont des manquements graves , mais si vous avez vous-même commis des actes précis (adultère, abandon, atteintes aux finances communes), le juge peut malgré tout retenir les torts partagés.

La Cour d’appel d’Aix-en-Provence l’a jugé dans un arrêt du 16 septembre 2025. L’épouse avait produit des mains courantes, des plaintes et des certificats médicaux attestant de violences. Le juge de première instance avait retenu les torts exclusifs du mari. La cour d’appel a réformé cette décision : des fautes imputables à l’épouse avaient aussi contribué à la rupture du couple. Résultat : torts partagés. (CA Aix-en-Provence, 16 sept. 2025, RG n° 23/08286)

Bien préparer son dossier de preuves est décisif. Consulter un avocat avant l’assignation et non après permet de ne pas se retrouver en position de faiblesse.

Prestation compensatoire et dommages et intérêts : ce qui change vraiment

6 Torts partagés : puis-je toujours demander une prestation compensatoire ou des dommages et intérêts ?

La prestation compensatoire reste possible en cas de torts partagés. L’article 270 du Code civil ne l’interdit pas. Ce qui change, c’est que le juge peut la réduire ou la refuser si votre propre comportement le justifie notamment quand vous avez aussi commis des fautes.

Les dommages et intérêts de l’article 266, en revanche, sont réservés aux divorces aux torts exclusifs. Cette indemnisation,pour le préjudice particulièrement grave causé par la rupture n’est pas accessible en cas de torts partagés.

Reste une autre voie : l’article 1240 du Code civil, pour un préjudice différent de la rupture elle-même. Mais les preuves à apporter sont très exigeantes.

Exemple concret : vous avez subi des violences et vous avez aussi eu une relation adultère. Torts partagés → pas d’article 266, mais prestation compensatoire possible si vos revenus sont très différents.

Les torts partagés, c’est « la faute à personne » ?

7 Les torts partagés, c’est une sorte de « match nul » où personne n’est responsable ?

Non. Les torts partagés signifient que chaque époux a commis une faute au sens de l’article 242 du Code civil. Ce n’est pas une absence de responsabilité, c’est une responsabilité commune avec des effets juridiques et financiers bien précis.

Un arrêt de la Cour d’appel de Bourges illustre parfaitement cela. Face à un mari violent et une épouse dont le comportement avait lui aussi fragilisé le couple, les juges n’ont retenu ni la violence ni la séduction comme fautes déterminantes. Ce qu’ils ont retenu, c’est la participation active des deux époux à l’échec du mariage — une sorte de naufrage à deux mains. (CA Bourges, 10 mai 2013, n° 12/0633)

Le « match nul » est une illusion : en matière de prestation compensatoire et de dommages et intérêts, les torts partagés ont des effets très concrets sur vos droits.

Jurisprudence : ce que décident les cours d’appel

8 Que dit la jurisprudence récente sur les torts partagés ?

Les cours d’appel retiennent les torts partagés dès qu’elles trouvent des manquements des deux côtés, qu’ils soient du même type ou non. Voici six décisions récentes ou marquantes :

CA Aix-en-Provence, 4 avr. 2024, RG n° 22/02888

Violences, adultères et injures invoqués de part et d’autre. Le premier juge avait déjà retenu les torts partagés. La cour confirme : des manquements graves et répétés des deux côtés empêchent d’attribuer la rupture à un seul époux.

CA Bordeaux, 3e ch. famille, 15 déc. 2020, RG n° 18/03520

Violences, mauvaise gestion des comptes et adultère reprochés des deux côtés. La cour confirme les torts partagés : le nombre et la nature des manquements rendent impossible d’en charger un seul conjoint. Arrêt rendu dans le ressort de la Cour d’appel de Bordeaux.

CA Douai, 3 mars 2016, RG n° 15/02579

Violences côté épouse, adultère et abandon côté mari. Des fautes très différentes, mais chacune remplit les conditions de l’article 242. Torts partagés confirmés.

CA Paris, pôle 3 – ch. 3, 12 nov. 2015, RG n° 15/10823

Adultères des deux époux. Raisonnement simple : chaque infidélité est un manquement grave ; leur caractère réciproque conduit aux torts partagés.

CA Bastia, 14 oct. 2015, RG n° 14/00415

Adultère d’un côté, retrait de fonds communs de l’autre. Des fautes de nature opposée — l’une affective, l’autre financière — suffisent pour prononcer les torts partagés.

CA Pau, 26 janv. 2021, RG n° 19/03251

Le premier juge avait retenu les torts exclusifs du mari pour adultère. La cour renverse la décision : le maintien sans droit de l’épouse dans le domicile conjugal constitue également une faute. Torts partagés retenus.

Ce que ces décisions montrent : les fautes n’ont pas à se ressembler. Du moment que chacune, prise séparément, justifie un divorce pour faute, le partage des torts s’impose.

Combien de temps dure un divorce pour faute ?

9 Combien de temps dure un divorce pour faute aux torts partagés à Bordeaux ?

Un divorce pour faute prend en moyenne entre 18 mois et 3 ans, selon les tribunaux et la complexité du dossier. À Bordeaux, la durée varie selon le calendrier du Tribunal judiciaire et du JAF.

  • Une audience d’orientation ouvre la procédure en début de parcours ;
  • Les échanges entre avocats (conclusions) peuvent durer plusieurs mois ;
  • L’audience au fond a lieu en général 12 à 24 mois après le dépôt de la requête.
Dès la première consultation, Me Bauer vous donnera une estimation réaliste des délais selon l’avancement de votre situation.

Honoraires : combien coûte un divorce pour faute à Bordeaux ?

10 Combien coûte un avocat pour un divorce pour faute à Bordeaux ?

Les honoraires dépendent de la complexité du dossier, des biens en jeu et du travail à fournir. Chez Me Bauer, les tarifs sont les suivants :

  • Consultation : 40 € TTC (20 min) · 96 € TTC (au-delà) · 120 € TTC (urgence) ;
  • Taux horaire en droit de la famille : 200 € HT soit 240 € TTC ;
  • Part sur résultat : 12 % TTC sur la prestation compensatoire obtenue, en plus d’un forfait ou du temps passé.
Vérifiez  si vous pouvez bénéficier de l’aide de l’État (aide juridictionnelle) sous conditions de ressources.


Prendre contact avec Me Michèle BAUER

Vous envisagez un divorce pour faute ou vous êtes assigné(e) à Bordeaux ?

Me Michèle BAUER analyse votre dossier, choisit la stratégie adaptée — torts exclusifs ou partagés — et vous accompagne tout au long de la procédure.

📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Urgence 120 € TTC


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Avocate en droit de la famille · Barreau de Bordeaux

Avocate au Barreau de Bordeaux depuis 2003, Me Michèle BAUER intervient en droit de la famille devant le JAF de Bordeaux, d’Arcachon et de Libourne. Co-fondatrice de la plateforme Avec Avocat, première plateforme de divorce en ligne de Nouvelle-Aquitaine. Son cabinet intervient également en droit du travail et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.

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