Me Michèle BAUER, avocate spécialisée en droit du travail à Bordeaux depuis 2003, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail délivré par le CNB en 2017, vous conseille et vous accompagne devant le Conseil de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Bergerac, Paris, La Rochelle et Saintes, si vous souhaitez contester votre licenciement.

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Un licenciement maladie désorganisation n’est pas automatique : l’employeur doit prouver que les absences ont réellement perturbé le fonctionnement de l’entreprise et qu’il a remplacé le salarié en CDI. Un arrêt récent de la Cour de cassation le rappelle avec force.

Un licenciement pour absences répétées n’est pas automatiquement une discrimination. Mais l’employeur doit prouver deux choses : la désorganisation réelle et le remplacement définitif du salarié. À défaut, le licenciement est sans cause réelle et sérieuse.

Le cadre légal : maladie et licenciement

La maladie ne protège pas le salarié contre tout licenciement. En effet, l’article L. 1132-1 du Code du travail interdit de licencier un salarié en raison de son état de santé. Cependant, la jurisprudence distingue deux situations.

D’un côté, le licenciement motivé par l’état de santé lui-même est discriminatoire et nul. De l’autre, le licenciement motivé par la situation objective de l’entreprise est licite, sous conditions strictes. Ainsi, l’entreprise doit être réellement perturbée par les absences, et le remplacement définitif du salarié doit s’imposer.

Ces conditions sont cumulatives, au nombre de deux. D’abord, l’employeur doit démontrer que les absences ont causé une désorganisation réelle de l’entreprise. Ensuite, il doit justifier qu’il a procédé au remplacement définitif du salarié dans un délai raisonnable après le licenciement.

L’apport de l’arrêt du 9 septembre 2026 : pas de discrimination sans élément matériel

La Cour de cassation, chambre sociale, vient de trancher une question qui divisait les juges du fond : le seul fait que l’employeur n’ait pas prouvé la désorganisation suffit-il à caractériser une discrimination ?

La réponse est non. Dans cet arrêt publié au Bulletin (pourvoi n° 25-14.356, Soc., 9 septembre 2026), la Cour casse l’arrêt de la cour d’appel de Grenoble qui avait déclaré le licenciement nul pour discrimination au seul motif que l’employeur n’avait pas établi la désorganisation ni le remplacement. La Cour pose la règle suivante :

« Le licenciement prononcé pour désorganisation de l’entreprise, engendrée par les absences répétées ou l’absence prolongée du salarié, entraînant la nécessité de son remplacement définitif ne constitue pas, à lui seul, un élément matériel laissant supposer l’existence d’une discrimination en raison de l’état de santé. En l’absence de justification par l’employeur d’une telle désorganisation et du remplacement du salarié dans un délai raisonnable, le licenciement n’est pas nul mais dépourvu de cause réelle et sérieuse. »

La distinction est fondamentale pour le salarié. D’une part, un licenciement nul ouvre droit à réintégration ou à des indemnités renforcées. D’autre part, un licenciement sans cause réelle et sérieuse n’ouvre droit qu’aux indemnités classiques. La Cour trace ainsi une frontière nette : l’échec de la preuve par l’employeur ne fait pas basculer le dossier vers la nullité. Pour atteindre ce résultat, le salarié doit apporter d’autres éléments matériels suggérant une discrimination.

Cet arrêt confirme et consolide une jurisprudence déjà engagée depuis plusieurs années. De plus, il est publié au Bulletin, ce qui lui confère une autorité particulière pour les juridictions du fond.

Ce que la CA de Bordeaux applique : cinq arrêts récents

La cour d’appel de Bordeaux a rendu plusieurs arrêts sur cette question entre 2024 et 2026. Ils montrent comment les juges bordelais appliquent les critères, et ce qui emporte leur conviction.

Arrêt Faits essentiels Résultat
CA Bordeaux
22 févr. 2024
RG 22/01677
Promotion interne au poste de la salariée absente. Aucune embauche en CDI d’un tiers n’est prouvée. Sans cause réelle et sérieuse
Remplacement définitif non établi
CA Bordeaux
25 juil. 2024
RG 22/04328
Licenciement au 91e jour. Offre de CDD non exploitée, baisse d’activité invoquée mais sans lien démontré avec l’absence. Sans cause réelle et sérieuse
Désorganisation non prouvée
CA Bordeaux
9 sept. 2025
RG 23/00152
Quatre remplaçants temporaires successifs. Aucune preuve de perturbation grave, du caractère essentiel du poste ni de surcharge objective. Sans cause réelle et sérieuse
Remplacements temporaires insuffisants
CA Bordeaux
20 nov. 2024
RG 22/00898
271 jours d’absence en 3 ans. Agence de 3 salariés contrainte de fermer le samedi. Remplacement en CDI engagé dès le lendemain de la notification, abouti dans un délai raisonnable. Licenciement fondé
Tous les critères réunis
CA Bordeaux
26 mai 2026
RG 24/01683
Service RH de 2 salariés, contexte d’absorption d’entreprise. Surcharge documentée. CDI de remplacement pris effet avant la notification du licenciement. Licenciement fondé
Circonstances particulières documentées

Ces cinq arrêts dessinent une ligne claire. En matière de licenciement maladie désorganisation, les juges bordelais ne se contentent pas d’allégations. Ils exigent des preuves concrètes : fermeture d’une antenne, détachement de personnels, erreurs documentées, surcharge chiffrée. En outre, ils sanctionnent systématiquement l’absence de remplacement en CDI dans un délai raisonnable.

Licenciement maladie désorganisation : ce que cela signifie pour votre dossier

Votre dossier de licenciement maladie désorganisation repose sur deux questions essentielles.

Premièrement : l’employeur a-t-il réellement prouvé la désorganisation ? Des affirmations générales, une offre de CDD non exploitée ou une baisse d’activité sans lien démontré ne suffisent pas. La cour d’appel de Bordeaux l’a rappelé à plusieurs reprises.

Deuxièmement : l’employeur a-t-il embauché un remplaçant en CDI dans un délai raisonnable après le licenciement ? Un glissement interne sans embauche nouvelle, des remplaçants temporaires successifs ou une embauche tardive peuvent suffire à faire tomber le motif.

En outre, si vous disposez d’autres indices de discrimination (contexte de harcèlement, traitement différencié, remarques sur vos absences)  la nullité reste envisageable. Toutefois, elle ne peut pas reposer sur le seul défaut de preuve de la désorganisation.

Par conséquent, même sans discrimination caractérisée, l’absence de cause réelle et sérieuse ouvre droit à des dommages et intérêts calculés selon le barème Macron, dont le montant varie notamment selon votre ancienneté. Dans de nombreux dossiers de licenciement maladie désorganisation, c’est ce fondement qui aboutit à une indemnisation concrète.

Questions fréquentes — licenciement arrêts maladie à Bordeaux

? Un employeur peut-il licencier un salarié en arrêt maladie ?

Oui, sous conditions. Le licenciement maladie désorganisation est licite uniquement si l’employeur prouve que les absences ont causé une perturbation objective à l’entreprise. Il doit également justifier de l’embauche d’un remplaçant en CDI dans un délai raisonnable après la notification du licenciement.

? Quelle est la différence entre licenciement nul et licenciement sans cause réelle et sérieuse ?

La nullité suppose une discrimination ou une violation d’une liberté fondamentale. Elle ouvre droit à réintégration et à des indemnités sans plafond. L’absence de cause réelle et sérieuse ouvre droit à indemnisation dans le cadre du barème légal. La distinction est donc financièrement importante pour le salarié.

? Le défaut de preuve de la désorganisation suffit-il à établir une discrimination ?

Non, depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 9 septembre 2026 (n° 25-14.356). Le fait que l’employeur n’ait pas prouvé la désorganisation ne constitue pas, à lui seul, un élément de discrimination. Il faut d’autres indices matériels pour déclencher la présomption de discrimination.

? Combien de jours d’arrêt faut-il pour qu’un licenciement soit possible ?

La loi ne fixe pas de seuil. C’est la perturbation concrète de l’entreprise qui compte, pas le nombre de jours. La cour d’appel de Bordeaux a sanctionné un licenciement prononcé dès le 91e jour d’arrêt lorsque la désorganisation n’était pas prouvée, et validé un licenciement après 271 jours d’absence cumulée lorsque l’impact était documenté.

Vous voulez contester votre licenciement à Bordeaux ?

Me Michèle BAUER gère pour vous le dépôt de la requête, le timbre fiscal de 50 € et toutes les formalités auprès du greffe du Conseil de prud’hommes de Bordeaux.

Elle intervient devant les CPH de Bordeaux, Libourne, Bergerac, La Rochelle, Saintes, Agen, Périgueux et Paris et devant la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux. Cabinet secondaire à Gujan-Mestras le samedi sur RDV.

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avocate spécialisée en droit du travail bordeaux bassin arcachonMe Michèle BAUER

Avocate spécialisée en droit du travail · Barreau de Bordeaux depuis 2003

Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)

Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle, Saintes et Paris et devant la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal.

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