Publié le 25 octobre 2014 · Humeur, Vie du Palais

Mis à jour le 26 septembre 2026.

 

Avocate à Bordeaux depuis 2003, j’exerce également sur le Bassin d’Arcachon. Ce billet n’est pas un article juridique. C’est une pause, une pensée pour une cliente que je n’oublierai pas.

« Elle est morte au mois d’août. »

C’est la seule information que m’a donnée ma secrétaire. Un ami de cette cliente avait appelé le cabinet pour m’informer de cette triste nouvelle. La mort d’une cliente ,ou d’un client , est l’une des expériences  les plus silencieuses du métier d’avocat.

On ne nous apprend pas à y faire face.

Ce que la mort d’un client dit de notre métier

Nous rencontrons beaucoup de gens dans notre profession. C’est d’ailleurs l’une des richesses de ce métier.

Or, tous nos clients sont différents.

Nous les accompagnons juridiquement pour un petit bout de leur vie, quelquefois un minuscule bout.

Ce petit bout peut pourtant constituer une étape importante qui les marquera à tout jamais : un procès pénal, un divorce, un problème de filiation, une succession difficile, un licenciement.

Il faut le dire : nous ne nous souvenons pas forcément de tous nos clients.

C’est un peu comme dans notre vie privée, certaines personnes sont plus attachantes que d’autres.

C’est la réalité du métier, c’est qu’on croise des centaines de destins.

Elle, je me souviens très bien d’elle.

Combative et attendrissante

Ma cliente décédée au mois d’août était pourtant pleine de vie malgré les épreuves.

Combative et attendrissante.

En effet, son dossier a duré plus d’un an,un dossier complexe qu’elle connaissait par cœur, dans ses moindres détails.

Elle se battait.

Rien ne l’abattait.

Elle avait 49 ans.

Lever la tête du guidon

Or, ce genre de nouvelle nous permet de lever la tête du guidon pour quelques instants.

De regarder autour de soi.

De mesurer, enfin, ce que signifie vraiment accompagner quelqu’un, au-delà des pièces du dossier, au-delà des audiences et des conclusions.

Nous sommes des témoins privilégiés, et parfois discrets, de moments que nos clients ne traversent qu’une seule fois.

En conséquence, cette responsabilité ne nous quitte jamais tout à fait, même quand le dossier est clos, même quand les années passent.

Un autre client décédé : si j’avais répondu à sa lettre

Ce billet me rappelle d’ailleurs un autre texte que j’avais écrit, sur un client dont j’ai appris la mort bien plus tard et dans des circonstances que je porte encore. Si j’avais répondu à sa lettre : une autre histoire de ces vies qui nous sont confiées, et que l’on ne peut pas toujours retenir.

Ces deux billets ne parlent pas de droit.

Ils parlent de ce que ce métier, des sentiments, entre deux audiences.

Le Conseil National des Barreaux s’engage d’ailleurs sur la question du bien-être des avocats, ces expériences silencieuses en font partie.

À propos de ce blog
Ces billets d’humeur coexistent néanmoins sur ce site avec des articles juridiques pratiques. Si vous traversez vous-même une épreuve:  un licenciement, un divorce, une procédure pénale, mon cabinet vous accompagne à Bordeaux et sur le Bassin d’Arcachon. Prendre rendez-vous.

avocat bordeaux pénal famille travailMe Michèle BAUER

Avocate au Barreau de Bordeaux depuis 2003

Spécialiste en droit du travail · Droit de la famille · Droit pénal

Cabinet au 33 Cours Pasteur, Bordeaux  et Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon)

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