Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, intervient régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
Elle accompagne les salariés non déclarés ou mal déclarés par leur employeur : vérification DPAE, travail dissimulé, rappels de salaires et indemnités forfaitaires devant les prud’hommes.
Elle intervient pour les salariés de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> Elle accepte l’aide juridictionnelle sous conditions de ressources et selon les dossiers.
Il arrive que des salariés viennent me consulter sans avoir signé de contrat de travail avec leur employeur. Ils ne savent pas non plus s’ils sont bien déclarés à l’URSSAF. Cette situation est plus fréquente qu’on ne le croit , et elle peut avoir des conséquences très sérieuses pour l’employeur.
Voici donc ce que vous devez savoir : comment vérifier votre déclaration, quelles sont les obligations de l’employeur, et quelles sanctions il encourt s’il ne les respecte pas.
Déclaration du salarié à l’URSSAF : obligations, vérification et sanctions
L’employeur doit déclarer tout salarié avant son embauche
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Qu’est-ce que la déclaration préalable à l’embauche (DPAE) ? |
L’embauche de tout salarié impose à l’employeur d’effectuer une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès des organismes de protection sociale, avant même la prise de poste. Cette obligation s’applique à tous les lieux de travail où des salariés exercent leur activité (C. trav., art. L. 1221-10).
En outre, l’employeur doit ensuite remettre au salarié une copie de la DPAE ou son accusé de réception. Toutefois, cette obligation disparaît lorsque le salarié dispose d’un contrat de travail écrit mentionnant l’organisme destinataire de la déclaration (C. trav., art. R. 1221-9).
La DPAE est donc une formalité obligatoire, préalable à toute prise de service. L’employeur qui ne la respecte pas s’expose à des sanctions administratives, pénales et prud’homales.
Comment vérifier si votre employeur vous a bien déclaré à l’URSSAF ?
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Puis-je interroger l’URSSAF pour savoir si mon employeur m’a déclaré ? |
Oui. L’article D. 8223-1 et 2 du Code du travail permet à tout salarié d’interroger l’URSSAF pour vérifier si son employeur a bien accompli la DPAE le concernant. Pour cela, vous devez adresser une demande écrite à votre URSSAF en mentionnant les informations suivantes :
- Vos nom patronymique, prénoms, nationalité, date et lieu de naissance ;
- Votre numéro national d’identification, si vous êtes déjà immatriculé à la sécurité sociale ;
- Votre adresse ;
- Votre date d’embauche et la période de travail pour laquelle vous sollicitez l’information.
L’URSSAF vous répond ensuite dans un délai de trente jours à compter de la réception de votre demande. Sa réponse contient notamment :
- L’existence ou non d’une DPAE vous concernant, pour la période indiquée ;
- Si une déclaration existe : la date et l’heure prévisibles d’embauche mentionnées par l’employeur, ainsi que la date et l’heure auxquelles il a effectué la déclaration ;
- La dénomination sociale ou les nom et prénoms de l’employeur, son adresse professionnelle et, le cas échéant, son numéro SIRET.
Vous pouvez aussi vous rendre sur le site de l’URSSAF, sur cette page https://www.urssaf.fr/accueil/salarie/savoir-si-je-suis-bien-declare.html
Cette démarche est simple et gratuite. Elle vous permet de disposer d’une preuve officielle en cas de litige devant le Conseil de prud’hommes.
Les autres obligations déclaratives de l’employeur
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Quelles déclarations l’employeur doit-il effectuer tout au long de la relation de travail ? |
Au-delà de la DPAE, l’employeur doit transmettre chaque mois une déclaration sociale nominative (DSN) par voie électronique à l’organisme compétent. Cette déclaration mentionne notamment le lieu d’activité, les caractéristiques du contrat, les rémunérations, cotisations et contributions, la durée de travail et les événements affectant le contrat (C. séc. soc., art. L. 133-5-3).
Par ailleurs, des dispositifs simplifiés existent pour certaines catégories d’employeurs. Lorsqu’ils utilisent ces dispositifs, plusieurs obligations déclaratives sont réputées satisfaites en une seule démarche.
La DSN permet également de satisfaire certaines obligations fiscales, notamment celles liées au prélèvement à la source. Tout défaut de transmission expose l’employeur à des pénalités.
Sanctions administratives et pénales en cas de non-déclaration
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Quelles sanctions l’employeur encourt-il s’il n’effectue pas la DPAE ? |
Le défaut de DPAE constitue d’abord une contravention de cinquième classe. La simple omission matérielle suffit à caractériser l’infraction — aucune intention frauduleuse n’est nécessaire (C. trav., art. R. 1227-1).
Indépendamment de la sanction pénale, l’employeur encourt également une pénalité administrative égale à 300 fois le taux horaire du minimum garanti (C. trav., art. L. 1221-11). Par ailleurs, lorsqu’il est tenu d’effectuer la DPAE par voie électronique, le non-respect de cette modalité entraîne une pénalité supplémentaire de 0,5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale par salarié concerné.
En outre, l’autorité administrative peut prononcer une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par salarié, portée à 8 000 € en cas de récidive dans un délai de deux ans, dans la limite de 500 000 € (C. trav., art. L. 8291-2). Un recours de plein contentieux reste possible devant le tribunal administratif.
La non-déclaration peut en outre entraîner un redressement de cotisations par les organismes sociaux, avec majorations, ainsi que la remise en cause des réductions de cotisations dont bénéficiait l’employeur. Dans certains cas, une fermeture administrative d’établissement est possible.
Non-déclaration et travail dissimulé : quelles conséquences pour le salarié ?
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La non-déclaration peut-elle constituer du travail dissimulé ? Quelles indemnités puis-je obtenir ? |
Oui. Lorsque l’employeur se soustrait intentionnellement à ses obligations déclaratives, la non-déclaration constitue du travail dissimulé par dissimulation d’emploi salarié. Les tribunaux apprécient cette intention comme une soustraction en connaissance de cause.
Plusieurs précisions importantes ressortent de la jurisprudence :
- L’employeur ne peut pas s’exonérer en invoquant l’erreur d’un tiers auquel il aurait délégué les formalités (Cass. crim., 7 mai 2019, n° 18-83.552) ;
- L’absence de DPAE avant la prise de service, même régularisée ensuite, peut contribuer à établir l’intention frauduleuse selon les circonstances (Cass. crim., 16 oct. 2018, n° 17-85.961) ;
- En revanche, un simple retard ne suffit pas nécessairement à lui seul à caractériser le travail dissimulé.
Indemnités auxquelles le salarié peut prétendre
Lorsque le travail dissimulé est reconnu, le salarié bénéficie d’une indemnité forfaitaire égale à 6 mois de salaire (C. trav., art. L. 8223-1). Les juridictions accordent cette indemnité même en cas de liquidation judiciaire de l’employeur. Certaines décisions l’allouent en net, hors cotisations sociales (Cass. soc., 9 déc. 2020, n° 19-19.974 ; CA Paris, 1er avr. 2025, n° 21/07980 ; CA Paris, 15 janv. 2026, n° 21/03693).
Par ailleurs, des rappels de salaires et dommages-intérêts supplémentaires peuvent compléter cette indemnité. Toutefois, le salarié doit en démontrer le préjudice allégué. Enfin, dans le contexte d’une rupture du contrat, le travail dissimulé peut participer à une requalification de la rupture et à l’octroi des indemnités afférentes.
Si votre employeur ne vous a pas déclaré ou vous a déclaré tardivement, consultez un avocat sans attendre. Le délai pour agir devant le Conseil de prud’hommes est de trois ans à compter du jour où vous avez connu les faits.
FAQ — Déclaration URSSAF et travail dissimulé : salariés
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Je travaille sans contrat écrit. Mon employeur est-il obligé de me déclarer ? |
Oui. L’absence de contrat écrit ne dispense pas l’employeur de la DPAE. En effet, la déclaration à l’URSSAF est obligatoire dès la première embauche, qu’il existe ou non un contrat de travail écrit. Par conséquent, si vous travaillez sans contrat et sans déclaration, vous êtes potentiellement victime de travail dissimulé.
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Comment savoir si je suis bien déclaré à l’URSSAF ? |
Adressez une demande écrite à votre URSSAF en indiquant vos coordonnées, votre date d’embauche et la période concernée. L’URSSAF dispose ensuite de 30 jours pour vous répondre. Sa réponse précise si une DPAE existe en votre nom, à quelle date votre employeur l’a effectuée et les coordonnées de cet employeur. Cette démarche est gratuite et confidentielle.
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Quelle indemnité puis-je obtenir si mon employeur ne m’a pas déclaré ? |
Si le travail dissimulé est reconnu devant le Conseil de prud’hommes, vous percevez une indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire. À cette somme s’ajoutent par ailleurs les rappels de salaires, l’indemnité de licenciement et, selon les circonstances, des dommages-intérêts. Ces sommes s’appliquent même si votre employeur est en liquidation judiciaire.
FAQ — Déclaration URSSAF : employeurs
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J’ai délégué les formalités à un tiers. Suis-je quand même responsable en cas d’absence de DPAE ? |
Oui. La Cour de cassation refuse que l’employeur s’exonère en invoquant l’erreur d’un tiers — expert-comptable, gestionnaire de paie ou autre — auquel il aurait confié les formalités (Cass. crim., 7 mai 2019, n° 18-83.552). En tant qu’employeur, vous demeurez donc personnellement responsable du respect de vos obligations déclaratives.
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J’ai régularisé la DPAE après la prise de poste du salarié. Est-ce suffisant ? |
Pas nécessairement. L’absence de DPAE avant la prise de service, même régularisée ensuite, peut contribuer à établir l’intention frauduleuse selon les circonstances. En revanche, un simple retard ne caractérise pas automatiquement le travail dissimulé. Tout dépend des faits. Consultez un avocat pour évaluer précisément votre situation.
Vous n’êtes pas déclaré à l’URSSAF ou votre employeur tarde à régulariser votre situation ?
Travail dissimulé, absence de contrat, non-déclaration URSSAF : ne restez pas seul face à cette situation.
Me Michèle BAUER analyse votre dossier, interroge l’URSSAF en votre nom, évalue vos droits à indemnités et vous représente devant le Conseil de prud’hommes. Elle intervient devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux — à proximité immédiate du Conseil de prud’hommes
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous uniquement le samedi
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Urgence 120 € · Consultations par téléphone et visioconférence disponibles
Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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