Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, représente des praticiens hospitaliers contractuels devant les juridictions administratives dans leurs recours en indemnité de précarité.
Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023), son cabinet accompagne praticiens hospitaliers et médecins contractuels dans leurs contentieux avec les établissements publics de santé.
Elle intervient pour les praticiens de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon, ainsi que sur l’ensemble du territoire national pour les contentieux hospitaliers.
>> Le cabinet accepte l’aide juridictionnelle sous conditions de ressources et selon les dossiers.
Mis à jour le 9 mai 2026.
L’indemnité de précarité due aux praticiens hospitaliers contractuels reste, en 2026, un droit encore méconnu — et souvent non versé par les hôpitaux. La réforme du 5 février 2022 a certes durci ces conditions pour les nouveaux contrats. Toutefois, de nombreux praticiens relevant de l’ancien régime peuvent encore agir. Ainsi, ce délai reste ouvert jusqu’à fin 2026 pour les contrats terminés en 2022. Pour ceux de 2023, il court jusqu’en 2027. Voici tout ce que vous devez savoir pour réclamer votre indemnité de précarité.
Cet article tient compte du
décret n° 2022-135 du 5 février 2022, de l’
arrêté du 5 février 2022 relatif à l’indemnité de précarité, du
décret n° 2024-1133 du 4 décembre 2024, ainsi que des jurisprudences administratives (TA Amiens, 30 avr. 2025, req. n° 2302934 ; CAA Nantes, 5 avr. 2024, req. n° 23NT02211 ; CAA Lyon, 23 janv. 2024, req. n° 21LY03611).
Indemnité de précarité du praticien contractuel hospitalier : ce qui a changé depuis 2022 et ce que vous pouvez encore réclamer en 2026
Praticien hospitalier titulaire ou praticien contractuel : quelle différence pour l’indemnité de précarité ?
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Comprendre les deux statuts avant d’évoquer les indemnités |
Beaucoup de médecins ignorent à quel régime ils appartiennent. La distinction est pourtant fondamentale pour savoir si vous avez droit à une indemnité de précarité — et laquelle.
✔ Praticien hospitalier titulaire
- D’abord, nommé après concours national
- Ensuite, statut pérenne et emploi garanti
- Par ailleurs, évolution encadrée par les textes
- En outre, sécurité de l’emploi totale
- Enfin, aucune indemnité de précarité
⚠ Praticien contractuel
- D’abord, recruté directement par CDD
- Ensuite, situation précaire et renouvellement incertain
- Par ailleurs, rémunération négociée contractuellement
- En outre, impossibilité de faire des projets
- Enfin, indemnité de précarité due, sous conditions
La précarité du statut contractuel est réelle et reconnue par le législateur depuis 2010. Elle a des conséquences concrètes sur la vie quotidienne : impossibilité d’obtenir un crédit immobilier, mobilité imposée, absence de visibilité professionnelle, incertitude sur le renouvellement. Ces inconvénients sont précisément ceux que l’indemnité de précarité a vocation à réparer.
Depuis le 7 février 2022, le législateur a créé un statut unique. Il regroupe les anciens statuts de praticien attaché, praticien clinicien et praticien contractuel. Mais les contrats conclus avant cette date restent soumis aux anciennes règles — plus favorables.
L’ancien régime (contrats conclus avant le 7 février 2022) : un droit sans condition de revenus
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Ce que prévoyait l’ancien article R6152-402 du code de la santé publique |
Depuis 2010, le législateur reconnaissait que ce statut créait une situation précaire. Il justifiait donc une indemnisation spécifique. L’ancien article R6152-402 du code de la santé publique (désormais abrogé) accordait une indemnité de fin de contrat égale à 10 % des salaires bruts. Aucune condition de niveau de rémunération n’était exigée.
En pratique, de nombreux hôpitaux ne versaient pas spontanément ces indemnités, et beaucoup de praticiens ignoraient qu’ils y avaient droit. En pratique, les praticiens contractuels perçoivent entre 4 500 et 7 000 euros bruts par mois. Par conséquent, les montants en jeu étaient souvent considérables — parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Ainsi, les contrats conclus avant le 7 février 2022 relèvent tous de cet ancien régime favorable, quel que soit le niveau de rémunération du praticien. En outre, cette règle vaut aussi pour les praticiens attachés et les cliniciens hospitaliers. Elle s’applique dès lors que leur contrat a débuté avant cette date.
Point de vigilance 2026 : si le praticien a accepté de conclure un nouveau contrat après le 7 février 2022, il bascule dans le nouveau régime plus restrictif — même si ses contrats précédents relevaient de l’ancien statut favorable. Ainsi, la signature d’un renouvellement sous le nouveau régime peut faire perdre des droits importants.
La réforme du 5 février 2022 : des conditions qui excluent la quasi-totalité des praticiens
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Le nouveau régime et le plafond de rémunération qui change tout |
Le décret n° 2022-135 du 5 février 2022 et son arrêté d’application ont profondément remanié les conditions d’attribution de l’indemnité de précarité pour les contrats conclus à compter du 7 février 2022. Le principe reste posé à l’article R6152-375 du code de la santé publique. Il prévoit que « lorsqu’au terme du contrat, la relation de travail n’est pas poursuivie, le praticien contractuel a droit à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation ».
Mais l’arrêté ajoute une condition rédhibitoire : l’indemnité n’est pas attribuée lorsque la rémunération brute annuelle du praticien dépasse de plus de 30 % le seuil minimum prévu par l’annexe XX de l’arrêté du 15 juin 2016.
Concrètement, ce seuil minimum s’établissait à 39 396 € à l’entrée en vigueur du décret. Un dépassement de 30 % porte ainsi ce plafond à environ 51 215 € bruts par an. Cela représente 4 268 € bruts par mois. Or, la grille de rémunération des praticiens contractuels dépasse très vite ce niveau : à l’échelon 9, après deux ans, la rémunération atteint environ 5 079 € à temps plein. En pratique, les praticiens venus consulter le cabinet se situaient quasi systématiquement au-delà de ce seuil.
En pratique, un établissement peut ainsi éviter le versement de l’indemnité de précarité dès lors que la rémunération dépasse le seuil réglementaire — ce qui est le cas de la grande majorité des praticiens contractuels expérimentés.
Les autres cas où l’établissement peut légalement refuser l’indemnité de précarité depuis 2022
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Trois situations dans lesquelles l’établissement peut légalement refuser de verser l’indemnité |
Par ailleurs, d’autres causes d’exclusion de l’indemnité de précarité ont été introduites :
- D’abord, si le praticien refuse un contrat à durée indéterminée proposé par l’établissement (refus de CDI = perte du droit à l’indemnité de précarité) ;
- Ensuite, en cas de rupture anticipée à l’initiative du praticien ou pour faute grave (art. L1243-10 du code du travail) ;
- Enfin, lorsque le praticien est inscrit sur la liste d’aptitude au concours national de praticien hospitalier mais ne postule pas sur un poste déclaré vacant dans son établissement et dans sa spécialité.
Réforme 2024 : nouvelles restrictions d’accès au contrat de praticien contractuel
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Le décret de décembre 2024 : encore plus de conditions, toujours moins de protection |
Le décret n° 2024-1133 du 4 décembre 2024 est venu restreindre encore davantage l’accès au contrat de praticien contractuel « motif 2 » (difficultés particulières de recrutement). Désormais, en effet, le décret exige une expérience de 5 ans. Par conséquent, cette évolution confirme la tendance de fond : encadrer toujours plus le recours aux contractuels, sans pour autant améliorer leur droit à l’indemnité de précarité ni leur protection sociale.
Indemnité de précarité et prescription quadriennale : agir vite avant la fin du délai
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Le délai légal de 4 ans pour agir — et pourquoi il est encore ouvert en 2026 |
En droit public, la prescription quadriennale obéit à la loi du 31 décembre 1968. Elle prévoit que sont prescrites toutes les créances qui n’ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l’année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Or, cette règle s’applique précisément aux créances sur les établissements publics dotés d’un comptable public — ce qui est le cas de tous les hôpitaux publics.
Concrètement : pour un contrat terminé en 2023, l’indemnité devient exigible cette même année. Le délai part donc le 1er janvier 2024 et expire le 31 décembre 2027.
Exemples concrets :
- Contrat terminé en 2022 → droits acquis en 2022 → délai part le 1er janvier 2023 → expire le 31 décembre 2026 — il faut agir avant la fin 2026 ;
- Pour un contrat terminé en 2023 → droits acquis en 2023 → délai part le 1er janvier 2024 → expire le 31 décembre 2027 ;
- En cas de contrat terminé en 2024 → droits acquis en 2024 → délai part le 1er janvier 2025 → expire le 31 décembre 2028 ;
- Enfin, pour un contrat terminé en 2025 → droits acquis en 2025 → délai part le 1er janvier 2026 → expire le 31 décembre 2029.
Les erreurs à éviter pour ne pas perdre son droit à l’indemnité de précarité
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Cinq erreurs qui font perdre tout ou partie de l’indemnité de précarité |
Les erreurs fréquentes à éviter :
- D’abord, ne jamais attendre la titularisation avant d’agir — la prescription court pendant ce temps ;
- Ensuite, ne pas croire que l’hôpital régularisera spontanément — cela arrive rarement ;
- Par ailleurs, il faut savoir que les renouvellements successifs de contrats créent chacun un droit distinct à l’indemnité de précarité ;
- De même, signer un nouveau contrat post-2022 sans mesurer les conséquences peut faire perdre les droits nés sous l’ancien régime ;
- Enfin, ne jamais omettre d’envoyer la réclamation par lettre recommandée avec accusé de réception — car la preuve de l’envoi est indispensable.
Point jurisprudentiel : les juridictions administratives ont confirmé que la prescription quadriennale peut être opposée par l’établissement pour limiter le calcul de l’indemnité aux seuls contrats non prescrits, même en cas de succession de plusieurs CDD (TA Amiens, 30 avril 2025, req. n° 2302934). Agir rapidement est donc essentiel — une année d’inaction peut faire perdre définitivement les droits nés cette même année.
Ce que dit la jurisprudence récente (2022-2025) : les arrêts à connaître
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Les décisions de référence avec leurs numéros exacts et liens Légifrance |
Depuis la réforme de 2022, en effet, les juridictions administratives ont rendu plusieurs décisions importantes sur l’indemnité de précarité des praticiens contractuels. Les références ci-dessous permettent ainsi de les retrouver directement sur Légifrance.
Voici les trois premières décisions à retenir — les plus récentes et les plus favorables aux praticiens :
| Décision |
Apport principal |
CAA Lyon, 3e ch.
23 janvier 2024
req. n° 21LY03611 |
À l’issue d’un contrat non renouvelé, le praticien contractuel peut réclamer l’indemnité de précarité. La Cour confirme l’application de l’art. L1243-8 du code du travail aux praticiens hospitaliers via le renvoi de l’art. R6152-418 du CSP. Centre hospitalier de Vichy. |
CAA Nantes, 3e ch.
5 avril 2024
req. n° 23NT02211 |
Le praticien contractuel perçoit l’indemnité de précarité à l’issue de son contrat, même s’il est inscrit au concours de PH, dès lors que l’établissement ne lui a formellement proposé aucun poste vacant dans sa spécialité. |
TA Amiens
30 avril 2025
req. n° 2302934 |
La prime de précarité se calcule sur la base réglementaire des émoluments fixes (art. R6152-355 du CSP), et non sur la rémunération totale effectivement perçue. Ce point peut modifier significativement le montant dû à la hausse ou à la baisse selon les situations. |
Jurisprudence sur l’indemnité de précarité : les cas de refus légaux et la décision fondatrice
| 4c |
Quand le refus de verser l’indemnité de précarité est légal — et la décision du Conseil d’État |
| Décision |
Apport principal |
CAA Lyon
17 novembre 2023
(req. non publiée au recueil) |
Refus confirmé de l’indemnité de précarité pour le praticien anciennement contractuel qui a refusé le poste permanent déclaré vacant dans sa spécialité en qualité de praticien hospitalier titulaire. |
CAA Nantes, 3e ch.
28 octobre 2022
req. n° 22NT00422 |
Le tribunal assimile le refus de se présenter au concours de PH pour un poste déclaré vacant à un refus de CDI au sens de l’art. L1243-10 du code du travail → indemnité non due. Centre hospitalier d’Argentan. |
CE, 29 septembre 2020
req. n° 423986 |
Décision de principe du Conseil d’État : le praticien conserve son droit à l’indemnité de précarité même lorsque le non-renouvellement résulte de son propre choix. |
Décision implicite de rejet et délai de recours contentieux
| 4b |
Ce que le silence de l’hôpital signifie juridiquement |
En application du droit de la fonction publique hospitalière, le silence gardé par l’établissement pendant deux mois sur une réclamation préalable fait naître une décision implicite de rejet — point de départ du délai de recours contentieux de deux mois devant le tribunal administratif. Il est donc essentiel de conserver la preuve de l’envoi de votre réclamation et de surveiller ce délai de deux mois.
Indemnité de précarité : deux affaires plaidées par le cabinet devant les tribunaux administratifs
| ✓ |
Des résultats concrets obtenus devant les tribunaux administratifs de Dijon et de Bordeaux |
Ces deux affaires, plaidées sous l’ancien régime (avant la réforme du 5 février 2022), illustrent concrètement les arguments que les hôpitaux opposent aux praticiens — et pourquoi ils ne résistent pas devant le juge administratif.
Affaire n° 1 — TA Dijon, 10 novembre 2016 (définitif)
Un médecin praticien contractuel avait cumulé plusieurs contrats à durée déterminée au sein d’un centre hospitalier, puis l’établissement l’avait titularisé. Il n’avait jamais perçu ses indemnités de précarité. L’hôpital refusait de les payer en faisant valoir que la titularisation du médecin avait mis fin à sa situation de précarité, et le dispensait donc de tout versement.
Or, le Tribunal administratif de Dijon n’a pas retenu cet argument. Il a jugé que le droit à l’indemnité de précarité naît à l’issue de chaque contrat à durée déterminée, indépendamment de la situation ultérieure du praticien. En effet, la titularisation ne supprime pas rétroactivement les droits nés des contrats précédents.
→ Consulter le jugement TA Dijon, 10 novembre 2016
Indemnité de précarité : affaire n° 2 — TA Bordeaux, 23 novembre 2017
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Prescription quadriennale et cumul de CDD : l’hôpital condamné à Bordeaux |
Affaire n° 2 — TA Bordeaux, 23 novembre 2017 (définitif)
Un praticien hospitalier avait, lui aussi, accumulé plusieurs CDD dont les indemnités de précarité n’avaient pas été versées. L’affaire présentait un intérêt particulier sur la question de la prescription quadriennale : l’hôpital tentait de faire déclarer prescrits certains contrats anciens pour limiter les sommes à verser.
En définitive, le Tribunal administratif de Bordeaux a fait droit aux demandes du praticien. Ainsi, cette décision pose des jalons utiles sur le calcul du point de départ du délai de prescription pour chaque contrat, et sur la manière dont les praticiens doivent présenter leur réclamation pour éviter que l’hôpital ne coupe le remboursement en invoquant la prescription.
→ Consulter le jugement TA Bordeaux, 23 novembre 2017
Ces deux jugements sont définitifs : ni l’hôpital ni le praticien n’a interjeté appel. Ils illustrent que les arguments des hôpitaux (titularisation, prescription) ne résistent pas à l’examen du juge administratif, dès lors que le dossier est bien préparé et présenté dans les délais. Ces affaires concernaient l’ancien régime ; les contrats conclus avant le 7 février 2022 relèvent des mêmes règles favorables.
L’hôpital refuse de verser l’indemnité de précarité ? La marche à suivre étape par étape
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Recours gracieux, tribunal administratif et preuves à conserver |
Étape 1 — La réclamation préalable obligatoire
Avant tout recours devant le tribunal administratif, vous devez adresser à la direction de l’établissement une réclamation préalable par lettre recommandée avec accusé de réception. En pratique, cette demande doit préciser les contrats concernés, les dates et le montant estimé de l’indemnité de précarité réclamée.
Étape 2 — Le délai de réponse de l’établissement
L’hôpital dispose de deux mois pour répondre. Son silence vaut décision implicite de rejet, ce qui ouvre ainsi le délai de recours contentieux. Un refus exprès produit le même effet.
Étape 3 — Le recours devant le tribunal administratif
Le contentieux relève du tribunal administratif du ressort de l’établissement. La requête doit être déposée dans un délai de deux mois à compter du refus ou de la décision implicite. Par conséquent, l’assistance d’un avocat est fortement recommandée pour rédiger le mémoire, calculer précisément les montants dus et respecter les délais.
Les pièces à conserver absolument :
- D’abord, l’ensemble des contrats conclus avec l’établissement ;
- Ensuite, les bulletins de salaire correspondants ;
- Par ailleurs, la ou les lettres de non-renouvellement ou de fin de contrat ;
- De même, toute correspondance échangée avec l’établissement ;
- Enfin, le récépissé de votre lettre recommandée de réclamation.
À titre d’exemple, les montants récupérés peuvent être très significatifs. Pour un praticien rémunéré 5 000 € bruts par mois pendant 3 ans de contrat(s) relevant de l’ancien régime, l’indemnité à 10 % représente environ 18 000 € bruts. Ces sommes justifient donc pleinement d’engager une procédure contentieuse.
Indemnité de précarité des praticiens contractuels : chronologie de la réforme
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2010 → 2022 → 2025 → 2026 : textes et arrêts clés |
| Date |
Texte / Décision et portée |
| 2010 |
Création de l’indemnité de précarité — 10 % des salaires bruts, sans condition de rémunération (art. R6152-402 CSP, depuis abrogé) |
| Février 2022 |
Publication du décret n° 2022-135 et de l’arrêté du 5 fév. 2022 : statut unique, plafond de rémunération — praticiens dépassant ~51 215 € bruts/an exclus de l’indemnité de précarité |
| Octobre 2022 |
Arrêt CAA Nantes, req. n° 22NT00422 du 28 octobre 2022 : le refus de postuler à un poste PH déclaré vacant équivaut à un refus de CDI → indemnité non due (attention l’arrêt est contraire à l’arrêt 23NT02211 du 5 avril 2024. |
| 23 janv. 2024 |
CAA Lyon, req. n° 21LY03611 : indemnité due à l’issue du contrat non renouvelé, sans condition supplémentaire |
| 5 avr. 2024 |
CAA Nantes, req. n° 23NT02211 : le praticien inscrit au concours de PH conserve son indemnité de précarité, dès lors que l’établissement. » Il résulte de l’instruction que, à l’issue du contrat à durée déterminée conclu le 21 février 2020 avec M. A…, le centre hospitalier d’Argentan a déclaré vacant un poste de praticien hospitalier titulaire dans sa spécialité afin de rendre possible son recrutement s’il se présentait et était reçu au concours de praticien hospitalier titulaire. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que l’abstention de M. A… de présenter sa candidature à ce concours ne saurait être assimilée au refus d’une proposition de contrat à durée indéterminée au sens du 3° de l’article L. 1243-10 du code du travail « |
| Déc. 2024 |
Décret n° 2024-1133 : restriction de l’accès au contrat « motif 2 » — expérience de 5 ans désormais requise |
| 30 avr. 2025 |
TA Amiens, req. n° 2302934 : calcul de la prime sur les émoluments fixes réglementaires (art. R6152-355 CSP), non sur la rémunération totale perçue |
| 2025-2026 |
Fenêtre de prescription quadriennale encore ouverte pour les contrats arrivés à terme en 2022 (jusqu’au 31 décembre 2026), en 2023 (jusqu’en 2027), en 2024 (jusqu’en 2028) et en 2025 (jusqu’en 2029) — les praticiens concernés doivent agir sans tarder |
FAQ — Indemnité de précarité des praticiens hospitaliers contractuels
| ? |
Un praticien contractuel a-t-il droit à une prime de précarité ? |
Oui, en principe. Mais les conditions varient selon la date du contrat. En effet, pour les contrats conclus avant le 7 février 2022, le praticien a droit à l’indemnité de précarité sans condition de revenus. En revanche, pour les contrats conclus après cette date, le praticien perd ce droit si sa rémunération brute annuelle dépasse 30 % du seuil minimum réglementaire — ce qui touche la majorité des praticiens expérimentés.
| ? |
Mon établissement a renouvelé mon contrat plusieurs fois. Ai-je droit à l’indemnité à chaque non-renouvellement ? |
En principe, chaque contrat arrivant à terme sans être poursuivi peut ouvrir droit à une indemnité distincte. Toutefois, la prescription quadriennale limite le nombre de contrats pris en compte : les droits acquis il y a plus de 4 ans sont atteints par la prescription. L’établissement peut l’opposer pour réduire le montant dû (TA Amiens, 30 avril 2025, req. n° 2302934). Il est donc essentiel d’agir sans attendre.
Questions sur les refus et les délais
| ? |
L’hôpital peut-il refuser de payer l’indemnité de précarité ? |
L’établissement peut légalement refuser dans les cas prévus par les textes et la jurisprudence : refus de CDI, rupture à l’initiative du praticien, faute grave, rémunération dépassant le plafond pour les nouveaux contrats, ou refus de postuler à un poste déclaré vacant au concours de PH dans sa spécialité (CE, 29 sept. 2020, req. n° 423986 ; CAA Nantes, 28 oct. 2022, req. n° 22NT00422). En dehors de ces cas, le refus est illégal et contestable devant le tribunal administratif.
| ? |
Quel délai pour réclamer l’indemnité de précarité ? |
La loi du 31 décembre 1968 fixe ce délai à 4 ans. Il court à compter du 1er janvier de l’année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Ainsi, pour un contrat terminé en 2022, le délai a démarré le 1er janvier 2023 et expire le 31 décembre 2026 — il est donc encore possible d’agir en 2026. Pour un contrat terminé en 2023, le délai expire le 31 décembre 2027.
Questions sur le nouveau régime de l’indemnité de précarité
| ? |
Le nouveau statut de 2022 supprime-t-il totalement l’indemnité de précarité ? |
Non, formellement. Mais le plafond de rémunération introduit par l’arrêté du 5 février 2022 exclut en pratique la grande majorité des praticiens contractuels expérimentés. Un établissement peut éviter le versement de l’indemnité dès lors que la rémunération dépasse le seuil réglementaire — ce qui est très souvent le cas.
Faut-il un avocat pour réclamer son indemnité de précarité ?
| ? |
L’avocat est-il indispensable pour réclamer l’indemnité de précarité ? |
La réclamation préalable peut être effectuée directement par le praticien, par lettre recommandée avec accusé de réception. En revanche, si l’établissement refuse et que le praticien décide de saisir le tribunal administratif, l’assistance d’un avocat est vivement recommandée pour rédiger le mémoire, calculer précisément les montants dus et gérer les délais. Les montants en jeu justifient généralement largement cet investissement.
Votre hôpital n’a pas versé votre indemnité de précarité ? La prescription court. Agir maintenant peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Me Michèle BAUER analyse votre situation, vérifie si vos contrats relèvent de l’ancien ou du nouveau régime, et vous accompagne dans la procédure de réclamation et le recours contentieux devant le tribunal administratif.
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous le samedi
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Consultations par téléphone et visioconférence disponibles
Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER accompagne les praticiens hospitaliers contractuels dans leurs recours en indemnité de précarité devant les tribunaux administratifs. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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