“Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.” Bertolt Brecht
8 mars 2014
La rupture conventionnelle expliquée en images.
La rupture conventionnelle a été introduite dans le Code du travail le 25 juin 2008. En 2008, j’avais réalisé cette vidéo pour l’expliquer simplement, en images. Seize ans plus tard, ce dispositif a profondément changé — et pas toujours dans l’intérêt des salariés. Il a été dévoyé, taxé, menacé de suppression, puis réformé. Voici l’état du droit en 2026 : la procédure, les droits, les pièges — et mon regard critique sur ce que ce mécanisme est devenu.
Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux depuis 2003, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, accompagne salariés et employeurs dans la négociation des ruptures conventionnelles devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023).
Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux · Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (samedi sur RDV) · Prendre rendez-vous →
La rupture conventionnelle en 2026 — vidéo, procédure et bilan critique
Mis à jour le 3 mai 2026
La vidéo d’archives — rupture conventionnelle expliquée en images (2008)
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Archives 2008 — Me Michèle BAUER explique la rupture conventionnelle
Cette vidéo date de 2008, année de l’introduction de la rupture conventionnelle dans le Code du travail par la loi n°2008-596 du 25 juin 2008. Les mécanismes de base restent valables — mais de nombreux points ont évolué depuis : coût pour les employeurs, durée d’indemnisation chômage, conditions de contestation. Tout est détaillé ci-dessous.
Qu’est-ce que la rupture conventionnelle en 2026 ?
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Définition, principe et cadre légal — art. L1237-11 du Code du travail
La rupture conventionnelle est un mode de fin de contrat de travail à l’initiative commune du salarié et de l’employeur (art. L1237-11 du Code du travail). Ce n’est ni un licenciement, ni une démission — c’est une séparation négociée. En conséquence, elle ouvre droit aux allocations France Travail et à une indemnité spécifique, au moins égale à l’indemnité légale de licenciement.
Ce que la rupture conventionnelle n’est pas
Ce n’est pas un droit absolu. Le salarié ne peut pas forcer son employeur à l’accepter au lieu d’une démission. De même, l’employeur ne peut pas l’imposer à un salarié qui refuse. Les deux parties doivent consentir librement et c’est précisément là que le bât blesse souvent en pratique.
Un succès qui a suscité la méfiance des pouvoirs publics
Depuis 2008, plus de 500 000 ruptures conventionnelles sont signées chaque année en France. Ce succès a rapidement attiré les critiques des pouvoirs publics, qui y voient un coût élevé pour l’assurance chômage. Toutefois, comme je l’explique dans mes articles sur les statistiques UNEDIC mal interprétées par le gouvernement, ces chiffres sont trompeurs : les ruptures conventionnelles concernent majoritairement des cadres aux salaires élevés, ce qui explique mécaniquement un coût d’indemnisation plus élevé — sans que cela reflète un abus.
En 2026, la rupture conventionnelle est plus chère pour les employeurs et moins avantageuse pour les salariés. Deux raisons : la hausse de la contribution patronale à 40 % depuis le 1er janvier 2026, et la réforme de l’assurance chômage en cours. Avant de signer, consultez un avocat spécialiste.
La procédure de rupture conventionnelle étape par étape
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De l’entretien à l’homologation — les 4 étapes obligatoires
Étape 1 — L’entretien de négociation
La loi impose au moins un entretien pour discuter des conditions de la rupture. Lors de cet entretien, le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou par un conseiller du salarié (liste disponible à la mairie ou à la DREETS). En outre, si le salarié se fait assister, il doit en informer l’employeur à l’avance — qui peut alors aussi se faire assister.
Étape 2 — La signature de la convention
La convention fixe deux points essentiels : le montant de l’indemnité spécifique (au moins égale à l’indemnité légale de licenciement) et la date de fin du contrat. C’est ici que se jouent les négociations — et que l’assistance d’un avocat fait toute la différence.
Étape 3 — Le délai de réflexion de 15 jours
À compter de la signature, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour changer d’avis. Ce droit de rétractation s’exerce par lettre adressée à l’autre partie, par tout moyen permettant d’en attester la réception. Une fois ce délai expiré sans rétractation, la procédure se poursuit.
Étape 4 — L’homologation par la DREETS
À l’issue du délai de réflexion, la partie la plus rapide adresse la demande d’homologation à la DREETS. L’administration dispose de 15 jours ouvrables pour vérifier la régularité de la procédure. Sans réponse dans ce délai, l’homologation est acquise. Le contrat prend fin le lendemain.
Attention aux salariés protégés — délégués syndicaux, membres du CSE. Pour eux, la rupture conventionnelle n’est pas homologuée par la DREETS : elle doit être autorisée par l’inspection du travail. La procédure est plus longue et plus exigeante.
Indemnité de rupture conventionnelle : calcul et négociation
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Minimum légal, négociation et contribution patronale à 40 % en 2026
L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Le calcul repose sur le salaire de référence (le plus favorable entre la moyenne des 12 ou des 3 derniers mois bruts) et l’ancienneté :
Jusqu’à 10 ans d’ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année
Au-delà de 10 ans : 1/3 de mois de salaire par année supplémentaire
Exemple : 8 ans d’ancienneté, 2 500 € bruts/mois → 8 × (2 500 × 1/4) = 5 000 € bruts minimum. Toutefois, cette indemnité est un plancher — pas un plafond. De nombreux éléments justifient de négocier davantage : ancienneté importante, difficultés à retrouver un emploi, clause de non-concurrence, primes non intégrées.
La contribution patronale à 40 % depuis janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les employeurs paient une contribution de 40 % sur le montant de l’indemnité (contre 30 % auparavant, et 20 % avant 2023). Cette hausse rend la rupture conventionnelle plus coûteuse pour les entreprises. En conséquence, certains employeurs hésitent davantage à l’accepter — ou proposent des indemnités plus basses. Comme je l’explique dans mon article sur la rupture conventionnelle plus chère pour les employeurs, cette hausse risque surtout de pénaliser les salariés qui en ont le plus besoin.
N’oubliez pas d’intégrer dans le calcul : primes régulières, avantages en nature, heures supplémentaires structurelles et clause de non-concurrence. Ces éléments peuvent augmenter l’indemnité de façon significative. Les pièges à éviter et comment négocier →
Rupture conventionnelle et chômage — les changements de 2026
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La réforme de l’assurance chômage — durées raccourcies dès septembre 2026
La rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations France Travail — c’est son principal avantage par rapport à la démission. Toutefois, un accord interprofessionnel du 25 février 2026 (CFDT, FO, CFTC, Medef, CPME) prévoit de réduire la durée maximale d’indemnisation. Le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 25 mars 2026 — le vote du Parlement est encore nécessaire. Les règles actuelles restent donc applicables jusqu’à la promulgation.
Les nouvelles durées prévues après la réforme
Moins de 55 ans : 15 mois au lieu de 18 mois actuellement
55 ans et plus : 20,5 mois au lieu de 22,5 à 27 mois actuellement
En pratique, si vous envisagez une rupture conventionnelle, il peut être préférable de l’homologuer avant l’entrée en vigueur — prévue pour septembre 2026 — pour bénéficier des règles actuelles. Quitter son CDI sans perdre ses droits au chômage →
Si vous avez plus de 55 ans, la réforme est encore plus pénalisante pour vous. Consultez rapidement un avocat spécialiste pour évaluer si une homologation avant septembre 2026 est dans votre intérêt.
Mon regard critique sur 16 ans de rupture conventionnelle
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Entre dévoiement et utilité réelle — ce que les chiffres et la pratique disent
En 2008, la rupture conventionnelle a été présentée comme un « divorce à l’amiable » entre salarié et employeur. Seize ans après, le bilan est plus nuancé — et je l’avais anticipé dès mes premières prises de position publiques.
Un dispositif dévoyé — dans les deux sens
D’un côté, certains employeurs l’utilisent comme un licenciement déguisé — un moyen de se séparer d’un salarié sans motif réel, avec un risque de contestation quasi nul. D’un autre côté, certains salariés l’utilisent comme une démission déguisée — pour partir sans perdre leurs droits au chômage. Les statistiques de la DARES le confirment : plus d’un quart des fins de CDI des salariés de 58 à 60 ans sont des ruptures conventionnelles. Mon analyse complète sur les 17 ans de la rupture conventionnelle →
Une rupture difficile à contester
La Cour de cassation n’annule la rupture conventionnelle que dans des cas très précis : violence morale liée à un harcèlement (Cass. soc., 30 janvier 2013), état dépressif sévère au moment de la signature (Cass. soc., 16 mai 2018) ou défaut d’information sur les droits au chômage (Cass. soc., 5 novembre 2014). En dehors de ces hypothèses, la rupture tient même si le contexte était conflictuel.
Ce que je dis à mes clients avant de signer
Ne signez jamais une rupture conventionnelle sans avoir au préalable : vérifié le calcul de votre indemnité en incluant toutes vos primes et avantages, évalué si un licenciement ne vous serait pas plus favorable, vérifié l’absence de clause de non-concurrence non compensée et analysé l’impact de la réforme chômage en cours sur votre situation personnelle. La procédure et ses dangers →
La rupture conventionnelle n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Tout dépend de votre situation. Dans certains cas, c’est la meilleure solution. Dans d’autres, elle vous fait perdre des droits que vous n’imaginez pas. Avant de signer, consultez.
FAQ — Rupture conventionnelle à Bordeaux et en Gironde
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Mon employeur peut-il me forcer à signer une rupture conventionnelle ?
Non. La rupture conventionnelle repose sur le consentement libre des deux parties. Si votre employeur exerce des pressions ou vous présente ce choix comme la seule alternative à un licenciement pour faute, votre consentement peut être vicié. Vous disposez alors d’un délai d’un an à compter de l’homologation pour saisir le Conseil de prud’hommes et demander l’annulation.
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Peut-on signer une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?
Oui, juridiquement. La loi ne l’interdit pas. Toutefois, le risque de vice de consentement est plus élevé en période d’arrêt maladie — notamment en cas de burn-out ou d’état dépressif. La Cour de cassation a annulé des ruptures conventionnelles signées par des salariés dont l’état de santé altérait leur capacité à consentir (Cass. soc., 16 mai 2018). Avant de signer, consultez votre médecin et un avocat.
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Combien de temps pour contester une rupture conventionnelle ?
Un an à compter de la date d’homologation (art. L1237-14 du Code du travail). Ce délai est d’ordre public — passé ce délai, la contestation est irrecevable. Toutefois, la Cour de cassation exige la preuve d’un vice de consentement réel. Le contexte conflictuel seul ne suffit pas.
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Mon employeur refuse la rupture conventionnelle — que faire ?
Si votre employeur refuse et que vous avez des griefs graves à lui reprocher — harcèlement moral, non-paiement de salaire — vous pouvez envisager une prise d’acte de la rupture. Toutefois, cette démarche est risquée : si les griefs ne sont pas suffisamment graves, le Conseil de prud’hommes peut la requalifier en démission, et vous perdez tous vos droits. Consultez avant d’agir.
Rupture conventionnelle à Bordeaux — prenez conseil avant de signer
Avant de signer, faites vérifier votre indemnité et analyser votre situation par Me Michèle BAUER — avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux depuis 2003.
Elle intervient pour les salariés et employeurs de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Bègles, Gradignan, Cenon, Lormont, Libourne et du Bassin d’Arcachon (Gujan-Mestras, Arcachon, La Teste-de-Buch).
📍 33 Cours Pasteur, Bordeaux · Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (samedi sur RDV)
Avocat Bordeaux- Avocat Gujan-Mestras-Avocat Arcachon- Spécialisée en droit du travail- Avocat Bordeaux en droit de la famille- Avocat Bordeaux divorce -Avocat Bordeaux droit pénal- Avocat Bordeaux Tribunal correctionnel- Avocat Bordeaux Cour d’Assises.
Je vous assiste et vous défend devant les Conseils de Prud’hommes de Bordeaux et Libourne, les juges aux affaires familiales de Bordeaux, Arcachon et Libourne, le Tribunal Correctionnel de Bordeaux, la Cour d’Assises de la Gironde. Je vous reçois à Bordeaux et à mon Cabinet secondaire sur le Bassin d’Aracachon, à Gujan-Mestras.
Consultation rapide de 20 minutes à mon cabinet, au téléphone ou en visio:
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