Me Michèle BAUER, avocate à Bordeaux depuis 2003, intervient en droit du travail, droit de la famille et droit pénal devant les juridictions de Bordeaux, Libourne et Arcachon.
Elle accompagne ses clients devant le Conseil de prud’hommes, le Tribunal judiciaire, le Tribunal administratif et la Cour d’appel. Dans chacune de ces instances, elle sollicite systématiquement une indemnité au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
Elle intervient pour les particuliers et entreprises de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.
Mis à jour 18 mars 2026
Si vous suivez un contentieux en cours, vous avez probablement remarqué qu’à la fin de nos conclusions, nous sollicitons presque toujours une indemnité au titre de l’article 700 du Code de procédure civile. Mais que signifie concrètement cet article ? À quoi sert-il ? Et pourquoi les sommes accordées varient-elles autant selon les juridictions ?
Voici une explication claire, fondée sur ma pratique quotidienne devant les juridictions bordelaises.
Article 700 du CPC : tout comprendre sur les frais de justice non compris dans les dépens
Qu’est-ce que l’article 700 du Code de procédure civile ?
| 1 |
Définition et texte de l’article 700 du CPC |
L’article 700 du Code de procédure civile dispose que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même, d’office, décider qu’il n’y a pas lieu à condamnation.
Concrètement, cet article institue un mécanisme indemnitaire distinct des dépens. Son objet est de compenser les frais engagés pour le procès qui n’entrent pas dans la catégorie des dépens (droits de plaidoirie, émoluments d’officiers ministériels, frais d’expertise judiciaire…). Peuvent ainsi figurer dans une demande au titre de l’article 700 : les honoraires d’avocat, les frais de déplacement, les frais de correspondances et, plus généralement, tous les frais non recouvrables autrement.
C’est le juge qui apprécie souverainement le montant alloué. Il décide librement si l’équité commande d’accueillir ou de rejeter cette demande et pour quel montant.
Article 700 et dépens : quelle différence ?
| 2 |
En quoi l’article 700 se distingue-t-il des dépens ? |
Les dépens regroupent les frais dont la liste est fixée par la loi : droits de plaidoirie, émoluments des officiers ministériels (huissier, notaire), frais d’expertise judiciaire ordonnée par le juge. En principe, la partie perdante supporte les dépens.
À l’inverse, l’article 700 couvre tous les autres frais : honoraires d’avocat, frais de déplacement, frais de traduction, frais d’expertise amiable, etc. Ces frais ne font l’objet d’aucun tarif légal. Leur remboursement dépend donc entièrement de l’appréciation du juge.
En résumé : les dépens sont automatiquement recouvrables selon des règles précises. L’article 700, en revanche, laisse au juge un pouvoir discrétionnaire total sur le montant et même sur le principe de la condamnation.
Qui désigne le juge comme débiteur de l’article 700 ?
| 3 |
Qui doit payer l’article 700 : la partie perdante ou la partie condamnée aux dépens ? |
Le texte organise une désignation en deux temps. En premier lieu, le juge condamne la partie tenue aux dépens. À défaut — c’est-à-dire lorsque les dépens ne permettent pas de désigner clairement un débiteur — il condamne la partie perdante.
Cette distinction laisse au juge une marge d’appréciation réelle selon la solution du litige. Ainsi, dans certaines décisions, le juge peut condamner une partie aux dépens tout en refusant de la condamner au titre de l’article 700, ou inversement. Tout dépend de l’équité et de la situation économique des parties.
Le juge peut également d’office , sans même que la partie le demande, décider qu’il n’y a pas lieu à condamnation au titre de l’article 700. Il dispose donc d’une totale liberté dans les deux sens.
Article 700 en pratique : ce que les juridictions bordelaises accordent réellement
| 4 |
Quels montants les juridictions accordent-elles concrètement ? |
Le Conseil de prud’hommes : une juridiction peu généreuse
Les Conseils de prud’hommes restent les juridictions les moins généreuses en matière d’article 700. À Bordeaux, les montants accordés aux salariés se situent entre 300 et 800 euros maximum. Quant aux employeurs condamnés à payer un article 700 au salarié, le montant dépasse rarement 100 euros, j’ai même obtenu 50 euros pour l’un de mes clients employeur !
Cette pratique illustre malheureusement une méconnaissance persistante du coût réel du travail de l’avocat. Un dossier prud’homal complet: consultation, analyse du dossier, rédaction des conclusions, audience représente plusieurs dizaines d’heures de travail. Une indemnité de 300 euros ne couvre donc qu’une infime partie de ces honoraires.
Le Tribunal judiciaire : une évaluation plus réaliste
À l’inverse, le Tribunal judiciaire évalue le travail de l’avocat de façon bien plus correcte. Les indemnités accordées au titre de l’article 700 se situent généralement entre 1 500 et 2 500 euros. C’est encore en deçà des honoraires réels, mais c’est nettement plus représentatif de la réalité du travail effectué.
Le Tribunal administratif : une logique différente
Les Tribunaux administratifs adoptent une approche plus équitable. En effet, ils accordent souvent des indemnités proches des honoraires effectivement demandés au client. Cette pratique reflète davantage la réalité économique du contentieux.
Le Pôle de proximité du Tribunal judiciaire (ex-Tribunal d’instance)
Le Tribunal d’instance de Bordeaux ,désormais intégré au Pôle Protection et Proximité du Tribunal judiciaire ,aligne sa politique sur celle du Conseil de prud’hommes. Les montants restent donc modestes.
L’article 700 permet-il de récupérer ses honoraires d’avocat ?
| 5 |
Si je gagne mon procès, vais-je récupérer mes honoraires d’avocat ? |
Pas intégralement. L’article 700 permet de récupérer une partie des frais engagés, mais rarement leur totalité. Tout dépend de la juridiction saisie et de l’appréciation du juge.
Devant le Conseil de prud’hommes notamment, il ne faut pas compter sur l’article 700 pour couvrir ses honoraires d’avocat. La réalité est que cette juridiction ne reconnaît pas ,ou très peu, le coût réel d’un dossier traité par un avocat. Il reste donc beaucoup de travail pour faire comprendre aux juges qu’un avocat ne facture pas 300 euros par dossier, et qu’une telle facturation ne lui permettrait pas de couvrir ses charges.
Conseil pratique : lorsque vous estimez vos chances de succès et votre budget pour un contentieux, ne comptez donc pas sur l’article 700 pour rembourser vos honoraires d’avocat, surtout devant les prud’hommes. Considérez le comme un bonus éventuel, pas comme une garantie.
FAQ — Article 700 du CPC
| ? |
L’article 700 s’applique-t-il dans toutes les juridictions ? |
Oui. Le texte le précise expressément : l’article 700 s’applique dans « toutes les instances ». Il concerne donc le Conseil de prud’hommes, le Tribunal judiciaire, le Tribunal de commerce, le Tribunal administratif, la Cour d’appel et la Cour de cassation. Chaque juridiction garde toutefois sa propre politique en matière de montants accordés.
| ? |
Le juge est-il obligé d’accorder une indemnité au titre de l’article 700 ? |
Non. Le juge dispose d’un pouvoir souverain. Il peut accorder une indemnité, la refuser, ou même réduire le montant demandé. Il peut également d’office décider qu’il n’y a pas lieu à condamnation, sans que la partie adverse l’ait demandé. L’équité et la situation économique de la partie condamnée guident son appréciation. Devant le Conseil de Prud’hommes, très souvent l’équité commande de ne pas condamner le salarié qui n’a pas les mêmes moyens que l’employeur à une indemnité au titre de l’article 700 du CPC.
| ? |
Puis-je demander un article 700 même si je suis bénéficiaire de l’aide juridictionnelle ? |
Oui. L’article 700 trouve son fondement légal dans l’article 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique. Lorsque la partie bénéficiaire de l’aide juridictionnelle obtient gain de cause, l’avocat peut percevoir directement de la partie adverse la somme allouée au titre de l’article 700. Cette somme vient alors en déduction de la rétribution versée par l’État.
| ? |
Que se passe-t-il si je perds mon procès ? Dois-je payer un article 700 à la partie adverse ? |
C’est possible. Si vous perdez, le juge peut vous condamner à payer à la partie adverse une somme au titre de l’article 700. Le montant varie selon la juridiction et l’appréciation du juge. Devant le Conseil de prud’hommes, les sommes mises à la charge du salarié perdant dépassent rarement 200 euros. Devant le Tribunal judiciaire en revanche, les montants peuvent être plus significatifs.
Une question sur les frais de procédure ou votre contentieux en cours ?
Vous souhaitez agir en justice?
Me Michèle BAUER intervient en droit du travail, droit de la famille et droit pénal devant les juridictions de Bordeaux, Libourne, Arcachon et Paris. Elle demande quasi- systématiquement une indemnité au titre de l’article 700 dans tous ses dossiers (souvent en droit de la famille, l’article 700 du CPC n’est pas demandé car il s’agit d’apaiser).
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux
📍 Cabinet secondaire : Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) — sur rendez-vous uniquement le samedi
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Consultation : 40 € TTC 20 mn · 96 € TTC au-delà · Urgence 120 € · Consultations par téléphone et visioconférence disponibles
Me Michèle BAUER
Avocate à Bordeaux · Barreau de Bordeaux depuis 2003
Droit du travail · Droit de la famille · Droit pénal · Bordeaux · Libourne · Arcachon
Me Michèle BAUER intervient devant le Conseil de prud’hommes, le Tribunal judiciaire et la Cour d’appel de Bordeaux. Elle accompagne ses clients dans leurs litiges en droit du travail, en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
Prendre rendez-vous
Honoraires