Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation depuis 2017, représente salariés et employeurs devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
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Mis à jour le 10 mai 2026.
« Je n’ai plus que mon bleu de travail » — le barème Macron en face à face
Il y a des consultations qui marquent. Celle de Bernard en est une. Trente-deux ans d’ancienneté, un licenciement pour faute grave, et le barème Macron qui plafonne son indemnisation. Voici son histoire et ce qu’elle révèle de notre droit du travail.
La consultation de Bernard
Un homme qui a tout gardé dans des enveloppes recommandées
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Premier rendez-vous : Bernard trie ses papiers |
Bernard entre dans mon cabinet. Il porte un blouson avec le nom et le slogan de son ancienne entreprise. Je lui demande pour qui il travaille. Il me montre le blouson. Il ne prononce pas le nom de son ancien employeur — celui qui vient de le licencier après 32 ans. En silence.
Les larmes aux yeux, il trie ses papiers. Il les a précieusement gardés dans des enveloppes recommandées. Il me dit que c’est sa fille qui lui a conseillé de tout conserver. Sa fille a fait des études. Elle est institutrice. C’est elle qui l’aide pour les papiers.
« Vous savez Maître, moi je sais à peine écrire, je n’ai pas été à l’école… »
Je lui demande son contrat de travail.
« Mon contrat mais Maître ça fait 32 ans, je sais plus où je l’ai mis. Je sais même pas si j’ai signé quelque chose. J’ai débuté comme ouvrier spécialisé, puis j’ai fini chef d’atelier. J’étais trop bien payé à la fin, je l’ai vu venir. La nouvelle direction n’aimait pas les vieux. Y en a plusieurs qui ont été virés avant moi. »
Il me tend une enveloppe.
« Je crois que c’est ça que vous voulez voir. Mon licenciement. J’ai rien eu, rien. Je sais même pas combien j’aurai au chômage. Je comprends rien. J’ai plein de papiers à remplir, en plus sur internet. Je comprends rien à internet. Je vais demander à ma fille de m’aider. »
La lettre de licenciement : des reproches sans précédent
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Faute grave : des pauses café et 15 minutes de retard |
Je lis la lettre de licenciement. L’employeur invoque une faute grave. Il reproche à Bernard d’avoir insulté ses collègues — lesquels auraient signalé une souffrance au travail. Par ailleurs, l’employeur lui reproche des pauses café et cigarette trop longues. Et un retard de 15 minutes qui aurait désorganisé la journée.
Je lui demande alors si ses employeurs l’avaient déjà sanctionné.
« Non Maître, j’ai toujours bien travaillé. Je me portais toujours volontaire pour remplacer mes collègues. J’ai toujours bien fait mon boulot. Je pensais finir mes jours là-bas. »
Aucun avertissement. Aucune mise à pied. En somme, trente-deux ans de bons et loyaux services et une lettre de licenciement pour faute grave.
Le barème Macron expliqué à Bernard
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20 mois de salaire pour 32 ans de vie |
Je dois lui expliquer le droit. Je dois lui parler du barème Macron.
« Vous le savez sans doute, Monsieur. Avec le barème Macron, l’indemnisation pour un licenciement abusif est limitée. Dans votre cas, vous aurez droit à 3 mois de salaire brut au minimum et 20 mois au maximum. En plus de votre indemnité de licenciement, de votre préavis et des éventuels rappels de salaires. »
Bernard me regarde. Fixement. Tristement.
« 20 mois pour 32 ans de ma vie. Il a le droit de tout faire. Je suis sûr qu’il se dit que je vais rien faire parce que je sais pas bien lire ni écrire. Je pensais que j’allais finir mes jours là-bas, Maître. Je ne suis plus rien. Je n’ai plus que ce bleu de travail »
Il pince son blouson et me le montre.
« … avec lequel je fais mon bricolage. »
Je suis avocate depuis plus de vingt ans. Cette phrase-là, je ne l’oublie pas.
Les Bernard sont nombreux
Un permis de licencier déguisé en protection
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Ce que le barème Macron autorise réellement |
Depuis la mise en place du barème Macron, je reçois beaucoup de Bernard. Des hommes et des femmes qui ont toujours bien travaillé. Qui approchent de la retraite. Qui coûtent un peu plus cher qu’un jeune Kevin ou Augustin.
Désormais, leurs employeurs n’ont plus de scrupules. Ils font un calcul : combien coûte ce salarié jusqu’à sa retraite ? Combien coûte un licenciement aujourd’hui ? Le barème rend ce calcul prévisible. Trop prévisible.
Les promoteurs du barème l’ont présenté comme un outil pour lutter contre le chômage. Les employeurs allaient, paraît-il, embaucher plus librement. Quelle hypocrisie. En réalité, certains employeurs comparent le coût d’un salarié ancien jusqu’à sa retraite et celui d’un licenciement bidon. Le résultat est rapide à calculer.
Pour Bernard, le calcul était simple : licencier coûtait moins cher que le maintenir à son poste jusqu’à la retraite. En outre, embaucher un jeune au SMIC revenait encore moins cher. L’employeur le savait. Ainsi, le barème le lui permettait.
Les salariés avec peu d’ancienneté sont aussi victimes
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1 mois de salaire : à quoi bon aller aux prud’hommes ? |
Le barème Macron ne frappe pas seulement les anciens salariés. Il écrase aussi ceux qui ont peu d’ancienneté. En effet, leur indemnisation est faible : un mois de salaire, deux mois. Les salariés renoncent alors aux prud’hommes. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Certains employeurs profitent de cette mécanique. D’abord, ils prolongent les périodes d’essai. Ensuite, ils accumulent les CDD. Car ils savent que le salarié n’ira pas en justice. Le barème leur donne cette assurance. C’est cela, le vrai effet du barème Macron.
Résister : l’argumentaire du Syndicat des Avocats de France
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Contester le barème Macron devant le Conseil de prud’hommes |
En tant qu’avocate militante, je continue à résister à ce barème. Dans chaque dossier, je développe l’argumentaire du Syndicat des Avocats de France (SAF). Cet argumentaire permet de contester l’application du plafonnement. Il vise à faire indemniser les salariés à hauteur du préjudice qu’ils ont vraiment subi.
Des victoires sont possibles
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Contester le barème : ressources et outils |
Vous venez d’être licencié ? Vous avez de l’ancienneté et vous pensez que votre licenciement n’est pas justifié ? Consultez avant d’accepter.
Le barème Macron ne s’applique pas dans tous les cas. Un argumentaire solide peut permettre une indemnisation à la hauteur de votre préjudice réel. Me Michèle BAUER analyse votre dossier et vous défend devant le Conseil de prud’hommes.
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Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient aussi en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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