Me Michèle BAUER, avocate à Bordeaux depuis 2003, accompagne les époux dans toutes les procédures de divorce et de séparation : divorce par consentement mutuel, divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal.

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Publié en 2014. Mis à jour le 17 mai 2026.

Harcèlement téléphonique après séparation : une faute dans le divorce ?

La rupture est rarement d’un commun accord. Inévitablement, l’un a décidé la séparation  et l’autre la subit. Certains époux acceptent et traversent. D’autres n’acceptent pas et harcèlent : appels incessants, SMS à toute heure, traque sur le lieu de travail ou chez des amis. La question est posée : ce harcèlement peut-il constituer une faute dans le divorce ?

Deux cours d’appel ont répondu par l’affirmative : Lyon en 2013 et Douai en 2013. Pour en savoir plus sur les autres motifs de divorce pour faute, consultez notre page avocat en droit de la famille à Bordeaux.

Le harcèlement téléphonique peut-il être une faute dans le divorce ?

? La condition légale : violation grave et renouvelée

Au début d’une rupture, des appels fréquents, parfois désespérés, peuvent sembler normaux. C’est l’état de choc. Mais passé ce moment, recevoir des appels incessants sur son portable, au travail, chez des amis, à toute heure de la nuit… change de nature. Cela fatigue, énerve, épuise. Et juridiquement, cela peut constituer une faute.

Pour qu’un comportement soit retenu comme faute dans le divorce, il doit constituer une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage et rendre intolérable le maintien de la vie commune, selon l’article 242 du Code civil.

Deux arrêts de cours d’appel de 2013 ont appliqué ce critère au harcèlement téléphonique. Leurs enseignements convergent sur l’essentiel — mais diffèrent sur un point : la question des fautes réciproques.

CA Lyon, 12 mars 2013 : harcèlement retenu comme faute exclusive

1 CA Lyon, 12 mars 2013, n° 12/02690 — les faits

Dans cette affaire, l’épouse subissait un harcèlement téléphonique régulier de la part de son époux. Elle en apportait la preuve par de nombreuses attestations. Elle démontrait par ailleurs que ce harcèlement avait des incidences directes sur son état de santé et son humeur — la rendant triste, abattue, voire désespérée.

La Cour d’appel de Lyon a jugé que ces agissements constituaient une violation renouvelée des devoirs et obligations du mariage rendant intolérable le maintien de la vie commune. En conséquence, le divorce pour faute aux torts du mari a été prononcé.

Référence : CA Lyon, 12 mars 2013, n° 12/02690

CA Douai, 7 février 2013 : 46 appels en une nuit

2 CA Douai, 7 févr. 2013, n° 12/02468 — les faits

Cette affaire est particulièrement documentée. Entre 2008 et 2011, le mari avait adopté un comportement qualifié par la cour de « jaloux et possessif ». Il avait « traqué et harcelé » son épouse, et s’était montré « menaçant verbalement » à son égard.

Les preuves étaient objectives et précises :

  • D’abord, des procès-verbaux de police relatant 46 appels téléphoniques en une seule nuit ;
  • Ensuite, des constats d’huissier (appelés maintenant commissaires de justice) décrivant de très nombreux SMS, jusque tard dans la nuit avec des volumes chiffrés par date : 7, 10 et jusqu’à 20 SMS selon les nuits mentionnées.

Le mari soutenait que ces messages relevaient d’une démarche de « reconquête ». La cour a écarté cet argument sans hésitation. Elle a jugé qu’un comportement caractérisé par la traque, la répétition des appels et SMS, et les menaces verbales, excluait toute idée de reprise de la vie commune.

En conséquence, la cour a retenu que ces faits constituaient une violation grave et renouvelée des devoirs et obligations du mariage rendant intolérable le maintien de la vie commune.

Particularité : contrairement à l’arrêt de Lyon, la cour de Douai a retenu des fautes imputées aux deux époux — solution de torts partagés. Elle a néanmoins confirmé le jugement de première instance en toutes ses dispositions.

Ce que ces arrêts signifient pour votre situation

3 Prouver le harcèlement : les éléments décisifs

Ces deux arrêts enseignent plusieurs choses essentielles. D’abord, le harcèlement téléphonique peut constituer une faute dans le divorce — mais encore faut-il le prouver. Ensuite, la preuve doit être précise, chiffrée et objective.

En pratique, les éléments les plus efficaces sont :

  • D’abord, les procès-verbaux de police ou de gendarmerie constatant les appels ou les incidents ;
  • Ensuite, les constats de commissaires de justice dressés sur les SMS ou messages reçus,  avec dates, heures et volumes ;
  • Par ailleurs, les attestations de proches, collègues ou témoins décrivant le comportement harcelant ;
  • Enfin, les certificats médicaux établissant les conséquences sur la santé (dépression, anxiété, troubles du sommeil).
L’argument de la « reconquête » , que le harceleur invoque souvent,  ne suffit pas à écarter la qualification de faute. La cour de Douai l’a clairement rejeté : la répétition, la traque et les menaces parlent d’elles-mêmes. Pour en savoir plus sur la procédure de divorce pour faute, consultez notre page sur le divorce à Bordeaux.


Votre époux ou épouse vous harcèle depuis la séparation ? Vous souhaitez engager un divorce pour faute ? Me Michèle BAUER vous accompagne.

Le cabinet vous aide à constituer votre dossier de preuves et à engager la procédure de divorce adaptée à votre situation — divorce pour faute, divorce par consentement mutuel ou divorce pour altération définitive du lien conjugal.

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Avocate · Barreau de Bordeaux depuis 2003

Droit de la famille · Divorce · Droit du travail · Droit pénal

Me Michèle BAUER intervient en droit de la famille (divorce, garde d’enfants, pension alimentaire), en droit du travail et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.

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