Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation depuis 2017, accompagne salariés et employeurs devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
📍 33 Cours Pasteur, Bordeaux · 📍 Gujan-Mestras (droit du travail uniquement, le samedi) · 📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Publié le 11 septembre 2019. Mis à jour le 10 mai 2026.
Barème Macron : le Conseil de prud’hommes du Havre résiste
Le 17 juillet 2019, certains se réjouissaient de l’avis de la Cour de cassation. Ils affirmaient même que le barème Macron était validé et que c’était la fin de la résistance. Que nenni. C’était sans compter sur l’indépendance des juges et leur juste application du Code de procédure civile : les juges du fond ne sont pas liés par les avis de la Haute Juridiction. Retour sur cette résistance et sur ce qu’elle signifie aujourd’hui.
Mise à jour 2026 : la Cour de cassation a depuis lors définitivement verrouillé l’application du barème Macron (arrêts du 11 mai 2022 et du 9 avril 2025). La résistance des juridictions du fond, bien réelle de 2019 à 2024, a finalement été censurée. Toutefois, des voies de contournement demeurent — nullité du licenciement, discrimination, harcèlement moral. Retrouvez notre
argumentaire pour résister au barème Macron.
La chaîne des résistances (2019)
| 1 |
Grenoble, Troyes, Nevers — puis Le Havre |
Les premiers résistants ont rendu leurs décisions assez rapidement après l’avis de la Cour de cassation du 17 juillet 2019. En effet, dès l’automne 2019, plusieurs Conseils de prud’hommes ont écarté le barème :
Par ailleurs, cette résistance ne s’est pas arrêtée là. Dans les années qui ont suivi, la Cour d’appel de Grenoble (mars et juin 2023), la Cour d’appel de Caen (décembre 2023) et la Cour d’appel de Douai (octobre 2022) ont à leur tour écarté le barème, invoquant la Charte sociale européenne et la Convention n° 158 de l’OIT.
Le jugement du Havre du 10 septembre 2019
Une motivation particulièrement développée
| 2 |
Le barème Macron sécurise l’employeur, pas le salarié |
Le Conseil de prud’hommes du Havre écarte le barème dans un jugement du 10 septembre 2019. Sa motivation est particulièrement développée. En voici les passages essentiels :
« Le but affiché de ce texte est de sécuriser les employeurs dans leur processus de licenciement et non de réparer le préjudice réellement subi. Pour preuve, le simulateur mis en place permettant aux employeurs de calculer leur éventuelle condamnation si le licenciement est déclaré injustifié. Les indemnités octroyées ne sont pas d’un montant suffisamment élevé pour dissuader l’employeur. »
« En définitive, le salarié ne peut pas obtenir la réparation d’un certain nombre de préjudices (conséquences morales sur sa personne et sa famille, sur la santé, financières en termes de rémunérations ou sur ses biens, etc.) par une autre voie judiciaire. »
Cette motivation rejoint exactement ce que le Comité européen des droits sociaux (CEDS) affirmerait deux ans plus tard, en mars 2022 : le barème Macron ne garantit pas une indemnisation adéquate ni un effet dissuasif vis-à-vis des employeurs fautifs.
→ Télécharger le jugement du Havre du 10 septembre 2019 (PDF)
Barème Macron en 2025 : où en est la résistance ?
La Cour de cassation verrouille définitivement
| 3 |
Arrêts des 11 mai 2022 et 9 avril 2025 : fin de la résistance |
Par deux arrêts du 11 mai 2022 (n° 21-14.490 et 21-15.247), la Cour de cassation a mis fin aux divergences entre juridictions. Elle a confirmé que le barème Macron est conforme à la Convention n° 158 de l’OIT et à la Charte sociale européenne — et que les juges du fond ne peuvent pas procéder à un contrôle « au cas par cas ».
En outre, par deux arrêts du 9 avril 2025 (n° 24-13.958 et 24-11.662), la Cour de cassation a censuré les décisions des Cours d’appel de Grenoble et de Caen qui avaient encore écarté le barème. La résistance judiciaire est donc, pour l’heure, définitivement close.
Le Comité européen des droits sociaux (CEDS) — instance internationale indépendante — continue néanmoins de juger le barème Macron contraire à la Charte sociale européenne (décisions de mars et juillet 2022). Mais ses décisions ne produisent pas d’effet direct en droit français, selon la Cour de cassation. C’est précisément ce paradoxe — une condamnation européenne sans effet pratique — qui nourrit notre résistance militante.
Les voies de contournement encore disponibles
| 4 |
Nullité, discrimination, harcèlement : échapper au barème |
Le barème ne s’applique qu’aux licenciements sans cause réelle et sérieuse. Or, dans certaines situations, le licenciement peut être qualifié de nul — ce qui permet d’obtenir une indemnisation non plafonnée, avec un minimum de 6 mois de salaire brut. Les principaux cas de nullité sont les suivants :
- D’abord, la discrimination — fondée sur l’âge, le sexe, l’origine, l’état de santé, etc. ;
- Ensuite, le harcèlement moral — lorsque le licenciement fait suite à des agissements répétés ;
- Par ailleurs, la violation d’une liberté fondamentale — liberté d’expression, droit de grève, droit de témoigner ;
- Enfin, la nullité d’une convention de forfait — qui ouvre droit à des rappels d’heures supplémentaires non plafonnés.
Ces voies ne sont pas des artifices : ce sont des droits. L’avocat spécialisé en droit du travail peut les identifier dès la première consultation et construire une stratégie adaptée. Pour en savoir plus sur notre argumentaire contre le barème : Résistons contre le plafonnement des indemnités pour licenciement illégitime.
Votre licenciement a été déclaré sans cause réelle et sérieuse ? Le barème Macron plafonne votre indemnisation ? Des voies existent pour obtenir une réparation à la hauteur de votre préjudice.
Me Michèle BAUER analyse votre dossier, identifie les voies de nullité disponibles et vous représente devant le Conseil de prud’hommes.
📍 33 Cours Pasteur, Bordeaux · 📍 Gujan-Mestras (droit du travail, le samedi) · Consultation : 40 € TTC 20 mn
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69 · Formulaire de contact →
Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient aussi en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
Prendre rendez-vous
Droit du travail
Simulateur barème Macron