Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, accompagne salariés et employeurs dans les litiges liés aux contrats de chantier — notamment devant le Conseil de prud’hommes de Bordeaux.

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Mise à jour le 31 juillet 2026.

Contrat de chantier : licenciement et droits du salarié

Le contrat de chantier, ou contrat d’opération,est un contrat à durée indéterminée très particulier, régi par l’article L. 1236-8 du Code du travail. Il est utilisé notamment dans le secteur du Bâtiment et des travaux publics, mais aussi dans la construction mécanique. L’ordonnance du 22 septembre 2017 l’a réformé en profondeur. Ce guide vous explique ses conditions de validité, les droits du salarié en cas de licenciement, et les nouvelles dispositions applicables depuis 2017.

Qu’est-ce que le contrat de chantier ou d’opération ?

Un CDI lié à la durée d’un chantier précis

Le contrat de chantier est un contrat à durée indéterminée. L’employeur engage un salarié en précisant dès l’embauche que le contrat est exclusivement lié à la réalisation d’un ouvrage précis. La durée de ce chantier ne peut pas être définie à l’avance avec certitude.

Ce type de contrat est fréquent lors de la construction d’autoroutes ou de lignes ferroviaires (TGV, LGV). On le retrouve également dans les entreprises de BTP pour des projets à durée variable. Sa spécificité : il peut être rompu à la fin du chantier sans constituer un licenciement économique sous réserve que la procédure soit respectée.

Depuis l’ordonnance du 22 septembre 2017, les conditions de recours au contrat de chantier sont fixées par convention ou accord collectif de branche étendu. À défaut d’accord, ce contrat peut être conclu dans les secteurs où son usage était habituel et conforme à l’exercice régulier de la profession au 1er janvier 2017.

Conditions de validité du contrat de chantier

Ce que l’employeur doit impérativement mentionner

Pour être valide, le contrat de chantier doit comporter une clause précisant qu’il est conclu pour un chantier bien déterminé. La rupture interviendra à l’achèvement de ce chantier. Sans cette mention, l’employeur perd en effet le bénéfice du régime dérogatoire.

En outre, les dispositions conventionnelles fixent notamment :

  • La taille des entreprises concernées ;
  • Les activités concernées ;
  • Les mesures d’information du salarié sur la nature de son contrat ;
  • Les contreparties en termes de rémunération et d’indemnité de licenciement ;
  • Les garanties en termes de formation pour le salarié ;
  • Les modalités de rupture si le chantier ne peut pas se réaliser ou se termine de façon anticipée.
Dans le secteur BTP-manutention, un accord du 5 juillet 2019 (étendu par arrêté du 13 mars 2020) précise que dans les entreprises de plus de 50 salariés, le recours au contrat d’opération ne peut excéder 10 % de l’effectif.

Licenciement à la fin du chantier : conditions et procédure

Une cause réelle et sérieuse mais une procédure obligatoire

La rupture du contrat à la fin du chantier repose sur une cause réelle et sérieuse (art. L. 1236-8 C. trav.). Elle est soumise à la procédure du licenciement pour motif personnel (art. L. 1232-2 à L. 1232-6 C. trav.). Concrètement, cela implique une convocation à entretien préalable, une notification écrite et le respect des délais.

Le licenciement est considéré comme intervenu dans des conditions normales lorsque le chantier s’est achevé et que le salarié a accompli toutes les tâches qui lui ont été attribuées.

En revanche, le licenciement est prématuré ou dépourvu de cause réelle et sérieuse dans deux cas : lorsque les tâches pour lesquelles le salarié a été embauché n’étaient pas achevées au moment du licenciement ; ou lorsque le chantier n’est pas terminé et que des travailleurs intérimaires ont été embauchés pour le finir.

Ce que peut revendiquer le salarié licencié

⚖ Dommages et intérêts, indemnités, préjudices annexes

En cas de licenciement prématuré

Le salarié licencié avant la fin du chantier peut revendiquer des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Depuis le barème Macron, le montant dépend de l’ancienneté et de la taille de l’entreprise. Utilisez notre simulateur barème Macron pour estimer votre indemnité.

Les indemnités spécifiques dans le BTP

Dans le secteur BTP (accord du 5 juillet 2019), le salarié bénéficie de contreparties spécifiques. D’abord, une majoration de salaire d’au moins 6 % du salaire minimum applicable — à faire figurer à part sur le bulletin de paie. Ensuite, une indemnité de licenciement calculée ainsi : 8 % de la rémunération brute versée pendant la 1re année. Puis 6 % pendant la 2e année. Enfin 4 % au-delà, jusqu’à l’expiration du préavis.

Les préjudices annexes

Le fait de ne pas avoir perçu certains avantages jusqu’à la fin normale du chantier constitue également un préjudice indemnisable. Il s’agit notamment des indemnités de grands déplacements et des indemnités de paniers. Ces sommes s’ajoutent aux dommages et intérêts principaux.

Contrat de chantier et barème Macron en 2026

Ce que les salariés ignorent souvent

Depuis l’ordonnance de 2017, le licenciement à la fin du chantier suit la procédure du motif personnel  et non économique. Par ailleurs, la priorité de réembauche prévue par la convention collective peut s’appliquer (art. L. 1236-9 C. trav.). Si votre convention le prévoit, l’employeur doit vous proposer en priorité les postes disponibles en CDI de droit commun.

Par ailleurs, depuis le timbre fiscal de 50 € obligatoire depuis le 1er mars 2026, toute saisine du Conseil de prud’hommes doit être accompagnée de ce timbre, à acheter sur timbres.impots.gouv.fr. Les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont exonérés.


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Me Michèle BAUER analyse votre dossier, évalue vos droits à indemnisation et vous représente devant le Conseil de prud’hommes de Bordeaux. Consultation dès 40 € TTC.

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avocate droit travail bordeaux contrat chantier licenciementMe Michèle BAUER

Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux depuis 2003

Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)

Me Michèle BAUER intervient en droit du travail, en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.

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