Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation depuis 2017, accompagne salariés et employeurs dans toutes les procédures de rupture du contrat de travail devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.

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Mis à jour le 25 mai 2026.

Ruptures du contrat de travail : intervention sur ICI Gironde

Je suis intervenue le mercredi 30 novembre 2016 sur ICI (ex-France Bleue Gironde) pour répondre aux questions des auditeurs sur les ruptures du contrat de travail. Vous pouvez réécouter une partie de cette intervention ci-dessous:

Qui peut rompre le contrat de travail ?

1. CDI : trois modes de rupture principaux

L’employeur et le salarié peuvent tous deux rompre un contrat à durée indéterminée. En pratique, trois situations se présentent :

  • La démission — à l’initiative du salarié, qui souhaite partir travailler ailleurs. Elle ne donne pas droit aux allocations chômage, sauf rares exceptions ;
  • Le licenciement — à l’initiative de l’employeur. Il peut être pour motif personnel (insuffisance professionnelle, faute grave, inaptitude médicale, absences répétées justifiant un remplacement définitif) ou pour motif économique (suppression de poste liée aux difficultés de l’entreprise) ;
  • La rupture conventionnelle — d’un commun accord entre l’employeur et le salarié, après entretien et homologation par la DREETS. Elle ouvre droit aux allocations chômage.

Par ailleurs, deux autres modes de rupture méritent attention : la prise d’acte et la résiliation judiciaire, décrites dans la dernière section de cet article.

Le CDD peut-il être rompu avant son terme ?

2. CDD : des cas de rupture strictement encadrés

Pour le contrat à durée déterminée, la loi encadre strictement les cas de rupture anticipée. En effet, l’article L. 1243-1 du Code du travail dispose que sauf accord des parties, le CDD ne peut être rompu avant l’échéance du terme que dans trois cas :

  • D’abord, la faute grave du salarié — qui rend impossible son maintien dans l’entreprise ;
  • Ensuite, la force majeure — événement imprévisible, irrésistible et extérieur à la volonté des parties ;
  • Enfin, l’inaptitude constatée par le médecin du travail.

En dehors de ces trois cas, la rupture anticipée est soit amiable (accord des deux parties), soit injustifiée — ce qui ouvre droit à des dommages et intérêts pour la partie lésée.

Attention : l’employeur qui rompt un CDD sans motif valable doit verser au salarié une indemnité égale aux salaires qu’il aurait perçus jusqu’au terme du contrat. Pour le salarié qui rompt sans motif valable, c’est l’inverse : il s’expose à des dommages et intérêts.

La rupture conventionnelle : avantages et pièges

3. Une rupture sécurisée — mais pas sans risques

La rupture conventionnelle a le vent en poupe : environ 42 000 ruptures par mois en France. Elle sécurise l’employeur car les délais pour la contester sont courts — un an après l’homologation. Les motifs de contestation sont également difficiles à prouver : il faut démontrer un vice du consentement (harcèlement moral, dol, violence morale) ou un contexte de litige préexistant.

Toutefois, le salarié doit rester vigilant. En particulier, s’il a souscrit une assurance en cas de perte d’emploi (prêt immobilier, crédit à la consommation), il doit vérifier auprès de son assureur si la rupture conventionnelle déclenche la garantie souscrite. Certains contrats l’excluent expressément.

Par ailleurs, la Cour de cassation a précisé qu’une rupture conventionnelle signée en présence d’un litige antérieur reste valable dès lors que le consentement était libre et éclairé (Cass. soc., 23 mai 2013).

Chaque situation est différente. Je vous conseille de consulter un avocat avant de signer, pour évaluer si la rupture conventionnelle est adaptée à votre situation et négocier l’indemnité optimale. Pour en savoir plus : FAQ sur la rupture conventionnelle · Mon intervention sur la rupture conventionnelle

Licenciement économique : ce qui a changé depuis 2016

4. La loi Travail du 8 août 2016 a précisé la définition

La loi Travail du 8 août 2016 a enrichi la définition légale du licenciement pour motif économique. Concrètement, elle a précisé les indicateurs permettant de caractériser des difficultés économiques :

  • D’abord, une baisse significative des commandes ou du chiffre d’affaires ;
  • Ensuite, des pertes d’exploitation ;
  • Par ailleurs, une dégradation de la trésorerie ou de l’excédent brut d’exploitation ;
  • Enfin, tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés.

Durée minimale de la baisse selon la taille de l’entreprise

Pour valider la baisse des commandes ou du chiffre d’affaires, la durée minimale varie selon l’effectif :

  • Moins de 11 salariés : 1 trimestre ;
  • 11 à 49 salariés : 2 trimestres consécutifs ;
  • 50 à 299 salariés : 3 trimestres consécutifs ;
  • 300 salariés et plus : 4 trimestres consécutifs.

La loi a également ajouté deux nouvelles causes de licenciement économique : la réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité, et la cessation d’activité. En outre, la matérialité de la suppression d’emploi s’apprécie désormais au niveau de l’entreprise — et non plus seulement de l’établissement.

Texte applicable : article L. 1233-3 du Code du travail (modifié par la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016, art. 67).

Partir sans démissionner : prise d’acte et résiliation judiciaire

5. Deux voies risquées, à ne jamais emprunter sans avocat

Quand l’employeur n’exécute pas ses obligations: non-paiement des salaires, modification abusive du contrat, harcèlement moral,  le salarié peut quitter l’entreprise sans démissionner. Deux voies existent.

La prise d’acte de la rupture

Le salarié adresse une lettre recommandée à son employeur, dans laquelle il lui reproche ses manquements et lui notifie qu’il quitte l’entreprise sans effectuer de préavis. Il saisit ensuite le Conseil de prud’hommes pour faire requalifier cette prise d’acte en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Toutefois, la prise d’acte est une arme à double tranchant. Si les fautes de l’employeur sont suffisamment graves, le juge la requalifie en licenciement injustifié, avec indemnités et droits au chômage. Si elles ne sont pas assez graves, le juge la requalifie en démission et le salarié perd tout : préavis, indemnité de licenciement, allocations chômage.

Ne rédigez jamais une prise d’acte sans consulter un avocat. Pour approfondir : Prise d’acte de la rupture du contrat de travail · Faut-il prendre acte ?

La résiliation judiciaire du contrat

Contrairement à la prise d’acte, la résiliation judiciaire ne nécessite pas de quitter l’entreprise. Le salarié reste en poste et saisit le Conseil de prud’hommes pour demander la résiliation du contrat aux torts de son employeur. Si le juge estime les griefs suffisamment graves, il prononce la résiliation — avec les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

C’est donc une voie plus sécurisée que la prise d’acte mais elle exige patience et preuves solides. En pratique, ces deux modes de rupture s’analysent au cas par cas.

Votre contrat de travail vient d’être rompu ? Vous souhaitez connaître vos droits avant d’agir ?

Me Michèle BAUER analyse votre lettre de licenciement ou votre situation et vous conseille sur le mode de rupture adapté — avant de signer quoi que ce soit.

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avocate droit du travail bordeaux rupture contratMe Michèle BAUER

Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux depuis 2003

Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)

Me Michèle BAUER plaide devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient aussi en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.

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