Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation depuis 2017, accompagne salariés et employeurs dans toutes les procédures de rupture du contrat de travail : rupture conventionnelle, licenciement, démission, prise d’acte.
📍 33 Cours Pasteur, Bordeaux · 📍 Gujan-Mestras (droit du travail uniquement, le samedi) · 📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69
Mis à jour le 20 mai 2025.
Rupture conventionnelle : définition, procédure et droits
En 2013, je suis intervenue sur ICI (ex-France Bleue Gironde) le 10 avril 2013 pour expliquer la rupture conventionnelle au grand public. Depuis, des millions de salariés et d’employeurs ont recouru à ce dispositif — souvent sans en mesurer tous les risques. Voici donc les points essentiels à connaître avant de signer.
Qu’est-ce que la rupture conventionnelle ?
| 1 |
Un mode de rupture fondé sur un accord mutuel |
La rupture conventionnelle est un mode spécifique de rupture du contrat de travail. En effet, elle repose sur un accord mutuel entre l’employeur et le salarié. Contrairement à la démission ou au licenciement, elle permet de mettre fin au contrat en toute légalité. Elle ouvre droit, en outre, aux allocations chômage, sous conditions.
Ce dispositif, créé par la loi du 25 juin 2008, est ainsi strictement encadré par le Code du travail (articles L. 1237-11 et suivants). Il doit ensuite être homologué par la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS, anciennement DIRECCTE).
Deux points essentiels à retenir :
— Le salarié ne peut pas exiger une rupture conventionnelle à la place d’une démission.
— L’employeur ne peut pas l’imposer en l’absence de motifs réels et sérieux de licenciement.
Il s’agit donc bien d’un accord volontaire des deux parties. Tout vice du consentement — pression, harcèlement, contexte conflictuel — peut donc entraîner sa nullité.
Les étapes de la procédure
De l’entretien à l’homologation : les 4 étapes
| 2 |
Une procédure encadrée pas à pas |
- ①Entretiens préalables — employeur et salarié se rencontrent pour discuter des conditions de la rupture. En pratique, le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou un conseiller du salarié inscrit sur une liste officielle. L’employeur peut, lui aussi, se faire assister.
- ②Signature de la convention — elle précise notamment l’indemnité de rupture (au minimum égale à l’indemnité légale de licenciement) et la date de fin du contrat.
- ③Délai de rétractation — chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour revenir sur sa décision. Ce délai court à compter du lendemain de la signature. Il est impératif et d’ordre public.
- ④Demande d’homologation — les parties transmettent ensuite la convention à la DREETS. L’administration dispose de 15 jours ouvrables pour valider ou refuser. Sans réponse dans ce délai, l’administration a réputé l’homologation acquise.
Droits et garanties des parties
| 3 |
Indemnité, chômage et salariés protégés |
- D’abord, l’indemnité de rupture : le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle. Elle ne peut jamais être inférieure à l’indemnité légale de licenciement — calculée sur la base du salaire moyen des 12 ou 3 derniers mois, selon la formule la plus favorable.
- Ensuite, les allocations chômage : après homologation, le salarié peut bénéficier des droits à l’assurance chômage — sous réserve de remplir les conditions d’attribution fixées par France Travail.
- Par ailleurs, les salariés protégés : les représentants du personnel, délégués syndicaux et médecins du travail ne peuvent pas conclure une rupture conventionnelle sans l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail. Cette protection relève de l’ordre public — l’employeur ne peut pas y déroger.
- Enfin, le recours prud’homal : tout litige lié à la rupture conventionnelle relève du Conseil de prud’hommes. Le délai pour agir est d’un an à compter de la date d’homologation.
Ce que la rupture conventionnelle ne dit pas
| ⚠ |
Un dispositif dévoyé — les pièges à éviter |
Le législateur a créé la rupture conventionnelle pour organiser des départs amiables dans un contexte de relation de travail apaisée. En pratique, ce n’est plus le cas. En effet, elle sert souvent à éteindre un litige entre un salarié et son employeur — ce qui change fondamentalement sa nature juridique.
Concrètement, voici les quatre pièges principaux :
Les 4 pièges à éviter avant de signer
| ⚠ |
Indemnité, droits au chômage, requalification |
- D’abord, une indemnité sous-évaluée — l’employeur propose souvent le minimum légal alors que le contexte (harcèlement moral, discrimination, manquements graves) justifierait une négociation bien supérieure ;
- Ensuite, une renonciation implicite à ses droits — signer une rupture conventionnelle dans un contexte conflictuel revient parfois à renoncer à une action en justice pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;
- Par ailleurs, le droit au chômage peut être réduit — depuis la réforme de l’assurance chômage, les conditions d’indemnisation ont évolué. Elles méritent vérification avant toute signature.
La requalification : un risque méconnu
| ! |
Consentement vicié : la rupture peut être annulée |
Enfin, la requalification reste possible. Si une pression ou un contexte de harcèlement a vicié le consentement, le Conseil de prud’hommes peut requalifier la rupture conventionnelle en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le délai pour agir est d’un an à compter de l’homologation.
Pour approfondir ces points, retrouvez mon article détaillé sur les dangers de la rupture conventionnelle publié sur Village de la Justice, ainsi que notre FAQ rupture conventionnelle.
Votre employeur vous propose une rupture conventionnelle ? Vous souhaitez en demander une ? Ne signez pas sans consulter.
Me Michèle BAUER analyse votre situation, évalue si la proposition est à votre avantage et négocie les conditions de votre départ — indemnité, date de fin de contrat, droits au chômage.
📍 33 Cours Pasteur, Bordeaux · 📍 Gujan-Mestras (droit du travail, le samedi) · Consultation : 40 € TTC 20 mn
📞 05 47 74 51 50 ou 06 50 30 34 69 · Formulaire de contact →
Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux depuis 2003
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient aussi en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
Prendre rendez-vous
Droit du travail
Saisir le CPH Bordeaux