Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation depuis 2017, accompagne les salariés licenciés pour faute grave devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.

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Mis à jour le 24 mai 2026.

Licenciement pour faute grave : FAQ et conseils pratiques

Ces derniers mois, de nombreux salariés, souvent avec une faible ancienneté, m’ont consultée après avoir été licenciés pour faute grave, parfois sur des prétextes douteux. L’objectif de ces licenciements ? Éviter le préavis et l’indemnité de licenciement, notamment grâce au barème Macron. Or ce barème, loin de dissuader les employeurs, décourage surtout les salariés d’agir en justice. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes et ce que vous pouvez faire concrètement.

Retrouvez ma vidéo explicative réalisée pour l’association AABC en fin d’article.

1. Mon employeur peut-il me licencier pour faute grave sans preuve ?

Oui, mais à ses risques et périls

Votre employeur peut vous licencier pour faute grave même si la faute est légère ou inexistante. En effet, il dispose d’un pouvoir de décision unilatéral et n’a besoin d’aucune autorisation préalable. Mais attention : si le licenciement est injustifié, le juge peut ensuite l’annuler ou le sanctionner. La sanction n’intervient donc qu’après  et uniquement si vous agissez en justice.

En pratique, la faute grave doit rendre impossible votre maintien dans l’entreprise pendant le préavis. Elle exige donc des faits précis, datés et établis. Sans cela, le licenciement reste contestable devant le Conseil de prud’hommes.

2. Quelles sont les conséquences financières d’une faute grave ?

Pas de préavis, pas d’indemnité de licenciement

Un licenciement pour faute grave entraîne trois conséquences immédiates :

  • D’abord, un licenciement immédiat, souvent précédé d’une exclusion temporaire sans salaire (mise à pied conservatoire) ;
  • Ensuite, aucun préavis à payer ;
  • Enfin, aucune indemnité de licenciement,  calculée normalement à 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 1/3 au-delà.
Exemple concret : avec 5 ans d’ancienneté, vous perdez au minimum 1,25 mois de salaire en indemnité de licenciement, plus la valeur de votre préavis. Estimez vos pertes avec notre simulateur barème Macron.

3. Ai-je droit au chômage après une faute grave ?

✓ Oui, c’est un droit, contrairement aux idées reçues

Un licenciement pour faute grave ne prive pas des allocations chômage. En effet, vous conservez vos droits à l’assurance chômage dès lors que vous remplissez les conditions d’ouverture des droits fixées par France Travail. Il en va de même pour la faute lourde : contrairement à une idée très répandue, même une faute lourde ne prive pas des allocations chômage (source : France Travail). La seule différence entre faute grave et faute lourde sur ce point : la faute lourde expose à des poursuites civiles en dommages et intérêts.

4. Peut-on me licencier pour faute grave si je n’atteins pas mes objectifs ?

✗ Non, c’est une insuffisance professionnelle, pas une faute

Une insuffisance professionnelle ou un manquement aux objectifs ne constitue pas une faute grave. En effet, la jurisprudence juge qu’un tel motif relève du licenciement pour motif valable, et non de la faute grave. En conséquence, si votre employeur qualifie une insuffisance de résultats en faute grave pour éviter de vous indemniser, ce licenciement est contestable.

C’est l’un des abus les plus fréquents que je constate en consultation : l’employeur déguise une insuffisance professionnelle en faute grave pour économiser le préavis et l’indemnité de licenciement.

5. Qui doit prouver la faute grave devant le Conseil de prud’hommes ?

⚖ C’est à l’employeur de prouver,  pas à vous

Vous n’avez pas à démontrer l’absence de faute. En effet, c’est l’employeur qui doit prouver que les faits reprochés rendaient impossible votre maintien dans l’entreprise. Cette obligation pèse entièrement sur lui.

En pratique, conservez tous vos échanges écrits ,mails professionnels, SMS, comptes rendus de réunion, messages Teams ou Slack. Ces éléments peuvent renverser la situation en votre faveur.

6. Le barème Macron s’applique-t-il à mon licenciement ?

En principe oui, mais des exceptions existent

Depuis les arrêts de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 11 mai 2022, le barème Macron s’impose aux juges prud’homaux.

Toutefois, le barème ne s’applique pas en cas de nullité du licenciement. Dans ces hypothèses, l’indemnisation n’est pas plafonnée, il existe un plancher d’au moins 6 mois de salaire brut, quelle que soit l’ancienneté. Voici les principaux cas de nullité :

  • D’abord, le harcèlement moral avéré ou dénoncé de bonne foi ;
  • Ensuite, la discrimination:  âge, état de santé, sexe, origine, conviction religieuse… ;
  • Par ailleurs, l’atteinte à une liberté fondamentale,  liberté d’expression, droit de témoigner, droit de saisir la justice ;
  • Enfin, le licenciement pendant un arrêt pour maladie professionnelle ou accident du travail, ou pendant la maternité.
En 2026, la Cour de cassation a également précisé le calcul du salaire de référence servant au barème : moyenne des 12 derniers mois ou 1/3 des 3 derniers mois, selon la formule la plus favorable au salarié. Retrouvez notre argumentaire complet contre le barème Macron.

7. Peut-on me licencier pour faute grave pendant un arrêt maladie ?

Oui pour une faute grave, mais pas pour la maladie elle-même

Concrètement, un arrêt maladie ordinaire ne protège pas contre un licenciement pour faute grave. En revanche, l’employeur ne peut pas vous licencier à cause de votre maladie ou de votre absence, ce serait discriminatoire.

En outre, si votre arrêt fait suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle, la protection est renforcée : le licenciement est nul pendant la période de suspension du contrat, sauf faute grave, mais cette exception est interprétée strictement par les juges. En cas de doute, consultez rapidement un avocat.

8. Puis-je me faire assister à l’entretien préalable ?

✓ Oui, et c’est vivement conseillé

Vous pouvez vous faire assister à l’entretien préalable par un représentant du personnel ou, en l’absence d’institutions représentatives, par un conseiller du salarié inscrit sur une liste officielle. En outre, la convocation doit obligatoirement mentionner cette faculté.

Concrètement, voici ce qu’il ne faut pas faire à l’entretien préalable :

  • D’abord, ne pas signer quoi que ce soit , ni compte rendu, ni transaction ;
  • Ensuite, ne pas reconnaître les faits si vous les contestez, cette reconnaissance peut vous nuire ensuite ;
  • Par ailleurs, prendre des notes pendant l’entretien, elles serviront de preuve ;

9. Quel est le délai pour contester un licenciement ?

⏱ 12 mois à compter de la notification — agissez vite

Vous disposez de 12 mois à compter de la notification de votre licenciement pour saisir le Conseil de prud’hommes. Ce délai est impératif; en effet, passé cette limite, votre action est irrecevable.

En pratique, plus vous attendez, plus les preuves disparaissent, mails supprimés, témoins qui oublient, accès bloqués. Consultez un avocat dès réception de votre lettre de licenciement, même si vous n’êtes pas certain de vouloir agir. Une consultation de 20 minutes peut changer votre décision.

10. Faute simple, grave ou lourde : quelle différence ?

≡ Trois niveaux, trois conséquences très différentes

  • La faute simple , cause réelle et sérieuse : vous touchez le préavis et l’indemnité de licenciement ;
  • Ensuite, la faute grave, elle rend impossible le maintien dans l’entreprise pendant le préavis : ni préavis, ni indemnité de licenciement. Vous conservez toutefois le droit au chômage ;
  • Enfin, la faute lourde, intention de nuire à l’employeur : ni préavis, ni indemnité de licenciement. En revanche, vous conservez également vos allocations chômage (source : France Travail). La faute lourde expose uniquement à des poursuites civiles pour dommages et intérêts.
En pratique, les employeurs qualifient souvent des fautes simples en fautes graves pour éviter d’indemniser. Le juge requalifie fréquemment la faute grave en cause réelle et sérieuse ,ce qui ouvre droit au préavis, à l’indemnité de licenciement.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire après un licenciement pour faute grave

⚠ Les erreurs les plus fréquentes que je vois en consultation

  • Attendre, chaque semaine écoulée fragilise votre dossier ;
  • Signer une transaction sans lire, une transaction signée éteint définitivement vos droits ;
  • Supprimer vos mails professionnels, conservez-les même s’ils semblent anodins ;
  • Accepter une rupture conventionnelle sans négocier, si l’employeur propose une rupture conventionnelle après une mise à pied, négociez fermement l’indemnité ;
  • Croire que le barème Macron interdit d’agir, avec 2 ans d’ancienneté, vous pouvez obtenir entre 1 et 3,5 mois de salaire devant les prud’hommes, plus le préavis et l’indemnité de licenciement si la faute grave est requalifiée ;
  • Ne pas signaler un harcèlement moral, si votre licenciement fait suite à un harcèlement ou à une dénonciation de faits illicites, votre licenciement est peut-être nul. Le plancher passe alors à 6 mois de salaire brut minimum.

Vidéo explicative : comprendre le licenciement pour faute grave


Vous venez d’être licencié pour faute grave ? Ne subissez pas sans vérifier.

Me Michèle BAUER analyse votre lettre de licenciement, identifie les éventuelles nullités et vous conseille sur l’opportunité d’agir. Délai de consultation : 20 minutes. Consultation dès 40 € TTC.

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avocate droit du travail bordeaux licenciement faute graveMe Michèle BAUER

Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux depuis 2003

Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)

Me Michèle BAUER plaide devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient aussi en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.

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