Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017, défend les victimes de harcèlement sexuel au travail devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris et devant la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux.
Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023), son cabinet accompagne les victimes à chaque étape : constitution du dossier de preuves, saisine des prud’hommes et défense des droits à l’audience.
Elle intervient pour les salariés de Bordeaux, Mérignac, Talence, Pessac, Gradignan, Bègles, Cenon, Lormont et du Bassin d’Arcachon.
>> L’aide juridictionnelle est acceptée sous conditions de ressources et selon les dossiers.
Le harcèlement sexuel au travail ne relève ni de l’exagération ni d’un phénomène marginal. Les données publiques démontrent son ampleur. En 2013, le Défenseur des droits indiquait qu’environ une femme sur trois déclarait avoir déjà subi du harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle. Par ailleurs, une majorité de victimes n’engage aucune démarche formelle.
Plus récemment, une enquête IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès en 2023 révèle que près de 30 % des femmes ont été confrontées à des propos ou comportements sexuels déplacés dans le cadre professionnel. La DARES confirme en outre que les jeunes salariées, les intérimaires et les apprenties restent particulièrement exposées, notamment dans les secteurs hiérarchisés comme la restauration ou le commerce. Ces données expliquent l’augmentation des contentieux devant les chambres sociales des Cours d’appel entre 2024 et 2026.
Harcèlement sexuel au travail : analyse de la jurisprudence récente des Cours d’appel
Le cadre juridique : définition et charge de la preuve
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Articles L. 1153-1 et L. 1154-1 du Code du travail |
L’article L. 1153-1 du Code du travail définit le harcèlement sexuel comme des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés qui portent atteinte à la dignité ou créent un environnement hostile. Le texte vise également toute pression grave, même unique, exercée pour obtenir un acte de nature sexuelle.
L’article L. 1154-1 aménage la charge de la preuve de façon favorable au salarié. Concrètement, la victime doit présenter des éléments laissant supposer l’existence du harcèlement. Ensuite, c’est à l’employeur de démontrer que ses décisions reposent sur des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement. Ce mécanisme probatoire structure l’ensemble des décisions récentes des Cours d’appel.
En pratique, les juges valorisent les preuves numériques (SMS, mails, relevés d’appels, photos), examinent le contexte hiérarchique, sanctionnent l’inaction de l’employeur et prononcent fréquemment la nullité du licenciement lorsque le harcèlement conduit à la rupture du contrat.
La Cour d’appel de Bordeaux : hiérarchie et pression caractérisée
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Deux arrêts récents illustrant l’abus d’autorité |
La jurisprudence de la Cour d’appel de Bordeaux illustre parfaitement l’articulation entre abus d’autorité et harcèlement sexuel.
27 novembre 2025 — Attouchements en restauration, absence d’enquête interne
La Cour examine la situation d’une commis de cuisine victime d’attouchements et de menaces de son supérieur. Elle produit des SMS explicites ainsi qu’un certificat médical attestant d’une anxiété généralisée. Or, l’employeur n’avait mené aucune enquête sérieuse. En conséquence, les juges prononcent la nullité du licenciement et accordent diverses indemnités, dont 10 647 euros au titre du licenciement nul.
30 septembre 2025 — 241 appels et 549 SMS en trois mois
La Cour confirme le licenciement pour faute grave d’un directeur comptable ayant exercé une pression massive sur une subordonnée. Les relevés téléphoniques révèlent 241 appels et 549 SMS en trois mois. Les juges qualifient ces agissements de pression grave et répétée destinée à obtenir une relation sexuelle.
Ces deux décisions montrent que l’abus de position hiérarchique renforce la gravité des faits et alourdit les conséquences juridiques pour l’employeur comme pour l’auteur des agissements.
La Cour d’appel de Nancy : salariée intérimaire et SMS répétés
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Deux arrêts sanctionnant l’inaction de l’employeur |
15 janvier 2026 — Salariée intérimaire, inaction de la direction
La Cour reconnaît un harcèlement sexuel commis par un collègue sur une salariée intérimaire. L’auteur formulait des remarques sur sa poitrine, lui faisait des confidences sexuelles, jetait des regards insistants et la suivait aux toilettes. La salariée avait alerté la direction sans obtenir aucune réaction. En conséquence, la Cour condamne l’employeur à 10 000 euros.
5 décembre 2024 — SMS à connotation sexuelle répétés
Dans un second arrêt, la même juridiction confirme le licenciement pour faute grave d’un salarié auteur de SMS à connotation sexuelle répétés. La Cour souligne que ces propos portent atteinte à la dignité de la victime et créent un environnement offensant.
Ces deux arrêts rappellent que les apprenties et salariées intérimaires bénéficient des mêmes protections que les salariées en CDI. Par ailleurs, l’inaction de l’employeur face à un signalement engage directement sa propre responsabilité.
La Cour d’appel de Toulouse : dirigeant, cariste et apprentie
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Trois arrêts couvrant des profils d’auteurs et de victimes très variés |
3 avril 2025 — Cariste, attestations concordantes
La Cour confirme le licenciement pour faute grave d’un cariste qui multipliait sollicitations, regards insistants et pressions sur plusieurs salariées. Les attestations concordantes et les messages produits suffisent à caractériser le harcèlement.
24 janvier 2025 — Dirigeant, messages et images explicites
La Cour retient un harcèlement sexuel commis par un dirigeant via messages et images explicites. L’employeur avait ensuite proposé une rupture conventionnelle et retiré les accès professionnels de la salariée. La juridiction prononce dès lors la nullité du licenciement prononcé pour inaptitude liée à ce harcèlement sexuel.
6 février 2025 — Apprentie en situation de vulnérabilité
La Cour reconnaît enfin le harcèlement sexuel sur une apprentie après examen d’attestations décrivant des attitudes pressantes et ambiguës. Elle considère que « le comportement du gérant, visant à susciter ou laisser supposer une relation intime avec une jeune salariée en situation de vulnérabilité, caractérise des faits assimilables à un harcèlement sexuel. »
La situation de vulnérabilité d’une apprentie constitue une circonstance aggravante dans l’appréciation des faits. De même, le retrait des accès professionnels après un signalement est retenu comme un élément aggravant la responsabilité de l’employeur.
Les Cours d’appel de Versailles et de Douai : obligation de sécurité et preuves matérielles
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Inaptitude médicale, agissements sexistes et photographies explicites |
La Cour établit un lien direct entre harcèlement sexuel et inaptitude médicale. Les agissements d’un collègue avaient provoqué un état anxio-dépressif. En conséquence, les juges annulent le licenciement.
CA Versailles, 7 janvier 2026 — Agissements sexistes et manquement à l’obligation de sécurité
Dans un second arrêt, la Cour constate des agissements sexistes répétés et retient un manquement à l’obligation de sécurité. Elle alloue une indemnité significative au titre du licenciement nul.
CA Douai, 28 novembre 2025 — SMS et photographie explicite depuis téléphone professionnel
Une assistante d’exploitation rapporte des faits de harcèlement imputés à son supérieur hiérarchique à partir de mars 2021 : SMS à connotation sexuelle et envoi d’une photographie explicite depuis le téléphone professionnel du directeur. La Cour retient que ces éléments suffisent à établir le harcèlement sexuel. La société est condamnée à verser 8 000 euros pour harcèlement sexuel et 13 000 euros pour licenciement nul.
Plus généralement, les arrêts rendus par la Cour d’appel de Douai en 2025 confirment l’importance des éléments matériels. SMS, photographies explicites, plaintes pénales, attestations et certificats médicaux permettent aux juges de retenir le harcèlement sexuel. Les montants alloués varient entre 3 000 et 8 000 euros pour le seul préjudice lié au harcèlement, auxquels s’ajoutent parfois des indemnités pour nullité du licenciement.
Conservez toutes vos preuves dès les premiers agissements : SMS, emails, captures d’écran, relevés d’appels. Ces éléments sont déterminants devant les juges.
Convergence jurisprudentielle : Paris, Reims, Montpellier, Rennes et Grenoble
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Une même logique protectrice dans toute la France |
La Cour d’appel de Paris, la Cour d’appel de Reims, la Cour d’appel de Montpellier, la Cour d’appel de Rennes et la Cour d’appel de Grenoble adoptent une logique similaire.
Toutes reconnaissent le harcèlement sexuel sur la base de messages électroniques, de photomontages dégradants, d’attestations concordantes ou de certificats médicaux établissant des troubles anxieux. En outre, elles sanctionnent les employeurs qui tardent à réagir ou qui retournent la procédure contre la victime.
De cette jurisprudence convergente, quatre leçons se dégagent. Premièrement, les preuves numériques sont décisives. Deuxièmement, le lien hiérarchique aggrave systématiquement la qualification. Troisièmement, l’inaction de l’employeur engage sa propre responsabilité — même s’il n’est pas l’auteur des agissements. Quatrièmement, la nullité du licenciement reste la sanction la plus fréquente lorsque la rupture du contrat découle directement du harcèlement.
| Cour d’appel |
Date |
Faits |
Solution |
Indemnisation |
| Bordeaux |
27 nov. 2025 |
Attouchements en restauration
SMS explicites, attouchements répétés, absence d’enquête interne. |
Nullité du licenciement |
10 647 € + autres indemnités |
| Bordeaux |
30 sept. 2025 |
Abus hiérarchique — 241 appels et 549 SMS
Pression grave et répétée pour obtenir une relation sexuelle. |
Faute grave confirmée |
Licenciement validé |
| Nancy |
15 janv. 2026 |
Propos sexuels et suivis aux toilettes
Salariée intérimaire, absence de réaction de l’employeur. |
Harcèlement sexuel reconnu |
10 000 € |
| Douai |
28 nov. 2025 |
SMS et photographie explicite
Téléphone professionnel du directeur, agression alléguée. |
Nullité du licenciement |
8 000 € + 13 000 € |
| Versailles |
22 janv. 2026 |
Harcèlement et inaptitude médicale
État anxio-dépressif provoqué par un collègue. |
Nullité du licenciement |
Indemnité significative |
| Toulouse |
6 févr. 2025 |
Apprentie en situation de vulnérabilité
Comportement visant à susciter une relation intime. |
Harcèlement sexuel reconnu |
Indemnités accordées |
FAQ — Harcèlement sexuel au travail à Bordeaux
| ? |
Comment prouver un harcèlement sexuel au travail ? |
La loi prévoit un régime de preuve partagée. La victime présente des éléments laissant supposer l’existence du harcèlement : SMS, emails, relevés d’appels, attestations, certificats médicaux. Dès lors que ces éléments sont produits, c’est à l’employeur de prouver que ses décisions reposent sur des motifs objectifs étrangers à tout harcèlement.
| ? |
L’employeur est-il responsable du harcèlement sexuel commis par un collègue ? |
Oui. L’employeur a une obligation de sécurité. Il doit prévenir les risques, réagir immédiatement à tout signalement et mener une enquête interne. S’il n’agit pas, sa responsabilité est engagée — même s’il n’est pas personnellement l’auteur des agissements. Les Cours d’appel le sanctionnent régulièrement pour inaction.
| ? |
Que se passe-t-il si le harcèlement entraîne un licenciement pour inaptitude ? |
Si l’inaptitude résulte du harcèlement sexuel, le licenciement peut être annulé. La nullité ouvre droit à une indemnisation minimale de 6 mois de salaire brut, sans application du barème Macron. Cette solution est fréquemment retenue par les Cours d’appel de Bordeaux, Versailles et Toulouse.
| ? |
Les apprenties et intérimaires sont-elles protégées contre le harcèlement sexuel ? |
Oui, pleinement. La loi ne distingue pas selon le type de contrat. Par ailleurs, leur situation de vulnérabilité constitue une circonstance aggravante dans l’appréciation des faits, comme l’illustre l’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse du 6 février 2025.
Lire aussi : Le harcèlement sexuel au travail.
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Me Michèle BAUER analyse votre dossier, identifie les preuves à rassembler et vous représente devant le Conseil de prud’hommes de Bordeaux et la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux. Elle intervient pour les dossiers issus des Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris.
📍 Cabinet principal : 33 Cours Pasteur, Bordeaux — à proximité immédiate du Conseil de prud’hommes
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Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide régulièrement devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris et devant la Chambre sociale de la Cour d’appel de Bordeaux. Elle intervient également en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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