Me Michèle BAUER, avocate spécialiste en droit du travail à Bordeaux, titulaire du certificat de spécialisation depuis 2017, accompagne salariés et employeurs devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Membre du Syndicat des Avocats de France, elle continue de développer l’argumentaire contre le barème Macron dans chaque dossier.
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Publié en octobre 2021. Mis à jour le 10 mai 2026.
Barème Macron 2021 : Paris, Grenoble et les Sables d’Olonne résistent
En 2021, la Cour de cassation devait rendre un arrêt sur le barème Macron. En attendant, les juridictions du fond résistaient. La plupart écartaient le barème. Elles appréciaient in concreto le préjudice subi par les salariés. Trois décisions illustrent cette résistance.
Pourquoi les juges résistaient en 2021
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OIT, Charte sociale européenne : les fondements de la résistance |
Le barème Macron plafonne les indemnités de licenciement sans cause réelle et sérieuse. En pratique, il fixe un montant minimal et maximal. Ces montants dépendent de l’ancienneté du salarié et de la taille de l’entreprise. En conséquence, un salarié avec deux ans d’ancienneté ne peut espérer qu’un maximum de 3,5 mois de salaire brut.
Or, pour écarter ce barème, les juges du fond invoquaient deux textes internationaux :
- D’abord, l’article 10 de la Convention n° 158 de l’OIT — qui garantit à tout salarié licencié sans motif valable une indemnité adéquate ou une réparation appropriée ;
- Ensuite, l’article 24 de la Charte sociale européenne — qui prévoit le même droit à une réparation adéquate.
En mars 2022, le Comité européen des droits sociaux (CEDS) a confirmé que le barème Macron n’est pas conforme à la Charte sociale européenne. Toutefois, la Cour de cassation a refusé d’en tirer les conséquences. Elle estime que la Charte sociale européenne ne produit pas d’effet direct dans les litiges entre particuliers.
Les trois décisions rendues en 2021
Le CPH de Paris en départage — juillet 2021
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Jugement du CPH Paris en départage — 9 juillet 2021 |
Le Conseil de prud’hommes de Paris, en formation de départage, écarte le barème Macron. Il apprécie le préjudice in concreto — au cas par cas, selon la situation personnelle du salarié licencié.
Cette décision est notable : en effet, Paris est l’une des plus grandes juridictions prud’homales de France. Ainsi, le signal envoyé à l’ensemble du contentieux est fort.
→ Télécharger le jugement CPH Paris en départage du 9 juillet 2021 (PDF)
La Cour d’appel de Grenoble — septembre 2021
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Arrêt de la CA de Grenoble — 30 septembre 2021 |
La Cour d’appel de Grenoble écarte à son tour le barème Macron dans un arrêt du 30 septembre 2021. Cette cour d’appel était parmi les plus actives dans la résistance. Elle a rendu plusieurs arrêts dans le même sens en 2023 et 2024. La Cour de cassation l’a finalement censurée en avril 2025.
→ Télécharger l’arrêt CA Grenoble du 30 septembre 2021 (PDF)
Le CPH des Sables d’Olonne — juin 2021
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Jugement CPH Sables d’Olonne — 28 juin 2021 |
Ce jugement du Conseil de prud’hommes des Sables d’Olonne du 28 juin 2021 est particulièrement intéressant. En effet, il écarte le barème Macron pour inconventionnalité. Autrement dit, il juge le barème incompatible avec les conventions internationales ratifiées par la France — Convention n° 158 de l’OIT et Charte sociale européenne.
Concrètement, le CPH juge que le barème ne permet pas une réparation adéquate. Par conséquent, les plafonds de l’article L. 1235-3 du Code du travail doivent être écartés.
→ Télécharger le jugement CPH Sables d’Olonne du 28 juin 2021 (PDF)
Ce que ces décisions signifient pour les salariés
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La résistance militante : un droit, pas une posture |
Ces trois décisions rappellent un principe essentiel. Un barème qui sécurise l’employeur sans réparer le préjudice du salarié n’est pas une réparation adéquate. C’est précisément ce que le CEDS a confirmé en 2022. Et c’est aussi ce que le CPH du Havre avait formulé dès 2019 : le simulateur permet à l’employeur de calculer sa condamnation à l’avance, comme on budgète un risque industriel.
Les voies disponibles malgré le verrouillage de 2022
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Nullité, discrimination, harcèlement : échapper au barème |
En outre, même si la Cour de cassation a verrouillé le barème en 2022 et 2025, des voies demeurent. En pratique, cela passe par :
- D’abord, la qualification de licenciement nul — discrimination, harcèlement moral, violation d’une liberté fondamentale ;
- Ensuite, la nullité d’une convention de forfait — avec demande de rappels d’heures supplémentaires ;
- Enfin, la multiplication des chefs de demande — manquement à l’obligation de sécurité, violation de l’obligation de formation, etc.
Retrouvez aussi notre simulateur pour estimer vos droits : simulateur barème Macron.
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Le cabinet analyse chaque dossier pour identifier les voies de nullité disponibles et construire la stratégie la plus efficace devant le Conseil de prud’hommes.
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Me Michèle BAUER
Avocate spécialiste en droit du travail · Barreau de Bordeaux
Titulaire du certificat de spécialisation en droit du travail depuis 2017 · Ancienne présidente de l’Institut du Droit Social du Barreau de Bordeaux (2014-2016 et 2021-2023)
Me Michèle BAUER plaide devant les Conseils de prud’hommes de Bordeaux, Libourne, Agen, Bergerac, Périgueux, La Rochelle et Paris. Elle intervient aussi en droit de la famille et en droit pénal. Cabinet : 33 Cours Pasteur, Bordeaux.
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